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LIV. ni, CIIAP. vil

lées dans leurs traités, Il permettra donc également aux sujets des deux partis, autant que le bien public pourra le souffrir, de venir dans son territoire pour leurs affaires, d’y acheter des vivres, des chevaux, et généralement toutes les choses dont ils auront besoin, à moins que, par un traité de neutralité, il n’ait promis de refuser à l’un et à l’autre les choses qui servent à la guerre. Dans toutes les guerres qui agitent l’Kurope, les Suisses maintiennent leur territoire dans la neutralité; ils permettent à tout le monde indistinctement d’y venir acheter des vivres, si le pays en a de reste, des chevaux, des munitions, des armes.

I 1 19. — Ou passage des troupes en pays neutres.

Le passage innocent est dû à toutes les Nations avec lesquelles on vit en paix (liv. II, | 123), et ce devoir s’étend aux troupes comme aux particuliers. Mais c’est au maître du territoire de juger si le passage *est innocent [U)id., ^ 128), et il est très-diflicile que celui d’une armée le soit entièrement. Les terres de la république de Venise, celles du pape, dans les dernières guerres d’Italie, ont souffert de très-grands dommages par le passage des armées, et sont devenues souvent le théâtre de la guerre.

§ 120. — On doit demander le passage.

I.e passage des troupes, et surtout d’une armée entière, n’étant donc point une chose indifférente, celui qui veut passer dans un [lays neutre avec des troupes, doit en demander la penuission au souverain. Entrer dans son territoire sans son aveu, c’est violer ses droits de souveraineté et de haut domaine, en vertu desquels nul ne peut disposer de ce territoire, pour quelque usage que ce soit, sans sa permission expresse ou tacite. Or, on ne peut présumer une permission tacite pour l’cutrée d’un corps de troupes, entrée qui peut avoir des suites si sérieuses.

J 121. — 11 peut être refusé pour de bonnes raisons.

Si le souverain neutre a de bonnes raisons de refuser le passage, il n’est point obligé de l’accorder, puisqu’en ce cas le passage n’est plus innocent (liv. II, § 127).

g 122. — En quel cas on peut le forcer.

Dans tous cas douteux, il faut s’en rapporter au juge*ment du maître sur l’innocence de l’usage qu’on demande à faire des choses appartenantes à autrui (liv. H, g 128 et 130), et souffrir son refus, bien qu’on le croie injuste. Si l’injustice du refus était manifeste, si l’usage, et, dans le cas dont nous parlons, le passage était indubitablement innocent, une Nation pourrait se faire justice à elle-même, et prendre de force ce qu’on lui refuserait injustement. Mais, nous l’avons déjà dit, il est très- difficile que le passage d’une armée soit entièrement innocent, et qu’il le soit bien évidemment. Les maux qu’il peut causer, les dangers qu’il peut attirer sont si variés, ils tiennent à tant de choses, ils sont si compliqués, qu’il est presque toujours impossible de tout prévoir, de pourvoir à tout. D’ailleurs, l’intérêt propre influe si vivement dans les jugements des hommes! Si celui qui demande le passage peut juger de .son innocence, il n’admettra aucune des raisons qu’on lui opposera, et vous ouvrez la porte à des querelles, à des hostilités continuelles. La tranquillité et la sûreté commune des Nations exigent donc que chacune soit maîtresse de son territoire, et libre d’en refuser l’entrée à toute armée étrangère, quand elle n’a point dérogé là-dessus à sa liberté naturelle par des traités. Exceptons-en seulement ces cas très-rares, où l’on peut faire voir, de la manière la plus évidente, que le passage demandé est absolument sans inconvénient et sans danger. Si le passage est forcé en pareille occasion, on blâmera moins celui qui le force que la Nation qui s’est attiré mal à propos cette violence. Un autre cas s’excepte de lui-inêiue et sans difficulté, c’est

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