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LIV. II, CHAP. V

d’une juste défense, qui appartient h toute Nation, ou le droit d’opposer la force à quiconque l’attaque, elle et ses droits. C’est le fondement de la guerre défensive.

8 68. — 2° Celui de se faire rendre justice.

2“ Le droit de se faire rendre justice par la force, si on ne peut l’obtenir autrement, ou de poursuivre son droit à main armée. C’est le fondement de la guerre offensive.

§ 69. — Droit de punir une injustice.

L’injustice faite sciemment, est satis doute une espère de léxion. Ou est donc en droit de la punir, comme nous l’avons fait voir ci-ilesstis en parlant de la lésion en général (§ 52). Le droit de ne pas souffrir l’injustice est une branche du droit de sûreté (a).

^ 70. — Droit de toutes les nations contre celle qui méprise ouvertement la justice.

Appliquons encore aux injustices, ce que nous avons dit ci-dessiis(g 53) d’une Nation malfaisante. S’il en était une qui nt ouvertement profession de fouler aux pieds la justice, méprisant et violant les droits d’autrui, toutes les fois

(a) JVote de l'éditeur de 1775. Nous ne pouvons pas punir l'injustice commise, parce qu'on ne peut pas faire que ce qui est fait ne soit pas fait Mais nous pouvons punir, c'est‘à-dire tâcher de corriger, de fléchir vers le bien, par des moyens efficaces, la mauvaise volonté de l'agent injuste qui nous est assujetti. Nous avons droit de ne pas souffrir l’injustice qu’on voudrait nous faire; c’est le fondement de la guerre défensive : si l’on nous eu a fait une, il faut bien que nous souffrions que ce qui est fait soit fait; mais nous avons le droit d’en exiger par force la réparation ; c’est le fondement de la guerre offensive. Outre la réparation, nous avons encore le droit, non de nous venger, c’est-à-dire de faire du mal à l’ennemi pour notre plaisir, niais de pourvoir à notre sûreté, en lui ôtant les moyens de nuire à l’avenir ; cela peut aller jusqu’à nous rendre maîtres de lui, et alors seulement commence le droit ou le devoir de le punir tant qu’il le faudra. Voyez les remarques précédentes de l’édileiir sur ce sujet. I).

qu’elle en Irouverait l’oceasion, l’intérêt de la société humaine autoriserait toutes les autres à s’unir pour la réprimer et la chétier. Nous n’oublions point ici la maxime établie dans nos Préliminaires, qu’il n’appartient pas aux Nations de s’ériger en juges les unes des autres. Dans les cas particuliers et susceptibles du moindre doute, on doit supposer que chacune des parties peut avoir quelque droit; l’injustice de celle qui a tort peut venir de son erreur, et non d'un mépris général pour la justice. Mais si par des maximes constantes, par une conduite soutenue, une Nation SC montre évidemment dans cette disposition pernicieuse, si aucun droit n’est sacré pour elle, le salut du genre humain exige qu’elle soit réprimée (a). Former et soutenir une prétention injuste, c’est faire tort seulement à celui que cette prétention intéresse; se moquer en général de la justice, c’est blesser toutes les Nations '.

(a) yote de l'éditeur de 1775. C’est peu de réprimer, il faudrait tuer un tel peuple. Mais entendons-nous. Tuer un homme, c'est le perdre sans le corriger, ni réparer le mal qu’il a fait. Mais on peut tuer un peuple après l’avoir vaincu, sans en tuer un seul individu : c'est qu’on ne tue qu’une personne morale, un nom collectif, en faisant cesser ces gens d'étre un peuple, en leur lilant leur autonomie, en les assujettissant, en réduisant, s’il le faut, à l'esclavage ceux d’entre eux qui se montrent indociles Tels sont les peuples pirates de la Barbarie. Il y a trop longtemps que l’Europe souffre leur existence comme corps politique. D.

* Pinheiro-Ferreira a déjà fait observer dans la note sur le g 5'2, que c’est offenser l’espèce humaine, que de supposer possible toute une nation de flibustiers.

« Certes, ajoute-t-il, on connaît des peuples vivant presque exclusive- » ment de la guerre et du pillage; mais, d’abord, tout le monde recon- » nait que c’est un état anormal et que, loin de considérer cet esprit » belliqueux comme le principe de leur gouvernement, il ne prouve » que l'absence de tout gouvernement. Loin de prouver que le seul » moyen de mettre un terme à ce désordre soit l'extinction d’un pareil » peuple, CCS exemples prouvent que c'est en le ramenant sous le régime » des luis et en le soumettant à un gouvernement juste et ferme, que » l’on peut parvenir à lui rendre la dignité d'homme dont il était déchu :

« non pas en le rendant à l'esclavage, car cela n’est jamais nécessaire.

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