LIV. II, CHAP. Xll
égal, à moins qu’il ii’y ait quelque raison particulière de s’écarter .de l’égalité: telle serait, par exemple, larecoDA- • naissance d’un bienfait précédent, l’espérance de s’altachc^Y inviolablement une Nation, quelque motif particulier, qui V ferait singulièrement désirer à un des contractants de conclure le traité, etc. Et même, à le bien prendre, la considération de cette raison particulière remet dans le traité > l’égalité, qui semble en être ôtée par la différence des choses promises.
Je vois rire de prétendus grands politiques, qui mettent toute leur subtilité à circonvenir ceux avec qui ils traitent, à ménager de telle sorte les conditions du traité que tout l’avantage en revienne c'i leur maître. Loin de rougir d’une conduite si contraire à l’équité, à la droiture, à l’honnêteté naturelle, ils s’eu font gloire, et prétendent mériter le nom de grands négociateurs. Jusques à quand les hommes publics se gloriüeront-ils de ce qui déshonorerait un particulier? L’homme privé, s’il est sans conscience, rit aussi des règles de la morale et du droit; mais il en rit sous cape : il lui serait dangereux et préjudiciable de paraître s’en moquer. Les puissants abandonnent plus ouvertement l’hoiinéte pour l’utile. Mais il arrive souvent, pour le bonheur du genre humain, que cette prétendue utilité leur devient funeste ; et même entre souverains, la candeur et la droiture se trouvent être la politique la plus sûre. Toutes les subtilités, toutes les tergiversations d’un fameux ministre, à l’occasion d’un traité fort intéressant pour l’Esgagne, tournèrent enfin à sa confusion et au dommage de son maître ; tandis que la bonne foi, la générosité de 1’, Angleterre envers ses alliés, lui a procuré un crédit immense, et l’a élevée au plus haut état d’inlluence et de considération
' La politique et la diplomatie modernes ont profité de l’enseignement de Vattel. Au xvi* siècle Machiavel pouvait écrire : o II faut qu’un prince sache agir à propos en bête et en homme. Il tachera d’être tout à la fois