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II

§ 174. — Différence des traités égaux et des alliances égales.

Lorsqu’on parle de traités égaux, on a ordinairement daus l’esprit une double idée d’égalité dans les engage-

renard et lion ; car s'il n'est que lion, il n'apercevra pas les pièges ; s’il n'est que renard, il ne se défendra point contre les coups. Ceux qui s’en

tiennent tout simplement à être lions, sont très-malhabiles Un prince

bien avisé ne doit point accomplir sa promesse, lorsque cet accomplissement lui serait nuisible, et que les raisons qui l'ont déterminé à promettre n’existent plus Au surplus, dans les actions des hommes, et sur-

tout des princes, qui ne peuvent être scrutées devant un tribunal, ce que l’on considère, c'est le résultat. Le vulgaire est toujours séduit par l'apparence, et le vulgaire ne fait-il pas le monde ? » [OEuvres politiques de Machiavel, Le Prince, Traduction Fériés, édit. Charpentier, p. 74. 75 et 77). De nos jours la politique machiavélique serait écrasée sous le mépris de l'opinion, dont les pouvoirs publics sont les justiciables, ün reconnaît maintenant que la justice et la bonne foi doivent être la base de la diplomatie, et que l'adresse n'est permise que pour écarter les occasions de rupture entre les nations. M. Eschbach résume ainsi l’histoire de la diplomatie. « Ce n’est que dans l'Europe moderne que l'art des négociations s'cst détaché comme une branche distincte de la science politique. Au moyen âge, la diplomatie, confiée aux hommes d’épée et d’église, était corruptrice et menteuse... Vers le xv' siècle, elle fut encore une combinaison de ruses et de finesses, mais elle prit soin de masquer ses manœuvres sous les apparences du Droit... Plus tard, sans jeter le masque de la légalité, elle cacha scs artifices sous un ton mondain, et ses intrigues sous les nuages d'une galanterie qui donne un cachet tout particulier aux diplomates de Louis XIV. La Révolution française rompit brusquement avec les traditions du vieux régime diplomatique, et introduisit dans les relations internationales un sans-façon que Napoléon I” continua quelque peu en le tempérant bientôt par la forme monarchique. A sa chute, la diplomatie des cours eut pour tâche principale de rétablir l'équilibre politique. Depuis lors, sa mission parait avoir été de maintenir la paix et d’imprimer le plus vif essor au commerce été l'industrie des peuples » {Introduct. gén. à l'Étude du Droit, p. 94 et 95). Les questions importantes qui s'agitent en Europe, depuis un demi-siècle, ont fourni à la diplomatie de nombreuses et brillantes occasions de montrer de quel poids elle pèse dans la balance des peuples, et de quelle utilité elle peut être aux États. En France, particulièrement, on a pu reconnaître dans la plupart des membres du corps diplomatique, une élévation et une fermeté de ca-

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