LIV: II, CHAP. XII
ments, et d'égalité dans la dignité des contractants. Il est nécessaire d’ôter toute équivoque, et pour cet effet on peut distinguer entre les traités égaux et les alliances égales. Les traités égaux seront ceux où l’égalité est gardée dans les promesses, comme nous venons de l’expliquer (g 172); et lës alliances égales, celles où l’on traite d’égal à égal, ne mettant aucune différence dans la dignité des contractants, ou au moins n’admettant aucune supériorité trop marquée, mais seulement quelque prééminence d’honneur et de rang. Ainsi les rois traitent avec l’empereur d’égal à égal, quoiqu’ils lui cèdent le pas sans difficulté. Ainsi les grandes républiques traitent avec les rois d’égal à égal, malgré la prééminence qu’elles leur cèdent aujourd’hui. Ainsi tout vrai souverain devrait-il traiter avec le plus puissant monarque, puisqu’il est aussi bien souverain et indépendant que lui. (Voyez ci-dessus le g 37 de ce livre.)
ractère, en même temps qu’une science des faits et une solidité de conviction que les étrangers ont souvent admirées. Il faut, de plus, reconnaître avec M. J. Zeller, que si «la discussion à ciel ouvert des affaires internationales dans les assemblées d’un grand nombre de pays, soustrait la diplomatie aux tentatives dangereuses, aux audaces ou aux faiblesses que favorise le défaut de publicité, son action est bien plus difficile aujourd’hui, qu’elle ne peut pas toujours compter sur le secret qui est souvent la condition du succès. Agissant tantôt dans l’ombre et tantôt en plein jour, louvoyant entre la publicité et le mystère, il faut qu’elle se serve de l’un et de l’autre moyen. Elle doit avoir des paroles destinées à être connues de tous et d’autres confidentielles. Publier une dépêche est, dans un instant donné, un coup aussi habile qu’en écrire une qui doit rester un perpétuel secret. La libre discussion dans la conduite d’une affaire peut devenir pour un gouvernement un précieux concours comme un grave péril. Les cabinets doivent savoir la provoquer, la retarder, l’amener à propos, la conduire et n’étre jamais menés par elle, pour que les raisons et tes passions saines les soutiennent et les appuient, sans que les préjugés ou les’préventions les compromettent jamais. Quelle habileté, quelle souplesse, quelle sûreté de coup d’oeil et quelle autorité un pareil rôle exige de ceux qui en sont chargés 1 » {L’Année historique, 1862, p. 13.)
S 175. — Des traités inégaux et des alliances inégales.
Les traitf-s inégaux sont ceux dans lesquels les alliés ne se promettent pas les mêmes choses on l’équivalent ; et l’alliance est inégale, en tant qu’elle met de la différence dans la dignité des parties contractantes. Il est vrai que le plus souvent un traité inégal sera en même temps une alliance inégale, les grands potentats n’ayant guère accoutumé de donner plus qu’on ne leur donne, de promettre plus qu’on ne leur promet, s’ils n’en sont récompensés du côté de la gloire et des honneurs ; ou, au contraire, un État plus faible ne se soumettant point à des conditions onéreuses, sans être obligé de reconnaître aussi la supériorité de son allié.
Ces traités inégaux, qui sont en même temps des alliances inégales, se divisent en deux espèces : la première de ceux où l’inégalité se trouve du côté de la puissance la plus considérable.; la seconde comprend les traités dont l’inégalité est du côté de la puissance inférieure.
Dans la première espèce, sans attribuer au plus puissant aucun droit sur le plus faible, on lui donne seulement une supériorité d’honneurs et de considération. Nous en avons parlé dans le Livre | 5. Souvent un grand monarque, voulant attacher à ses intérêts un État plus faible, lui fait des conditions avantageuses, lui promet des secours gratuits ou plus grands que ceux qu’il stipule pour lui-même; mais il s’attribue en même temps une supériorité de dignité, il exige des respects de son allié. C’est ce dernier point qui fait l’alliance inégale. C’est à quoi il faut bien prendre garde ; car ou ne doit pas confondre avec ces alliances, celles dans lesquelles on traite d’égal à égal, quoique le plus puissant des alliés, par des raisons particulières, donne plus qu’il ne reçoit, promette des secours gratuits, sans les exiger tels, des secours plus considérables ou même l’assistance de toutes ses forces : ici l’al-