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LIV, II, CHAP. XII

de lenr jalousie et de leurs craintes, s’il se fût comporté orgueilleusement,, et peut-être eût-il un jour succombé sous leurs efforts réunis.

I 179. — Dans celles qui sont inégales du côté le plus haut.

.Mais comme le faible doit accepter avec reconnaissance, dans le besoin, l’assistance du plus puissant, et ne point lui refuser des honneurs, des déférences qui flattent celui qui les reçoit sans avilir celui qui les rend, rien aussi n’est plus conforme à la loi naturelle qu’une assistance donnée généreusement par l’État le plus |>uissant, sans exiger de retour, ou au moins sans en exiger d’équivalent. El il arrive encore ici, que l’utile se trouve dans la pratique du devoir. La bonne politique ne permet point qu’une grande puissance souffre l’oppression des petits États de son voisinage. Si elle les abandonne à l’ambition d’un conquérant, celui-ci lui deviendra bienlôtformidable à elle-même. Aussi les souverains, pour l’ordinaire assez fidèles à leurs intérêts, ne manquent-ils guère à cette maxime, üe là ces ligues, tantôt contre la maison d’Autriche, tantôt contre sa rivale, suivant que la puissance de l’une ou de l’autre devient prédouiinante; de là cet équilibre, objet perpétuel de négociation et de guerre.

Lorsqu’une Nation faible et pauvre a besoin d’une autre espèce d’assistance, lorsqu’elle est dans la disette, nous avons vu (| 5) que celles qui ont des vivres doivent lui en fournir à juste prix. 11 sera beau de les lui donner à vil prix, de lui en faire présent si elle n’a pas de quoi les payer, Les lui faiie acheter par une alliance inégale, et surtout aux dépens de sa liberté, la traiter comme Joseph traita autrefois les Égyptiens, ce serait une dureté presque aussi révoltante que delà laisser périr de faim.

g IbO. — Comment l'inégalité des traités et des alliances peut se trouver conforme à la loi naturelle.

Mais il est des cas où l’iiiégalilé des traités et des al-

liances, dictée par quelque raison particulière, n’est point contraire à l’équité, ni par conséquent à la loi naturelle. Ces cas sont en général tous ceux dans lesquels les devoirs d’une Nation envers elle-même ou ses devoirs envers les autres, l’invitent à s’écarter de l’égalité. Par exemple, un État faible veut, sans nécessité, construire une forteresse, qu’il ne sera pas capable de défendre, dansun lieuoii elle deviendrait très-dangereuse à son voisin, si jamais elle tombait entre les mains d’un ennemi puissant. Ce voisin peut s’opposer à la construction de la forteresse ; et s’il ne lui convient p is de payer la complaisance qu’il demande, il peut l’obtenir en menaçant de rompre, de son côté, les chemins de communication, d’interdire tout commerce, de bâtirdes forteresses ou de tenir une armée sur la frontière, de regarder ce petit État comme suspect, etc. Il impose aussi une condition inégale, mais le soin de sa propre sûreté l’y autorise. De même il peut s’opposer à la construction d’un grand chemin, qui ouvrirait à l’ennemi l’entrée de scs États. La guerre pourrait nous fournir quantité d’autres exemples. Mais on abuse souvent d’un droit de cette na- • ture ; il faut autant de modération que de prudence, pour éviter de le tourner en oppression.

Les devoirs envers autrui conseillent aussi quelquefois et autorisent l’inégalité dans un sens contraire, sans que pour cela le souverain puisse être accusé de se manquer à soimême ou à son peuple. Ainsi la reconnaissance, le désir de marquer sa sensibilité pour un bienfait, portera un souverain généreux à s’allier avec joie, et à donner dans le traité plus qu’il ne reçoit.

g 181. — De l’inégalité imposée par forme de peine.

On peut encore avec justice imposer les conditions d’un traité inégal ou même d’une alliance inégale, par forme de peine, pour punir un injuste agresseur, et le mettre hors

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