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CONTRE LES CONSULS

a aussi grand roi. » Dédaignaut bientôt le faux voilo de la couardise bizanlioei ils s'insorgent à la suite de Ropoltone, coalisés avec le prince de Capone retourné contre Palmne, avec le comte Rainolfc de Fouille, avec

toutes les résistances fédérales, enfin avec le pape et l'empereur qui arrivent pour appuyer toutes les révolulioas défaillantes de Capoue, deSuleroe^dc Fouille, de Bari et de tout le Midi. Quelle joie pour les Bénéventins quand Bari massacre la garnison du roi, quand Salerne reçoit Temperenr, quand^J^afentiesemble accablée, compromise, incapable de tenir fête à Forage I mais aussi quelle douleur, quelle U islesse, quand Tinsurrection est réprimée par le roi el qu'ils voient so dérouler la dévastation iiuilaire indispensable au triomphe de Palermc : a Nous en prenons à témoin « le roi éternel, le juge universel» dit Falcone, nous « n'avons jamais lu que Néron, ce très-cruel empe- « reur des païens, ait fait un massacre plus affreux des « chrétiens. » Bénévent est saccagée à son tour ; ses habitants sont ^ai i ottés comme des esclaves ;RopoUone se noie en traversant un fleuve, et la ville ne se rachète en iidtl, que {>ar un triomphe momentané du pape et des troupes allemandes de Lothaire lil , libéra^ leur de Bénévent parce qu'il était ennemi de Païenne^ de la Sicile et de la minorité des peuples du Midi. La dernière solution répondit encore à la situation exceptionnelle de celle ville, d'opposilion et de liberté à contresens du royaume. Qui sanctionna sa délivrance? l'empereur? Non^ il tallait qu^elle fût délivrée par Poierme; rennemi était là : c'est là que la révolution devait être sanctionnée, et en effet Aager déclara, par ' un diplôme qu'il livrait aux Bénéventins tous les droits antérieurement exercés par les Normands ; ses prcdé**

46 LA RÉACTION PONTIFICALE ET iMl'ERlALE

eeflseurs c'estnà^dire les taxes, les impôts les rentes sur les terres^ les pâturages^ le bétail^ le Tin^ les olives ; ete. G*e8t ainsi qne la Tille se trouve d^ivrée, avec le nou^

veau progrès des consuls, du coiiseutemeat de i ennemi et avec Taide du pontife.

Après avoir créé lo schisme d'A naclet» qui donnait la grande impulsion aux villes du Nord et au royaume du Midi, Rome, tons le poids de la réaction, surpassa de nouveau toutes les régions de iltalie. £n 1132, Lothaire III y réintègre le pape Innocent II; mais, bien qu^assisté par les Allemands , les Pîsans et les Génois, il ne peut ni chasser l'anti-pape , ni se faire couronner dans la basilique vatica ne qui reste entre les mains du peuple. A son départ. Innocent doit quitter Rome, et, réintégré de nouveiau en 1137, il se voit attaqué encore plus violemment par un homme nouveau, Amaldo d» Bretda, qui généralise toutes les révolutions des consuls contre les évéques, pour revendiquer en entier la , domination temporelle de l'Eghsc. Habitué à toutes les -vicissitudes de la popularité, versé dans la science des écoles et dans les hérésies d'Abailard , familiarisé avec toutes les témérités de la pensée et de la parole, les maniant avec l'assurance de n'en pas être le Jouet, éloquent, fascinateur, pieux> austère, un saint par le calme extérieur j un spectre par l'ascétisme^ un démon par par le feu, si violent que ses ennemis tombent en délire pour demander sa léte^ si sûr dans sa véhémence qu'on ne peut Técouter sans lui obéir, cet homme qui arrive jusqu'à nous par quelques mots inintelligents d'ûthon de Frisingue, et que Thistoire ne pourra jamais oublier, devient tout à coup l'âme du peuple, le génie de Rome, te continuateur d'^nade^ Tami de Giordano, frère d'il-

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nadet et le plus imposant de tous les citoyens romains.

Quoique sa prédication soit interrompue par un exil, ello plane sur tous les événements fie Home et on dirail qu'elle les gouverne : le béoat se déclare indépendant de la juridiction temporelle du oontife ; dans la dernière année de sa yie. Innocent II est attaqué par une nouTelle insurrection, et il meurt na^ré de doubleur; Giordano est nommé sénateur, c'est-à-dire chef du sénat; le nouveau pape Lucius II est assommé par l'émeute; son successeur Eugène III quitte Rome, et quand Arnaido reparaît, les palais des cardinaux et des nobles tombent; les nobles sont forcés de prêter ser- .ment de fidélité au patricien Giordano. Le préfet de Rome, nommé par le pape, est aboli et son pouToir, transmis au patricieni intervertit le gouvernement qui au lieu de s'imposer d'en haut, délégué par le pape, est au contraire délégué par le peuple au sénat qui le confie au patricien Giordano. Eugène 111 quitte Rome quatre fois et rentre quatre fois, sans qu'on arrive à une solution. Étranger à Rome, comme ses prédécesseurs de rère des consuls, il a pour successeur Adrien IV, un Anglais, dont Findignation contre le mouvement à'Amaîdo et de Giordano arrive à l'excès jusqu'alœs inouï d'excommunier les Romains : cette fois la guerre de la révolution temporelle est déclarée sur toute la ligne contre la domination spirituelle; TEglisene tient plus que suspendue , comme par enchantement, sur le volcan de la ville étemelle.

Chaque année elfaçalt les traces des deux descentes de Lothaire , qui ne laissait plus désormais d'autre

souvenir que les actes par lesquels il avait inscrit, sans le vouloir, le droit des consuls, dans le pacte de Char-

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