AUX CHATEAUX
Gésène^ ville moitié libre^ moitié féodale, commence^ en la lutte contre les châtelains de la colline et de la montagne , qu'Othon I« avait choisis fmrmi les
citoyens, et que les consuls accusent de mépriser hautement les lois et d'être rebelles à leurs ordres...
Sienne soumet Orsia, en H38; les Soarzi, en H63; les Ardenghi; en 1107 ; les Tedici, en 1178; Geilo, Mont» taldnOi Monto8ijO| une foule d'autres châteaux tombent ensuite sous la domination ou sous la hache des consuls; et celte guerre de la campagne , au reste pénible et pleine d'accidents , continue plus tard à travei s des époques postérieures^ comme la ritournelle obligée des révolutions sanoises.
Un demi-*siècle après jsa première guerre municipale^ en Gènes se lève, comme les autres villes» pour combattre Falcone, Ciapo, Mundavio, l^ctrabecclie* ria ; elle uchnte Vultabio au marquis de Gavio ; elle soumet> en iia3> les comtes de Lavagna, et deux ans plus lard elle commence un^ longue guerre de spoliations» par lesquelles elle absorbe l'une après Tautre» avec la ténacité et la traction annulaire du boa» toutes les possessions du marquis du Final. Eu 11 oJ, le marquis est deja réduit à rétat de vassal, forcé de suivre avec sou infanterie et sa cavalerie les consuls , d'épouser leurs guerres^ de marcher contre tous leurs ennemis> excepté le cas où ils combattraient les citoyens d' Aqui* Quinii ans plus tard, il se voit envahi à Noli; il ne règne plus qu'à Savone, et là aussi il se tiouve sous la jundicUuii de Gênes, qui lui diCte des lois, lui enlève le conmierce et s'efforce d'achever sa conquête* — Bologne soutnet Cellula, SavignanOj Gesso^ Montevello^ et demande le jour romain qui est dû à l'antique Felsinea.*^ise est eugagéc dans la guerre aux châteaux vers iiéé^ et
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Tannée siiivîinlc elle subjugue Pcccioli , Casanova, Lari et (Faulres lieux. — Des 1086, Lacques démolit Vassolî et Gamajorc. — En 1 lOi . Orvieto, dont la campagne e»t couverte de âefs impériaux, fait sa première guerre aux châteaux contre les seigneurs de Bisenzio. — L'abbé de San-Sepolcro, qui jouait le rôle de consul (iaiis le l)oiir*fî, pour lui prêter son indépendance ecclésiastique contre révèque de Citla-Castello, commence, en 1487, des guerres très-vioientes contre la barl)ane féodale des alentours.
A Terracina^ nous voyons des comtes maîtres de la campagne, comme les Biandrate dans le Milanais, Robert l'Allemand à San-Miniato, les Alieniaads de Saint-Martin de Gavardo et le comte Pagano du fort de Pendice : ce sont les Frangipanes, anciens seigneurs de la ville ei retirés dans leurs châteaux de Circei et de Traversa, sous la protection du pape. Les consuls leur défendent de dépasser l'église de Saint-Nicolas, hors des murs, et de pénétrer dans la \ille, si ce n'est pour allaii et, mais sans armes et sans suite, et la même défense s'eltuti a tout puissant personnage : car tout seigneur estun ennemi, et on révèle jour où l'on détniira Circei ei Traversa. — En 1112, Bénévent rase Sableta , de Robert Sclave, qui «tantôt emprisonnait les passants, « tantôt les spoliait, tantôt les tuait; » ensuite elle rase Apice, Terroggia , d'autres forteresses; dans 1 année de sa révolution consulaire, en 1137, elle détruit le château de Rao de Frassineta ; toute la ville, dit Faloone, « était dans la jubilation, parce que si je vouhus c décrire toutes les cruautés et les avanies exercées par a les seigneurs de ce château, ta langue et la plume « ne pourraient pas y suffire. » Militaire ou ronjaine, grande ou petite^ forte ou faible^ toute commune etajt
AUX eu. VIE AUX. âl3
forcée de se frayer fia route à travers les ronces de la féodalité; Rome elle-même continuait pendant des
siècles sa lutte contre les barons : «cfir, dit la cîuoai-
« que de Cola de Rienzi , les barons sont des voleurs « de grand chemin^ patronent les homicides^ les ra- « pines, les adultères^ tous les malheurs^ et veulent que « la ville reste désolée. »
Dans quelques chroniques, la guerre aux châteaux se trouve indiquée d'une manière obscure ei iiuliiocte, sans qu'il soit permis de la révo(|uer en doute. Ainsi, à Fermo^ où la révolution des consuls était dissimulée, la guerre aux châteaux est effacée et réduite à la concession impériale de 1243^ par laquelle Tempereur défend à tout le monde de faire des constructions, depuis Potenza jusqu'au Druenlo, sans la permission des lirnians. A celle coiicesi^ioii négative, i\\ù maintenait libre le sol déjà lîbre> on en voit succéder^ en 1248| une positive qui sanctionne toutes les conquêtes ac* compiles ou convoitées , en accordant à la ville les juridictions sur les châteaux de Marano , Roccabianca, Torri-Palma, Monterano, Miisii:ii uio . Laireno, San- Patrice, Grottauiare, Monte-San-Giovanui, Monte-Pie- Iro, Monte-San-Martîno , Montè-Falcone , Monte-Robbiano. — La guerre de Vicence laisse également une trace indirecte, mais incontestable^ dans la chronique de Godo. «Dans notre district, est-il dit, il existait au- « tant de chàteaiix que de magnats : car toute villa était s une lorleresse gardée par quelque noble ou puissant «citoyen. Tous ces cbâteaux^ minés par des haines «mutuelles, s'entre-détruisirent peu à peu; de sorte «qu'aujourd'hui (1314)^ ils ont complètement dis- « paru, même de la mémoire des citoyens. » Évidemmeut, c'était la ville qui se glissait à travers les haines
LA OmiRM
de la campague, semant la discorde, poussant les feudataires les uns contre les autres^ et les écrasant tous à la fin pour absorber le comté. — Au reste, le fait de la guerre aux chftteaux ne manque que là où
manque Fliistoire elle-nièmi;; et partout, au milieu de l'immense confusion des guerres et des l)a lai lies, le peuple, divisé, subdivisé, fédéré dans miUe croisemais, en sens inverse les uns des autres^ restait un et unanime dans l'idée de la révolution qui le jetait contre raristocratie de la campagne. Jadis, il avait suivi l'Église et appelé Charlemagne, pour abattre les rois longobards ; plus tard, il avait secondé les évêques et Othon contre les rois de Vérone, deSpoleti , de Luçques et d'Ivrée; Tan mil il avait expulsé les comtes des villeSt parce qu'ils imitaientles rois; il ayaitensnite chassé les évêques imposés, parce qu'ils présentaient encore la pâle image des comtes. Et après avoir détrôné révêque pour se dérober à la suzeraineté trop royale du pape et de Tempereur^ après s'être engagé dans les guerres municipales pour déchirer Tancien réseau militaire, et partout arriver à des républiques indépendantes, libres, égales, expansi\es, les nouvelles attaques contre les châteaux n'étaient que la dernière conséquence de la grande insurrection contre le royaume. Toutes les fois que des consuls en? vahissaient un fief rurale et Tenlevaient à son seigneur, ils ne faisaient qu'extirper rautorité du rol^ du comte, de révêque imposé ou de révêque rétrograde, telle que l'antique loi Tavait enracinée dans les champs ou incrustée sur les rochers des Alpes et des Apennins. Quelles étaient les villes les plus colères et acharnées contre les vieux repaires de la féodalité t C'étaient Flo*
renée. Milan» Trévise, les villes romaines^ jadis enseve-
AVTL CHATEAUX. 2^5
lies sons la barbarie du royaume et cernées par iin^ multitude de châteaux qui les rendaient immobiles : Alexandrie se lève en agitant la torche incendiaire dans
sa campagne^ parce qu'elle porte le dernier coupàTinfluence de Pavie. Dans les villes rovalcs, au contraire, la G:nefTe esl silencieuse, réservée, circonspectf^, entremêlée de concessions évidentes, de retards artificiels; c'est à peine si on en tronve des traces à Ravenne» à Arezzo, à Crémone, à Pavie , à Vérone, a Spoleti ; on n'en voit aucune à Casai, sous le marquis du Monr ferrai.
Toutes les chroniques confirment l'époque idéale que noijs avons assignée à la guerre aux châteaux, immédiatement après la guerre municipale. Au surplus, voici le tableau des dates comparées des deux guerres : partout, aux premières attaques contre les villes rivales, succèdent celles contre les forteresses féodales.
(Suit le tabhau.)
il6
LA GVeitRB
Alexandrie Ast , • • • • Benevent .
Boloi^ne . .
Brescia . . .
Ct'sène . . .
Faenza . . .
Florence. .
Gênes. . . * Lucques . .
Orvieio, . , Panne ...
Pavie ....
Pérouse . , ! Pistoie . . .
Plaisance .
Milan ....
Pise .....
Ueggio . . .
S.-Sepolcro Sienne . . .
Turin ....
Todi
Trévise. . .
Vérone. . .
GUERRE MU.1ICIPALE
4169 contre Pnvie 4 04 G conlre Milan
M 24 ooMre Imola 4 409 contre Crémone 4426 conlre Faenza 4 075 conlre Bnv^tnw 4010 contre l'iesole 4066 contre Pise 4004 contre Pise 4006 contre Todi 4 4 contre Plaisance 4013 coulre Mibu 4 010 conlre Arezzo 4 153 conlre Areno 4 084 conlrn Pa9ie ion rotilrt' l'itvie ■1004 conlre Lnajucs 1 1 25 couiie Maoluue 4470 contre Florence lOOG contre Orvielo 4 076 contre Chieii lOOfi coulre Orvieio 104 4 conlre Feitre 4004 contre Vicence