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RÉACTION IMI'KHIALB ET PONTIFICALE

tète*au vont des évéques» trop insolenls, pliaient sous les menaces et sons le fer des consuls. Encore quelques années, et on aurait \u le pacte de Charlemagne sans autre appui que de rares villes militaires, à leur tour séditieuses, mobiles^ obligées de suivre les révolutions de Milan ou de Florence, et changeantes comme le sable du désert sous le; souffle du simoun.

Dans ses nombreuses descentes, Frédéric Barberousse commence déjà à réprimer le nouveau désordre de la guerre aux châteaux; tous les châtelains peuvent déjà compter sur lui pour se rassurer dans leurs forteresses déjà entamées, a En les nobles a deMilan^dîtGalvano Fiamma, secondaient Tempea reur contre la ville el, voyant qu'il se retirait, furent « saisis d'une peur mortelle; mais 1 empereur les rasa sura. Ces citoyens étaient des traîtres: c'étaient les « Carcano (descendants des anciens comtes de Milan), « les Paravieino, avec toute la Martesana, Co$sa, Cer- 9 ma, Erba, et les alentours ; c'étaient les CMiglioni, « avec \'(irese et tout le Seprio; les Ladriani, de San- 9 Colninfxuïo f avec l'île Polcheria, PjivoHa, Caravaprio « et Trivigiio; c'étaient les chefs deiMonza avecTrczzo, < toute la Bulgaria; la conimune de Parabiago et « celle de Lecco. Ils se rendirent chez Tempereur en « le suppliant de les soustraireà la* puissance de Milan. » L'année suivante, quand Milan succombait aux furies vengeresses de la lipruc de Pavie^ dirigée par l'emperenr, les cliàtelaius mêles aux armées municipales, aux soldats de TAUemagne, aux vauriens de l'empire, à ces multitudes automatiques, inintelligentes ou haineuses, piétinèrent les ruines fumantes des maisons, des palais, et se croyaient rassurés pour [des siècles.

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ea voyant s'évauniiir celle grande aî^^loméiation civique qni (lemaiitlait aulour de Milan un jour et un espace digne de Rome. Â sa dernière descente, en 1184, Frédéric Barberousse enlève, d'un seul coup, à Florence toutes ses conquêtes consulaires sur les nobles de la cain pagne ; Sienne n évite la rraclion (ju en lui refusant l'enlrée de la ville, f.cncs^ très- flexible dans ses témérités^ suspend la guerre aux châleaux, à la première descente de Frédéric. L'an de la paix de Constance, Tarmée impériale appuie les comtes de Gunio, de Donigaglia^ de Bagriacavallo^rabbéGaliala. toute la féodalité de la campagne qui assiège Facnza. Lucques voit ses châtelains, les seigneurs de.Vesilia, de Garfagnana, de Monte- Magno, de Camajore, déclarés en 1181, princes immédiats de Icminre^ c'est-à-dire inviolables. Sous Henry VI , la répression continue encore plus systématique, plus obstinée , dans le but ouvertement avoué d'opposer les châtelains et les vilains de la campagne à la démocratie consulaire qu'on ne pouvait atteindre derrière les remparts des villes. En H94, Reggio est au ban de Tempire, à cause de ses empiétements sur les châteaux; partout, dans la Romagne et ailleurs, l'empereur s'épuise en efforts pour ralTermir les châtelains. Le pape, à son tour, protège les Frangipane à Circei et à Traversa, que Tei lacma voulait démolir, les défend daiis leurs châteaux que Civila-Nova voulait confisquer, et maintient tous ses feudataires dans leurs donjons en multipliant les malédictions contre les villes qui les attaquent. En 12^, il met en mouvement le marquis d'Ancône, Tévêque d'Umana, ses utiiciers, ses troupes et ses anathèmes, pour forcer les citoyens de Macerata à reconstruire Gasale, qu'ils avaient détruit ; et ils restent deux ans sous interdit «

» buvant la malédiction apostolique comme de l'eau'.»

Mais il était trop facile aux villes d'éluder ces ordres; la liberté exceptionnelle de la péninsule, la nature des deux chefs, Tun absent, l'autre désarmé; rinimitié quj les séparait depuis révolution des iavestitures, et tous les antécédents de la guerre municipale assuraient le triomphe des consuls, et on ne pouvait multiplier à l'infini les interventions, les anatlièmcs et les bans pour défendre les tours, les tourelles, les remparts, les murailles, prédestinés à tomber. Une fois la réaction surmontée çà et là, après les impuissantes tournées de Frédéric Barberoussé et de Henry VI , la guerre aux châteaux double d'essor sur tous les points : plus (le coalrainle, plus d'inutiles Jiieaagenients ; on frappe les nobles sans pitié. Milan, qui ressuscitait de ses décombres, faisait expier à la campagne ses sottes barbaries, « et tous les nobles de la campagne, dit Gal^ « vano Fiamma, furent privés de leur noblesse, » c^est^ à--dire de leur? juridictions. Flortiice coalinue ses conqu êtes a Poiji)a , à Monleyrossoli, à Frodigliano . à Monielupo, eiclùn 4^18, elle spolie les comtes Guidi, ceux de Mmiganaf de Capraja^ de Gertaldo, et tous les paysans de la campagne lui prêtent serment de fidélité» La noblesse cesse de régner. —En LombardiO) les comtes de Biandiéilc, chefs du vaste diocèse de Milan, subissent le suri de Robert TAllemand, de San-Miniato^ Jadis sacrifié par Florence. Biaudrale assiégée, détruite^ voit ses habitants dispersés en quatre villages, et Novare veille plusieurs siècles pour que son emplacement reste vide et désolé. Les statuts de Novare portent un chapitre : « De teuendo dcstructo Blanderato. » Le podes»

1 Idem ^ominet, malcdictionem bibentes lit aquam, jam per bieiiiiiiiin conlvouiceft permansenitit.

GONfRB LA GOIRIUI AUX» GBATBAUX* ââ3 .

tat ne pouvait entrer en fonction sans jurer de maintenir la destruction. « Deux fois tous les ans , disait-il^ je

< ferai le tour du château^ et si^ dans la circonscription «des fossés de Biandrate^ je trouve une maison, ou

< des maisons, je détruirai le tout, et la démolition sera « achevée dans l'espace de vingt joui*s. » U restait d'autres terres aux comtes de Biandrate, mais en 4947 ils étaient forces d'en cédera Novare contre mie iiidemnitéde 8,000 livres, qui devait être eiupluyée à 1 achat d une maison dans la ville et de terres dans le district. Plus tard, Novare leur défend par un statut d'aller dans la vallée de Sicida, « parce que, dit Azario, ils- voulaient « forniquer avec toutes les jeunes filles ; et en effet ils a forniquaient avec elles. » ;Mal^i e Tordre, ils persistent dans la fornication^ et ils sont un jour tous é^^orgés par les paysans^ àTexception d'une Biandrate, à laquelle on rend^ d'un coup» tous les viols que les comtes avaient commis dans la vallée. Ventura, rhistoriend'Ast, nous fait suivre ces comtes de Biandrate sur le territoire astésan, où ils avaient des terres. En 1250, ils volent du drap aux marchands, et la ville se venge en leur enlevant des villages. £a li90, le comte Manuel fait une descente nocturne dans Tnn des villages enlevés; mais les Astésans se jettent sur ses terres, la nuit, le jour, dévastent ses vignes , ses arbres, ses moissons, tuent son fils; et craignant de perdre le reste, le comte abandonne gratuitement le château de Poicelli à la ville, et se hâte de vendre au plus offrant les cliàteaux de Monte-Acuto et de SaintnËtienpe.

Sienne, au départ de l'empereur, qu'elle avait tenu à distance, revient à ses expéditions lentes et obliques, mais toujours continuées; même en 1283, elle soumet les comtes d'Ëlci; en 1361, ceuX de Farnelo; en 1417,

^4 RtACTIOH IwiMUtM Vt POHTinCAU!

ceux de Piligliano... — Faenza, qui avait rasé Bagnacavallo, le démolit une seconde fois^ en iW^ ; une troisième fois, CD 1216; ct^ dans la même période, on toU la seconde démolition de Mahicino, Facliat de Doni«> gaglia, la destruction de Lugo, ville de féodalité exaltée...— A la 11)01 1 de Frédéric Barbe ro u sse , Gt iies repreïul les conquêtes qu'elle avait suspendues, et confisque les châteaux avec le plus singulier mélange d'avidité longobarde^de sévérité républicaine. Ën 4193, elle dépossède le marquis du Final, de Savone, où sa famille régnait depuis deux siècles. En 1214, elle condamne à dix ans de prison le marquis de Gavio, qui s'était révolté, et lui enlève les péages. En 1214 elle étend sa domination sur Cari, Cacretto^ Vignarolo, prenant la moitié de Carcarî, Montemallo, Caviglione, Buzale. En 1217, elle continue son travail digestif pour absorber [leu à peu toul le marquisat du Final. Elle impose d*abord au marquis de détruire le château qui protégeait sa vallée. En 1251, elle lui fait promettre de raser Varigotti. En 1259, elle luiarraclie le seniieiit depayer la taxe du sel, de ne pas s'armer sans la permission des Génois, de ne pas naviguer sans expédier les navires à Gênes et sans payer les droilSi en se conformant an jugement des magistrats de la république. Plus tard, il perdChiavesana , C;isloUranco. En 1383, il doit vendre à la république la moiUé de Final; il ne vit plus que dans la bouche du boa. Tout en absorbant le marquisat. Gènes combattait San-Hemo, Yintimille, Portovenere, Ions les châteaux , toutes les masures libres ou féodales des deux rivières, sans négliger l'autre versant des Apennins..

Des que les grandes villes surmontent la réaction, les villes hétéroclites et malingres se hasardent à leur tour

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