LE PODESTAT
Lêb TÎUet libres ■'aperçoWent que les consiilt ne iiiffiseat plut
à réprimer les troubles, — qu'il faut créer un nouveau gonveiw nement. — et confier la dictature à un magistrat à la fois juge et capitaine — Despotisme annuel du podestat. — Précautions du peuple qui sarreine son despote. — L'avéoemeal du podestat fc Gènes,— àMUan«-*à Crémone,— à Bologne,— à Plaisance. — ^Toutes les villes présentent les m<?mes phénomènes, — l»de la division ; — 2« des séditions annuelles ; — 3» des réconciliations ministérielles ;—49 entremêlées de pacifications ecclésiastiques;— SsdesréTolntions qui se renouYeUent tons les cinq ans etdu podestat qui parle pour et cDotre tons les partis ;— 7* ponr derenir ridicnle qnand il a fait son temps.
Suivre les individus au milieu des batailles, tenir compte des gloires, des hontes, des grands combats, des exploits iDoombrables qui se mailiplienl sur le sol de la péninsule serait chose impossible, quand même les^chronîques nous donneraient, au lieu dindications courtes el laconiques, des descriptions longues et détaillées. Au point de vue des individus, tout est si obscur et si confus que souvent le théâtre même sur lequel ils paraissent est douteux : car tel Elat^en apparence indépendant, au premier souffle s'évanouit comme un nuage. Ne nous perdons donc pas en calculs inutiles devant les scènes détachées de l'anarchie iiir tienne ; gardons-nous de nous préoccuper des Baschi, des Montemolino, des Uberii, des Volta, desTurca, ces rois d un moment, qui bourdonnent dans les villes ou
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qui rôdent dans la campagne; surtout gardons-nous
de chercher qui a tort ou qui a raison , pour arriver à une solution morale, à rexeinpie des comédies où l'on ne fait peur au spectateur que dans la mesure nécessaire pour le conduire audénoûment qui punit le vice et récompense Ut vertu^ à la confusion des méchants* Dans rhistoire, il n'y a pas de solution indivi* duelle : le héros qui a lutté toute sa vie peut mourir la yeille du succès.
Les troubles intérieurs des villes libres en modifient la loi souveraincAux consuls succèdent d'autres personnages inconnus; les vieilles institutions cèdent la place à des institutions nouvelles^ à une nouvelle république. Cette modification dans la loi souveraine est le seul fil qui nous gaule à travers le chaos de Tltalie : les idées n'admettent que des solutions idéales.
Le jour des prises d'armes, la ville italienne ne doute pas de sa force ; aucun citoyen ne recule devant la nécessité de combattre. Si la conquête des châteaux est pénible^ si Tabsorption est laborieuse, si les concitoyens sont redoutables, laconiimme n'est pas en question : sa vitalité est au-dessus de toutes les attemtes ; sa liberté est garantie par les lois, que reconnaissent également les deux partis en présence. L'autorité du pape» celle de l'empereur^ la fédération italienne conçue comme le trait d'union entre deux chefs de la chrétienté, le droit pour aiusi dire individuel des villes, celui des châtelains, les diverses transactions qui ont amené les citoyens et les châtelains à s'accorder pour vivre ensemble dans une même enceinte, sous les mêmes juges, à des conditions déterminées, tout est admis, accepté sous serment, sans qu'on puisse en revenir. La Ville veut exploiter les richesses de la campagne» la
LE POOBSm.
canHiagne teut jouir des aranlages de la ville. Le débat
ne tombe que sur des choses qui ne sont pas juridiques, sur l'influence personnelle des grands, sur la force de Targent^ sur les méfiances du peuple, sur des hypothèses 9 des suppositions^ des conjectures reia* tWes à riDSolence , à rambition des concitoyens ou à l'avidité, à la rapacité des citoyens. Pen importe que dans la fureur des batailles on incendie les maisons^ on rase les quartiers, on menace d'extcrinnier des villes: c'est la nécessité de tous Ils couibats. Mais devant la loi souveraine reChroyabie anarchie se réduit à des querelles domestiques, ou à des inimitiés personnelles; il ne s'agit que de savoir si les Uberti sont les assassins des Buondelmonti, si le Turca a réellement tué le consul, si les consuls ont dépassé leurs pouvoirs, si les Sessi ou les Scanabecchi sont dans le cas de légitime d( itnsey si le gouvernement laisse également libres les citoyens et les concitoyens, sll les respecte dans Texercice de leurs droits réciproques. La lutte se réduit à un procès; on se bat faute de Juges; la république a besoin d^un tribunal pour dominer l'anarchie qui grandit.
Les consuls ne peuvent plus suffire à la tâche. Ennemis personnels des châtelains, après les avoir spo liés de leurs châteaux, il est impossible qu'ils soient leurs Juges : le droite l'équité, la politique le défendent D'ailleurs^ sans autorité, à la merci d'élections annuelles, nombreux, ils peuvent être facilement séduits et tournés contre le peuple; s'ils lui restent fidèles, ils est aisé aux concitoyens de les braver. Au milieu des tumultes , ils délibèrent au lieu de combattre. Au bout d'un an> redevenus citoyens, ils sont exposés aux vengeances des coupables qu'ils ont condamnés^ ou des fa> milles qui se croient offensées : leur temps est passé à