DANS LB8 TILLES
domination poDiiiicale^ et pour la première fois on TOii floa agitation intéiieure dirigée |»ar des personnes qui représentent toutes ses pensées^ comme si tout à oonp LiprandI, Pierre de Feu» Lansone^ Uedembard, et tous
les personnaj^es des révolutions antérieures de rUaiie ressuscitaient avec des noms nouveaux et sous une forme profane. Los hommes du peuple demandent à grands cris l'élection de l'évéque d'Anagni, uniquemenl préoccupés de se donner un ctief réputilicain, Pierre Léone, ûis d'un juif parvenu, d'une ridiesse colossale, cherche à faire prévaloir un pontife mitoyen entre le peuple et l'aristocratie. Léon Frangipane, d'une famille qui remonte aux anciens Romains, s'associe au fils du juif pour faire nommer un pape qui reste dans la ligne des vieux schismes protégés par Tempire ; mais son frère se détache de lui, le supplante et abandonne les scldsmes pour se rallier à l'Église/qui nomme Honorius III de Bologne, au milieu de tumultes très-obscurs et très-difficiles à décrire. Dans rélection suivante, en iiliO , Tobscurilé s'évanouil avec le fraclioniii ment des partis, et un nouveau rayon dans le brouillard de TEgiise laisse paraître Pierre Leone seul à la tête du peuple, avec un fils moine, turbulent, iàctieux, hardi, bravant toutes les traditions du vieux temps des évéques orthodoxes ou schismatiques, populaire dMnstinct, consulaire par le faste, n'ayant du froc que l'audace démocratique, et des usuriers, ses ancêtres, que le mépris de l'autorité. For qui éblouit la foule, et Ta prêté aventureuse au gain tournée au pouvoir et devenue ambition. Proclamé anti-pape sons le nom d'Anaclet U, le fils de Pierre Leone fonde sur-le-champ le grand conseil de Rome, qui se dit orgueilleusement une résurrection duséna^
LES CONSi:i.S
et devant sa toute-puissance TEglise est eo déroute avec son pa|ie laooceot li, forcé de s'enfuir^ tandis que les Frangipane, tous désormais réactionnaires et atteints par la lèpre de Vimpopulartté, s'effacent de lliistoire
de Home pour déshonorer leni an lique noblesse dans des fiefs subalternes, où ils vivent en ennemis du genre humain.
Le peuple de Milan n*a ni la mijesté des émeutes romaines qu'il croit trop éphémères, ni la grandeur pontîQcale qu*il méprise profondément, ni les élans dn Midi liés à une mobilité trop suspecte. Calme ^ re*
cueilli, à la physionomie replète, sYiigraissaiil dans la plaine de Lomh u die, il s^élève à force de calculs et de réflexions, mi déployant toutes ses voiles pour serrer à son proût le double vent qui souffle de Rome et de FÂllemagne, bien décidé a n'être ni au pape ni à l'empereur, en haine de ses nobles, tous pires que les Fran* gipane, parce qu'ils sont plus ébranlés. Déjà ébauchée dès il07 , par demr conseils, la €redenza et le grand conseil, composés de plusieurs centaines de nobles et de citoyens, la révolution tressaille et acquiert une force toute nouvelle aux premiers éclats de Tagilation romaine. L'archevéqueAnselnie, qui avait voulu être sacré àRome par le pape Honorius 111, en ii36, se Toit de retour à Milan, entouré par le peuple et dans Timpossibilité de mettre pied dans son palais, s'il ne jure sur l'autel de la Vierge, de n'avoir fait au pape aucune promesse qui préjiifreâtaux libertés de son Eglise. Deux ans plus tard, le peuple profite d'une n volution allemande qui jette à Milan ranti-césar Conrad lU de Gebelin, pour humilier de nouveau l'archevêque, en le forçant àsacrerl'anti-césar, que d'ailleurs il n'adopte qu'*afin d'exploiter à froid les dissidences de l'Allemagne. Enfin,