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LES PODESTATS

La réâction du pape et de l'empereur «e eimplifie. — L'empereur attaque en ponsnl de l'Allemagne les podestats de Lombardie. — Il derient chet des concitoyens des villes romainei ci des citojens des ailles militaires, — et il se trouve engagé dans un eombet sens Uaue. — Son impuiasance k Vdronei à Ticence.à Tréviae, à Ifentone, à FerrAre.->Lea yilles militaîrea et le Piémont se défendent sans pouvoir lui rester fidèles. — Ast, Alexandrie, Verceil, Gènes, Regpio, Modène, Parme, Plaisance, la loscane, la Romagne, Viterbe. — Désespoir de Frédéric, qui voudrait maîtriser les trois impotteura.— Le pape attaque le roi des Deux-Siciles en conaul des concitojena dn Mi Ji , et il est vaincu à l'instant même oîi il triomphe dans la bau(e Italie. — Même à Rome il tente inutilement de dompter le podestat. — firancaieone de l'Andalo le dompte. — La guerre civile déborde dans toutes les villes de l'Église.—Pérouse le déehire en dépit du pape et de l'empereur,— et la liberté delà démocratie, de la sédition et des batailles se développe dans tente l'Italie en proclamant le grand interrègne.

Le pape esl le protecteur des "villes roniaÏDes du Nord, où il envoie sans cesse ses légats^ ses moines, ses thaumaturges, pour calmer les séditions et désarmer les châtelains. L'empereur est lui»mème le grand podestat desDeux^Sldles» adopté^ naturalisé, exploité parles citoyens de l'irradiation palermitaine contre les concitoyens des vieux centres byzantins et longobards. Ainsi, dans le Nord aucune réaction pontificale; dans le Miii] , aucune réaction impériale : tel est le grand progrès de l'ère dont nous parlons; les deux parties opposées de Tltalie ayant tourné leurs deux cbefe l'un contre Tautre par une alliance croiséet la Lombar* die n'a plus à convertir le pape ; la Sicile et Rome Q oûl plus à convertir l'empereur comme aux temps

334 LA ftiAcnoN pontificale rr nmERtAtE

(le Frederiql"; dans les deux régions, foule une moitié de l'antique réaction est vaincue et couiisquée au profil du progrès.

La réaction impériale ne frappe plus maintenant que les sujets directs de Tempire, tandis que la réaction

pontificale ne frappe qne les peuples de TÉglise, et il nous iaut considérer Tune aprcs 1 autre ces deux réactions.

C'est Frédéric II qui combat les podestats sur le sol impérial de la haute Italie, ^eu importe qu'il soit loimêine le podestat des 0eux-Siciles et très-supérieur par Fintelligence à ces seigneurs improyisés qui Tont

régner d'année en année de Milan à Plaisance , à Yicence ou à Trévise, souvent em pot tes par les vicissitudes tragiques ou vulgaires de Témeute; dans la comédie de l'iiistoire, les chefs sont des acteurs dont ie Mle> étranger à leurs idées personnelles» est déterminé par Torganisation et les forces des États; ct^ lorsqu ils régnent sur des régions contradictoires, les mêmes iiotnmcs sont nécessairement forcés de se contredire. Si la basse Italie élève Frédéric et le iete enpodestat légitime, si elle lui doit ses foires^ ses parleménts^ ses villes nouvelles^ sa carie de Capoue, sa transfiguration géographique; si elle ne peut se déta» cher de lui sans voir sa prospérité s'évanouir et le* royaume bouleversé par le pape , — la haute Italie le repousse , et en vertu des révolutions accoMi[>lii"s , elle spolie les châtelains qui le défendent, les tnuue daos Ses villes^ les soumet à ses podestats; il n^y a pasm hourg ses ordres soient exécutés^ où ses hommes soient respectés, où ses lois falsifiées et rotoarnéss eontre Ini par l'artifice des naturalisations ne soient transtonnées en instruments de torture contre les feu-

'■■ -COtffU -us fODISTATSw 335

dataires de Tempire. Frédéric ne peut se sonslraire à la falcililé qui lui im|iose de combattre les podestats, despotes nomades qui représentent la liberté de la faerre aux châtelains. Il a beau être doux , éclairé et doué de cette large indulgence que donne le mépris des hommes joint au sentiment de la force : les Lombards rinsultent, le provoquent, lui jettent le gant à la figure. La première fois qu'il traverse la haute Italie pour aller prendre la couronne d'Allemagne, la terre lui est si hostilequ'il passe en exile, évitant toutes les villes. Quand il convoque, en 1225, la diète. de Crémone , * la ligue lombarde se réorganise sur-lechamp; quand il la met au ban de Tempire, les podestats lui répondent par Fanathème de l'Église. Les princes de l'empire (jui se rendent à la dicte de Ravenne, en 1231^ sont obligés de se dégniser pour écha^f)per aux gardes des podeslals et aux poignards des citoyens. Milan se ligue, en 1234, avec Ilcnry le ûls révolté de l'empereur; il est temps que Frédéric arrive avec son armée d'Allemands, de Sarrasins et de châlelains. L^heure fotale de la réaction a sonné ; à chacun son rôle; le velariom di^ratt, les masques sortent des coulisses.

Que dira l'empereur? Comment altaquera-t-il cette masse changeante des despotes annuels? Ses paroles, ses gestes, ses colères , ses plans sont déterminés par l'Allemagne, qu'il représente devant les Lombards et où il Joue un troisième rôle également déterminé par la marche des révolntions. En effet, nous avons tu qu'en Allemtigne il était le grand consul de laledération ramenée à la tradition légale des empereurs de Gebelin après sa purification dans le feu de la démocratie velfe du dernier Bavarois, Otbon IV, Jeune, vivante agrès-

sife en Allemagne « la liberté consulaire le tourne

GOtitre Tanarcbie de la hante Italie qu'elle ne peut ni

accepter, iiicompreiuire, ni tolérer.

Toute la révolution alie[tia[ide issue du lr;iilé de Constance lui demande un combat consulaire contre la révolution italienne issue de la guerre aux châteaux.

Il ne saurait reproduire les vieux combats de Frédéric Barberousse, qui lutUiiten acceptant Fatlaque extérieure de la guerre municipale. Cette attaque est désormais inutile, les remparts la déjouent ; quand on les rase, ils repoussent tout seuls; FrédéricBarbei ousseaélé "vaincu , ^ou plan a échoué pour toujours. Cette fois, la révolution n'est plus dans les armées civiques qui sillonnent la campagne à la recherche de nouveaux confins; elle est à l'intérieur des villes, sur les places, dans les rues, dans les palais des coocltoyens, dans les maisons des citoyens; c'est là qu'il faut pénétrer, et Frédéric II devient le consul de tous les concitoyens, pour écraser le despotisme démocratique des villes romaines. Les nobles de Milan, les Sessi de Reggio , les Uberli de Florence, les Cocco de Viterbe , les Romano de Trévise» Vicence et Padoue , toutes les familles attardées, tous les cbâtelains en danger, tous les concitoyens exaspérés contre Tégalité qui les étouflé, voilà les troupes qui suppléent aux furies défaillantes de la guerre municipale; s'il s'oubliait, elles l'entraîneraient de vive force au combat. Les Roiiuuio, les Lanzavecchia, le taux peuple d'Alexandrie, une fouie de nobles Tobsèdent de sollicitations pour qu'il écrase les citoyens des villes romaines; mais, au contraire, dans tontes les villesmilitaires, à Pavie, à Vérone, à Gènes, en Piémont, à Lodi, le peuple n'attend que son arrivée pour se jeter contre les nobles, tous ici du parti de la ligue louibardt^

COMTAÈ LEÂ POOBStAtS.

et de Milao. Il s'agit d'envelopper la haute Italie dans un réseau de tours , de donjons, de forteresses et de

gouvernements aristocratiques agencés d'après la stratégie longobarde de Pavie et ralliés aiu peuples des villes royales.

La substitution de la guerre intérieure à la guerre extérieure est le premier fait qui frappe Tesprit et qui transforme les conditions de rilalie dès que Frédéric se présente. La réaction commence en 1336 et finit à samorlcn 1250. Dans cet intervaUc, la guerre municipale se calme à dessein pour laisser le champ libre aux discordes intérieures; les amis de l'empereur évitent la campagne pour chercher leurs ennemis sur les places publiques. Ëo effet, de ilOO à i 154, les villes avaient été 384 fois militantesr de HU à 1208, elles ravalent été 688 fois, presque le double; dans les quatorze années, de 4208 à 1222, les batailles Vêtaient encore niullipliées et les villes s'étaient [)résenlées 291 fois militantes, tandis que dans la proportion antérieure elU'S n'auraient du Tctre que 178 lois. Dans les quatorze années de 1222 à 1236, les guerres avaient encore augmenté et donttaient le chilTre de 449, à peu près double du précédent. Mais dès que la réaction commence^ depuis 4236 jusqu'en 4250, nouvel intervalle de quatorze aniiccs , le nombre des batailles tombe tout à coup de moitié et les villes nesontqueplns 214 lois militnntes. La guerre sMnterne, les combats domestiques l'emportent surles combats extérieurs, tous les eÛ'ortsse concentrent dans la lutte des concitoyens qui fondent sur les citoyens au nom de l'empereur, afin de les accabler par des coups de main désespérés, par des surprises nocturnes, par des massacres imprévus, par des insurrections foudrojanles. Ason passage, 1 eaipercur éveille

Sâ8 LA RÉACTION i'ONTIFlCALK ET IMPÉRIALE

mille iuii|ulte9 sanç que Ton «ache isominçot, el ei| voyant les tragédies qui se multiplient sur 9a route sans liaison apparente avec son action personnelle, on le

dirait un monstre qui bouleverse les esprits en trataaut après lui les miasmes d une folie contagieuse.

Mais la reaclion doit tomber devant la liberté toutepuissante de la guerre; son effort pour donner la victoire à un pariî est insensé^ quelles que soient la force ^ la prévoyance > la ruse de Fimmense conspiration qu'il organise ; nous avons vu que la guerre intérieure ne peut pas plus finir que la j^^uerre municiiialo, et l eun/ereur devient un chef de parti dans un combat sans issuCi où aucune victoire ne saurait être définitive. §1 les cbfictloj^etu des villes romaines le suivent^ les cî<toyens plus nomlireux le combattent; si les citoyim des viUes miiUaim Fappuyent, les concitoyens, aidés par la ligue lombarde, le supplantent; s'il apporte un appoint d'Allemands et de Sarrasins à Vérone ou à Favie, aux Cocco et aux Jîomano, les villes romaines et tous les concitoyens des villes militaires se rallient au pontife, qui leur donne pour appoint Texcommunication , llntrigue et Tanathème. La guerre est organisée contre les deux chefs ; tous deux sont à la fois suze» rains et vassaux Tun de l'autre, révolutionnaires et réaclioniiaircsl'un contre l'autre, suivant les régions où ils se rencontrent, et la lutte des citoyens et des châtelains, transportée dans le pacte de Cbarlemagne, résume Ti m possibilité générale de toute solution. Partout Frédéric II est vaincu comme son aïeul Frédéric Barberousse, partout les tragédies et les discordes se multiplient avec une nouvelle recrudescence.

Au milieu du chao< des ^^yerrcs civiles et municipaies, au milieu des tumultes les plus variés^ l'Iûstûire

Dig'itjzed by

coMnui Lia foputAft. 939

de FrédéricII dans Ifi haute Italie se dessine foi l simple, quand on se ra[)pelle qu'elle est la tentative etUd^ faitâ d'une réaction contre la guerre intérieure.

Vérone avec ses eilaytH» attendait rempereur pour déTaster les TîUes de la Marche. Noos avons vu son chef, SiêHno de lUmano , sotlidter lui-même Finterventioii inipcnale;, et certes bi Frédéric devait être accueilli, victorieux, appuyé, c^était dans la capitale ÙG Bérunger, où les pensées les plus rétxQgrades et inallaisantes pullulaient au milieu d'une démocratie prèle à ennoblir tons les crimes et à leur donner des propoi^ ti<Mi8 colossales. Frédéric y prodigue lesbienfoits; ses diplômes déclarent inviolables les Romano , chefs des citoyens; ses ordres les iiujjosent aux villis liv.ilcs de la Marche; sa filh; Selvaggia épouse JKcWi no; ses Sarrasins, ses éléphants, ses Allemands , s'élancent à la poursuite des châtelains, amis de la démocratie romaine de Padouo ^ de Tréyise et do Vicenee. Hais à ifuoi bont II ne pent les joindre; le chef de la famille d Est, qui causait avec ses capitaines, s'eavole en passant devant le château des San-Boiiil'azio , et on ne peut le reprendre derrière le pont-levis qui se relère. Eeelino seul peut le vaincre, mais il combat pour son compte. En 1345, Vérone gronde et éclate . contre Tempereur, suspect de vouloir régner; oUe ne le secourt pas sous Parme, et à son premier revers, elliî chasse les Allemands du cbùlcau de MuuV se lice.

£a 1237 y Frédéric 11 ordonne àPadoue de recevoir dans ses murs Eeelino de Homaiio, nommé son vicaire. La lourde république, que sa longue prospérité a héb^ tée, se laisse déborder par la peur ou par une folle pru-> dence; elle n'o&e pas refuser le châtelain qu'elle a cruel-

340 LA vààenm mmothuli it iicriatALt

lement outragé , elle espère que le yicaire oubliera le chàlelain , ou que les nobles s^ i ont faciles a contenir. Voila Ecelino devant ses remparts avec les Allemands de Tempereur ; il se baisse sur son palefroi* ^ et il baise les portes fermées qui tournent sur leurs gonds pour lui donner passage; elles s'ouvrent enfin devant lui. C'est dans ces rues, dans ces places^ sur cette mullitude qu'il doit se venger d après les promesses fatidiques de son père, et bientôt les proscriptions commencent, et le gros rire des bourgeois est remplacé par des scènef de terreur. Mais qui triomphe) c'est £celino qui supplante sur-le-cliamp le podeslatallemand> et Vérone qui étend son sinistre rayon sur Padoue; Tempereur est oublié, Irabi, abandonné.

A Vicence, le podestat Azzo d'Esté décrète la peine de mort contre ceux qui prononceront le nom de l'empereur; mais Tempe reur, Ëcelino de Romano et les concitoyens exilés enlèvent la ville trop faible et prétentieuse^ et la livrent au sac sans même distinguer rami de Tennemi. Le chroniqueur Manrisio et un no* taire, son ami, concitoyens fanatiques, sont eux-mêmes emprisonnés, garrottés, spoliés de tout, complètement ruines, a Le notaire et moi , dit Maurisio> nous défen- « dions toi^ours ouvertement et franchement de suivre « la ligue lombarde, et en toute occasion nous disions « des choses qui servaient à la plus grande gloire de « l'empereur.. . Quelques-uns favorisiiienl l'empereui, « non pas qu'ils fussent de ses amis, mais par eûu vie, en haine des Milanais et des Lombards; nous le a secondions par amour des messires de Romano, et a par respect pour messire l'empereur, » Le pauvre diable ne savait plus dans quel monde il était; cependant Tempereur part, et obéissant à la loi de la guerre.

GOIITRB LES PODESTATS. 341

la Tille continue à se déchirer comme si jamais elle

n'avait été envahie.

TrévisL élait à Âlberic, frère d'Ecelino de Romano, chef des conciloyens contre les citoyens qui suivaient la famille expulsée de Gamine. Ici Frédéric II y protecteur des concitoyens en général et des Romano en particulier, ne peut compter ni sur la yille^ ni sur AJWte. La ville, indignée de se voir primée par Ecelino et sacrifiée au souvenir d'une capitale odieuse, brûle de se jeter dans le camp opposé de la ligue lombarde, Àlberic rencourage dans cette tendance [lour conserver sa domination, doublement menacée par rémeute populaire et par l'ambition de son frère , et c'est ainsi que Trévise, alliée des Lombards, répudie jusqu'à l'apparence de la soumission à Tempereur.

En 1230 , rinflucncc ini[)ciia'e arrive à Mautoue comme un miasme: les^t)t?oca(i, les Calorosi, les Fisconti, les Visdomini, tous les conciloyens emportés de colère conspirent contre l'évéque protecteur de la faaiille citoyenne des Agnelli , et, le surprenant une nuit dans son lit, le frappent de cinquante coups de couteau. Mais au malin le peuple s'insurge, et on commeocc une ^^uerre furluusc (jui thn'e plusieurs aniices avec de bouclieries alternées, a Au milieu de tant de « confusion, dit Platina, il appert que la ville iuten- « fièrement dévastée , et abandonnée par un tiers des « habitants. Souvent les exilés s'efforçaient de rentrer, « et ils s'avançaient par Pincendie en massacrant tous «r les adversaires qui tombaient entre leurs mains.» Quel que fût le parti victorieux , l'oiidiilaiiuii de la guerre et des dévastations enlevait Mantouc aux vicissitudes personnelles de l'empereur.

Ferrare, centre loogobard, dans les marais, en face

343 LA aÉACTIOR POHTIFICALB BT IMPÉRIALB

de la splendide Yenise, ne ee défend qu'atec l'appui del

citoyens du parti de l'empire, eommecem de Vérww, de Pan'p , fie Crémone ou de Lodi, et leur chef ,, guerrier comme ses alliés les liomauo, est i'oreiit Safinguei m on saillaot-en-^ucrre^ ainsi que traduisent les ciironiquesi parce quii refouie son adTersaire Acxod'Ëste, elle force à végéter dana la campagne malgré um nom illustre et ses alliances aTec Venise , Padoue, Vicence, TréviiBe et Ravenne. Pour ajouter une nouvelle force au chef delà ^ille militaire, Frédéric 11 le nomme duc de Toscane; mais ceite dignité, artiiicieusemeni entée sur une chétÎYe dictature citoyenne^ n'ajoute ri(en à sa force et ne cbange pas les conditions de la Tille militaire^ forcée de suivre sa destinée^ abstraction fbite de l'empire. En eflet, Azzo d'Esté parvient à faire nommer un évèque de son parti"; il gagne des partisans j^armi les riches citoyens^ il réduit, en 1243^ le Tieux Salinguerra à démander un sauf-conduit pour négocier la paix; et, après aToir méprisé les 8auf-<:onduits qu'il accordait aux châtelains dans ses temps de bonheur, on le v^it harassé, éperdu, tomber au confères comme l'oiseau dans la gueule du serpent. A peine est-il entré dans la salle, Tra- Tersari de Ravenne se lève : « 11 faut, lui dit-il, que « Dieu ait voulu Vôter la raison pour que tu aies esé « venir parmi nous, chargé de crimes ! » SaHnpurrà teut parler, mais on frappe deï pieds sur le parquet, on couvre sa voix par le bruit, on l'eVilève, on le livre aux Vénitiens, et il disparaît pour toujours dans les prisons de Venise, (pii s'empare ainsi de Ferrare et l'opprime do [)r()seriptions et de vexations inouïes connues sôns la dén(miination de t pacta vetera. » Deux ans plus tard, Ferrare se rélève indépendante; mais c'est pour déserter à Jamais lepailà impérial, potartom-

ooirriiB LIS tovtsftàXê» 343

ber tous le marqnis d'Esté, nomftié podestat, aux appointements de 3,000 livres de Bologne, et pour voir quatre cents de ses citoyens condamnésà mortel quinze cents familles populaires expulsées.

En Lombardie, la réaction glisse sur le sol^ encore plus impuissante. ^Ainsi Brescia se d^age du siège de Tempereur, et Tannée sniTante la guerre civile continue plus Tiolente que Jamais. « A cette époque, dit lë V chroniqueur Malyezzl, surgit Ufl secte inique qui et leva la main sur la patrie s'appelait des Malisardi et a méritait bien son nom, car, toujours cruelle, elle ne « cessa de combattre les citoyens. » — Les citoyens de Milan sont battus à Cortenova par l'armée impériale, où ils perdent leur podestat, leur carrœcio et dix mille combattants qu'ils laissent sur le champ de bataille. Il n'importe ; la vietoirè de CoHenoTa reste stérile pour Tempereur comme la guerre municipale , et Milan, protégée par ses murs , poursuit en 1241 Tborrible travail de ses guerres iiitci leures.

Les villes royales de Lombardie suivent Tempereur ; mais pourquoi ? En 1238, il brise les Sommariva, concitoyens qui asserVissaient Lodi a Milan, gardienè dline porte toujours entre-bftîUée pour s'ouvrir aux inyasions mllanafses. Et la ville, ranimée comme aH temps où Frédéric Barherousse en relevait les remparts, poursuit son combat contre les concitoyens, en attaquant le? Abboni^ les Azzari, les Sacchi, qui continuent la tradition des Sommariva et séduisent, en 1245, les consuls qui sont d'ailleurs ex puisés.— Pavie suit Frédéric II, en haine de ses concitoyens. ^Crémone renouvelle en \M «es futies intérieures , plus violenteiqûe Jamais. ^ Tout le Piémont est impérial , jusqu'à Suse, avec ses villes militaires qui imitent Pavie, Lodi, et

314 là HBACIiOli POHTinCALB El IMPSaiALB

Crémone, a^ec ses peuples qui se déehaloent cootre leursconcUoycns, tousamisdes vîUesitmiiiines, et atec

les Imbitanls de Turin que Frédéric II piolc^eait dt!S 1228 contre les ciiàleaiix , en ordonnant aux Piossasco, • aux Bagnoli^ aux Caburro, aux Burgiani, aux Publici^ aoxScaiiogi, à tous les nobles desaientours, d'habiter la viile, d'y constraîre leurs maisons^ et d'observeiiles pactes faits ou à faire avec les citoyens. Hais lorsqu*en 1235 le comle de Savoie, citoyen àSuse^ à Cliieri, à Aosla, dans le Chablais, dans une foule de localités cacochymes, se fait nommer vicaire impérial et duc dans ses cen t res d u Chablais et d'Aoste^ toutes les coairadiclions du Piémont s^animent et surexcitent la guerre Intérieure. Cette opposition, que nous avons remarquée dans réiat binaire du Piémont-Savoie, cette lutte continuelle tixée par la guerre municipale, enUe Turin et toutes les localités qui a[)puient Chambéry et le comte, traduite dans la nouvelle guerre des citoyens et des concitoyens, donne en 1235 lecoml)al éupeupk de Turin, à la suite de révéque-citof en contre le comte Âmédée IV, concitoyen de Turin, précisément parce qu'il est citoyen de Chambéry, Suse, Chieri, Aosla et le Chablais. Lesvictoires s'alternent, c'est d'abord le comte qui triomphe, imposant un interrègne épiscopal de douze ans. Mais en 1246, Tinsurrection, victorieuse, le chasse; l'année suivante, un incendie se dédare,la ville est brûlée, dit-on, par le comte et parles nobles expul* ses. peut-être Pîncendle éclate-t-il au hasard , peutêtre le comle est il caluiiinie; mais alors pourquoi la loi fiodab: imposait-elle aux citoyens du Picmunt de construire les maisons de bois? Pour qu'il fût facile de les brûler ouvertement de vive force, ou, comme eo 1247, par une lâche surprise.

CONTRE LES PUOESTATS. 34îV

Âst, ville longobarde et piéinootaise, à la suite de rempereur » se retourne en 1341 » et neuf ans plus tard ses citoyens les Solari massacrent lesGottuari, eoiyd-

loyens. — La jeune Alexandrie voit arriver Frédéric II qui Tassiége, la prend, la saccade, el fîiillil la raser, à la prière de ses concitoyens, \es Lanzavecchia,qm demandent à bâtir une ville toute féodale sur un autre emplacement Cependant l'empereur part^ et en 1239 les Guasco, chefs de la commune^ chassent de nouteau les Lanzavecchia ; le marquis de Montferrat ne suffit à les réintégrer ni en ni en 4247 , el c'est à peine s ils obtiennent une trêve en 1250. — Verceil se révoltait comme Ast et Alexandrie.

La réaction impériale pénètre à Gênes, à la suite d'une conspiration où les concitoyens se proposent de massacrer les chefs de la république. Découverts^ ils sinsurgent , et le podestat convoque le parlement des lioimues artiiés pour dévoiler la conspiration et marcher sur Témeule. a Rosside la VoUa , dit-il, Jean « Slrejaporco refusent d'obéir à Tordre de paraître ; « les VoHa^ les l>ana, Thomas Spinola, Ubert A'mh 9 eato et leurs partisans » se fortiflent dans leurs maic sons et dans leurs tours contre nous et contre la a commune île Gènes : que voulez-vous faire?» Tous repondent que «les traîtres meurent, ne permettons • pas qu'aucun d'eux reste sur la terre. » Et on marche contre TinsurrecUon féodale; on démolit les maisons des Strejaporoo; on assiège celles des Spinoli; un instant, on s'arrête à la prière des moines qui Teulent sauver les Spinoli; mais la bataille recommence, les concitoyens chasses démasquent en fuyant leurs batteries, et au moment de la victoire les citoyens se voient attaqués par une ligue générale qui attire sur Gènes

346 LA miACTioR roimncALB bt wiSrialb

l'empereur, Pome, Alexandrie, Torione, Verceil^ NomrefAîba,Acqui,\esmarquisduMontferratyâeCeva,âe Carretio, de Â?o.?ro, les Painvicino, les 3fa(ns}jina, Crémone. L'année suivante^ Pontremoli et Parme se joignent à la ligue ; Savone et Albenga s'insurgent, et Pise recommence sa guerre séculaire...

Le délire de Manfoue se re))roduit à Reggio, et en 124-4 les 5cs5î, concitoycniJ, se jettent sur le podestat des marchantls, Uoberlo Lupicini, qui reste blessé. Réprimés par le peuple, ils revicnnnent à l'attaque Tannée suivante^ en fondant sur U s Roberti, chefs des citoyens; encore une fois réprimés^ ils renouvellent l'attaque aTec le secours de Tempereur qui arrive, et cliassent les RobertijlesFogliani, les Lupicini, les Bonifazio, lesPalude; la terre succonibe au parti féodal, de sorte que les citoyens doivent recommencer leur carrière comme s'ils n'avaient jamais combattu ; tout doit être refaiti même la guerre aux châteaux ; et la lutte recommence en se prolongeant à travers les révolutions d'une ère postérieure. — Modène suit Tempereur en haine de Boio^^ne, coinine Lodi en haine de Milan, ou Vérone en haine de Padoue , et au i)reinier souffle le vent de Tempire y apporte^ en 1237, le massacre de la famille desTrenti^ immolée par la famille rivale des Petrazzani. En i247, les citoyens expulsent les Âigon!^ mais Bologne les réintègre, en retournant la ville contre Fempire, sauf roiidulation , qui continue.

C'est la réaction qui réveille la guerre civile de Parme, encore latente et cndonnie, sous l'influence de Frédéric II, en i242. a Le seigneur Bartoio Tavernari, dit la c chronique^ fit rouer de coups le seigneur Senntia c de Enzuola, dans la rue : la même année^ Vecchietto € tua Sturbabato des Oldenzoni^ dans sa cour, et ce fut

GOMTRE LES PODESTATS. 34T

t poUr Tetoger les coups de bâlon donnés au seignetat ff ^natia : quant an susdit Bartolo, Il népni être tué,

« parce qu'il se gardait avec bon noiiibre de soldats. De a là vinrent tous les malheurs de Parme, et bien des ■ chevaliers conrimencèrent à s'armer. » En 1245, les Lupi^ les Gorreggio, les Rossi» chefs des citoyens^ s^exllent ^lontairement, mais ils se campent dans les cbâteailÉx des alentours, d*oû Ils bloquent les concitoyens. En 1217, ils les battent en rasi^ i aiupagne, les poursuivent dans lavîlle, le? en chassent eticsallendent de pied ferme en 1249, quand ils reTiennent^ au nombre de 3^000, en entraînant avec eux Tempereur et son armée. Le choc est affreux : ce soot deux républiqnes qui se heurtent, Tune civique, l'autre féodale. Dans la fureur des représailles, les assiégeants brûlent jusqu'aux femmes ; Tempereur pend un évôque ; les concitoyens demandent à exterminer la ville, et Frédéric fait tracer le plan d'une ville nouvelle qu'il appelle Vittoria. Mais un Jour il s'absente pour aller à la chasse, les assiégés dispersent son armée, brûlent son camp> et Vitloria imaginaire s'évanouiL coiiimo un rêve.

A Plaisance, rivale de Parme, la réaction donna des vertiges, et les citoyens eurent de la peine à se reconnaître, au milieu du tourbillonnement général de la CombardIe et du Piémont. Leur cbef, Guillaume Lando^ régnait presque en mattre; les chevaliers le redoutaient; à chacjue instant ils s'exilaient^ dépités, tremblants, irrités, forcés de le fuir; le peuple le suivait aveuglément; d'un geste il pouvait fjiire enlever les podestats, et ses hommes avaient plein pouvoir de massacrer ses ennemis dans les églises ou de leês livrer à la sainte inquisition. La démocratie, la religion, les moines, les assassins, tout conspirait à son

348 LA RBâCTlOll FORTIFICALV ET IIUN6uAI.1

élévation. En i236, il se fatigue d'être sinaple citoyen au service 4f tout le monde, et il conspire wcshtement avec Tempereur, lui promettant d'amener Plaisance dans le camp de la ligue impériale. Mais le

cardinal Pecoi ara le dénonce au peuple, et soudain la a socielc du peupie^dilMussijélutdouze capitaines pour 0 faire la paix avec les chevaliers. Dans la même jour- « née , les hommes du peuple parcoururent la ville ar- « més, firent rentrer tout le monde, et tout le monde, de a gré ou de force, prêta serment poar la paix. On enleva c la force publique au podestat et à Guillaume Lando... « Guillaume et ses fils, expulsés et complètement déa possèdes, se réfugièrent a (^l émoiie.» On rasa leurs maisons; on bannit leurs adhérents, les Pelavicino , , c quia tenebant pro imperatore contra Ëcclesiam ; » et en 1349 le flot irrité de la démocratie emporta même ces chevaliers, momentanément épargnés parce qu'ils avaient eu le mérite d avoir toujours combattu le grand seigneur démagogue : « milites Placentise fuerunt exa pulsi de civitate per popuiuui. »

Cependant la loi de l'époque interdit toute victoire définitive; et puisque Parme devientjcitoyenne contre Frédéric II , Plaisance glisse toute seule, avec ses concitoyens, a la suite de l'empereur. A rélection du nouveau podestat, les citoyens étonnés voient le choix se porter sur Uumbert d'Iniquité, partisan ouvert de Tempire , « nimis impériale. » Quand ils s'en plaignent^ les concitoyens font prolonger son pouroir de cinq ans; puis, subitement attendris^ ils se mettent à gémir devant le peuple ahuri : «Hélas! disent-ils, nos parents, a nos amis sont en exil, pourquoi ne rentrent-ils pas « dans leurs foyers; » et ils obtiennent l'amnistie des Palastrelli, des Lando, et d'un grand nombre de pro*

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scriis, excepté les plus compromis el G niWaume Lando, qui visait à régner. Ënfin^ changeant uae seconde fois de visage» au lieu de pleurer ils deviennent menaçants. Alors les citoyens comprennent que leur dernier jour approche el qu'ils vont succomber à une vengeance imminente. H y avait parmi eux Savagiaia, gueux influent, probo, hardi, sympathique, fascinateur de la multitude, terrible aujour des émeutes. Lorsqu'on avait voulu l'emprisonner^ il avait fait pâlir tous ses ennemis, et le podestat, à ses pieds dans sa prison» l'avait supplié longtemps de sortir libre sans attendre le jugement ; c ciaii en même temps l'un de ces hommes qu'on exploite au lendemain des victoires populaires, pour leur demander les plus dangereuses concessions qu'ils accordent facilement, parce qu'ils n'ont ni ïimplacable réflexion du politique qui connaît Péternité des partis, ni l'ceil pénétrant du courtisau qui devine la peiTidie dans les muuvoments oratoires des vaincus sur la générosité du vam iuciir. A[)rès avoir de sa rude voix décidé la proscription des Lundi» il s*était laissé entraîner par les Scotti , ses voisins, à prêcher et à décider ramnisUe partielle qu'on lui demandait les larmes aux yeux. Dés qu'il vit les larmes taries et le sinistre sourire qui les remplaçait, il se rembrunit, a 11 était triste, dit la cliÉoniqne, parce qu'il voyait «rentrer ceux qu'il avait fait chasser, bien qu'il cfût pauvre et de vile condition. » Il tenta de revenir sur ses pas, « en reconstituant le peuple , poursuit «la chronique» tel qu'il était auparavant» : bientôt le podestat le prit, le tortura, le jeta en exil, les os brisés; il disparut dans cette myriade de dupes que les cbroniques italiennes rappellent d'un mot, et le mouvement s'acheva par le retour de Laudo, qui désormais

ra«taa?ee les conciloyeiis, en adTersaires da peuple

et ouvertement rallié a l'empire. Tous <es cneiiiis parlireiU [H)uv Texil, même les clu viiliers qu'on poursuivit dans la campagne^ en leur lurùlant le grand repaire de Rivalgario. Mais Laadone représentait qu'une victoire iodigène» Tane des aombreittes vicissitudes de la guerre intérieure, qui se poursuit en dehors de la réaction et de Tempire.

En Toscane, Pistoie est atteinte du vertige impérial eu 1^37. a Chacun de ses deux partis, dit la chroc nique ^ avait son podestat , son prévôt, ses arts et f métiers aussi séparés que s'ils avaient formé deux

villes distinctes. » En les citoyens sont expulsés; en 1248, leur expulsion se renouvelle.— -A Sienne, le parti citoyen des Vingl-Qimire se jette, en li40, contre le parti concitoyen des Vingt-Sept, dont les palais sont rasés et les liommes si abhorrés^ que le peuple refuse plus tard de les adnoettre à préteç serment de fidélité. — se déchire par le^ TarkkH et les

Vlfertini aux prises avecrévêque, chef des concitoyenS| et pendu par Frédéric sons les murs de Panne. — Sau-Sepolcro s'agite avec les Bei nardini et les Acerbe, et «de grands carnages^ dit la chronique, s'eusuivi- « rentj à cause de la grande parenté des deux familles « rivales. » On les réprime, on les conUenti on les chasse même , pour préserver le bourg de la contagion des batailles. Mais en 4246 la sédition eelaLe plus iorle quu jamais, et en 1250, on expulse tous les citoyens qui IMifCut la ré<¥rtiQn impériale, — Pise, scindée dans les dçux camps de^ comtes citoyens et des vicomtes coneitoyensy accable ces derniers en 1240. -* Lucque% wn ennemie, veut être à son tour impériale, pour gui^plauter ses châtelains. — Ënûn les Uberti de Fio-

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reuce demanciçpi secrètement 1^ secours de l'emp^ reur^ et avec cette prudence florentine qui frappe à coup sûr^ ils fondent soudain sur les Buondelmonti citoyens, les chassent et rasent trente- six de leurs

palais ornés de tours, parmi lesquelles flguie l'admirable tour des Tosinghi à colonnelles de marbre, j is fu'à la hauteur de 86 brasses. Mais les exilés^ d'après Dante, apprennent Tari de reyenir ; et, pontificale avec les citoyens de Florence , ou impériale avec ceux de Pii$, de fA»cqu$$, de Sienne, é'ÀrezxQ et de San^Sepolcro , la Toscane reste dans roscillation deç guerres intérieure?.

Dauç la Homagne, t aenza , ville de démocratie et de démagogie j de brusques séditions et de surprises foudroyantes , se Tçit attaquée par ses concitoyens expulsés^ qui entraînent Tempereur sous ses murs et qui la

forcent à cédir après avoir épuisé toutes ses ressources. Des déportations en Pouille, de nombreux châteaux donnés ou rendus aux comtes de Cunio, et la domination de Forli> chargée de soutenir les châtelains, jettent la ville sous le règne d'une réaction à la fois impériale^ féodale et militaire. Hais au bout de deux ans, en 1238, elle se révolte avec ses citoyens les Manfredi, aux prises, par de terribles combats, avec^les Avarisi concitoyens, et c'en est tait de l'ascendant de l'empire. — Forli, qui reçoit de Frédéric la proie de Faeaza, sa rivale, marche ingrate, indépendante et progressive comme Vérone, et en 1242 la guerre civile éclate sans que Ton sache comment^ pour se développer de pins en pins forte à travers des révolutions posléiieures. — La grande amie de Forli, Ravenne, capitale des schismes, et main tenant siège de la diète qui décrète la réaction, se retourne brusquement contre remperettr;eniâ38ell6

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eti envahie par Bologne , par la ligue lombarde et les Traversari , qui chassent le parti impérial, démolissent

ses palais et jusqu'aux plus misérables maisons; et bien que la ville soit reprise d('[)iiis par Tempereur, elle se retourne de nouveau en l^itô avec les Traversari, qui renouvellent l'expulsion de la famille ennemie des Pollentani. — Gésène, Rimini, Forlimpopoli , Imola, Gervia, momentanémeni subjuguées par l'empereur^ se révolu te» l comme Faenza et Ravenne, — Vers 1245, la guerre civile règne à Todiet à Macerala; — Saint-Marin impériale elle-même avec son peuple , comme Lodi ou Vérone^ après avoir bravé l'ialerdit d u pape pendant deux ans y Unit) ea 1350» par se réconcilier avec relise. — Bologne romaine avec des colères romagnoles est saisie d'un frissonnement fiévreux qui crée coup sur couples luttes répétées entre les DelÛni et les Malatacchi , les Torelli et les Andalaï; les Ar lenesi et les Castelli; les Lambertini et les Scanabecchi; les PepoU et les Tettalasina. Mais en 1244 elle comprime ses convulsions par une paix générale, en 1249 elle bat les Hodenais et enlève le fils de Tempereur, Enzo^ roi de Sardaigne, qu'elle condamne à une cnptivité perpétuelle, le refusant aux menaces, aux prières, aux otTres de son père, et le renfermant dans un palais bâti exprès^ elle l'enloure de gardes et de citoyens qui se constituent pour mieux' le surveiller, ses courtisans par civisme, ^infortuné vieillit dans sa prison, captif de non* veaux gouvernemeuts eufaotcs [)ar des révolutions postérioin es et deux siècles plus tard, ses amonis de prisonnier transtigurées, par une tradition fabuleuse, servent à illustrer Torigine d'une dynastie citoyenne.

En 1240, Tempereur relève à Viterbe le parti concitoyen de ce Coffo qui avait bftti l'insolente tour dé-

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