LES GUELFES ET LES GIBELINS
Tempo di niorii e àt «iragi j ipieno.
Grossa.
CHAFITSB I
. L'OMQINE 0S8 PEUX SECTES.
FftMes du xizi« siècle sur l'origiDe dei guelfes et des gibelins. — Erreurs des éerivsins plus récents sur le même sujet.'^Les
deux secles viennent du progrès de la guerre civile au m<y» ment où les combattants méprisent les ordres du podestat.-— Caractères des deux sectes. — !<> Elles s© révèlent par une bataille rangée à la suite de lac^uelle une moitié des habitants partent pour l'exil.— 3« Leur'guenre est toute sociele.^^ Soumise à une nouvelle discipline sous la direction des capitaines du peuple.— 4« Associée aux combats et aux séditions des ■villes étrangères. — 5« Tournée vers le but de créer une nouvelle écrlîse démocratique ou un nouvel empire légal. — 60 Sans solution et éternelle comme une antinomie métaphysique. — 70 Elle crée un nouveau peuple plus nombreux. — 8^ Et prend possession de toutes les contradictions économiques de la guerre mttnicipale.«*^s perspectives variées expliquent les diverses opinions sur Forigine dés deux sectes*
A la mort de Frédéric U, la lutte des citoyens et des concitoyens cède la place aux combats mille lois plus atlreux des guelfes et des gibelins. LUoterrègue de reinpire dura trente ans pour l'Allemagne^ soixante pour ritalie> et tous les ans la guerre guelfe et gibeline grandit, s'étend et s'enyenime, pour durer, à travers des révolutions postérieures, jusqu'aux derniers jours de la renaissance italienne.
Pourquoi ces fureurs , pourquoi ces horreurs à rinstant même où l'Italie échappe au joug de l'Ëgiise et de l'Allemagne î Chaque TiÛe nVi^Ue pas sui^ monté la réaction^ N'est-elle pa» libre de garder ses podestats modéralcurs de la guerre universelle? Uni eaipéelie les Deux-Siciles de rester sous un roi? Qui défend aux lombards d'adorer le pontife ? Ënfin ,
*J96 l'originr
pourquoi ces noms ei ces sectes déreoues provorbiaies pour caractériser la folie des hainea d'Italie f
Les chroniqUèii^ dôntemporaîns i^oiitent un nouveau mystère au mystère des deux sectes. Les uns
disent (^u anciennement deux frères^'un appelé Guelfo. et Taiitre Gibeiino, étant en lutte, soumirent leur différend à l'empereur^ qui donna gain de cause à Gibeline. Alors GueUo dégaina Tépée et Qi appel au pape, en commençant la guerre qui devint plus tard celle des guelfes et des gibelins. Telle est TexpUcation de Jean Villani, qui lait planer ainsi sur l onumo do la lullc deux frères fantastiques» deux spectres d'une nivtliologie bizarre, desUnés à perpétuer par enchantement la fureur d'un premier combat. Chez Saba Malaspira, les spectres sont deux femmes féeriques qui descendent du ciel en se combattant, et quand elles touchent la terre, elles transmettent soudain aux mortels des fureurs incounues, et les discordes se multiplient pour devenir éternelles. Chez Azario, les deux fées deviennent deux démons, Gebel et Gualef, qui 8*emparent des deux glaives tombés des mains du pape et de^Tempereur, et poussent les humains à des ba« tailles acharnées. L'auteur de la vie de Colu de Rienzi remplace les démons par deux chiens de Florence. « Un soir , dit-il , que le bas peuple (j m liait sou « travail après le souper» deux chiens, s'attaquèrent « dans la ville de Florence. L'un s'appelait Guelfe, « Fautre Gebelin; et toute la canaille arrivant à ce bruit a favorisait, les uns Gnelfe , et les autres Gebelin. » De là roriginiî dos deux sectes. Mathieu Villani se lire d'embarras par vm jeu de mots. D'a])rès lui , les «guelfes sont ceux qui gardent la foi (guarda-fé), et les gibelins sont des guides de guerre (guida-belli) , et ils se pré^
sentent toujours en effet en provocateurs de <|aerelles et de combats. Les plus savants chroniqueurs répètent tous la même fable de Gnelfo et de Gebelino. <t A quelle
ff époque, dit Georjre& Stella, ces deux noms d'enfer de a guelfes et de gibeUiitj sont arrivés en Italie, et com- « ment s'y sont-ils propagés? Je n'ai pu le savoir, si « ce n^est par la chronique florentine;» c'est-à-dire par le récit de Guelfo et de Gebelino. Les chroniqueurs étaient pourtant contemporains ^ d'ailleurs ils appartenaieiil eux-mêmes à 1 une ou a 1 autre desdeux sectes, et ils ignoraient la cause de leur propre combat. Au cœur même de la lutte, en i^O, le pape Grégoire X disait aux magistrats et aux seigneurs de Florence : « Les n(»ns de « guelfe et de gibelin sont-ils connus de ceux*là mêmes « qui les prononcent? » Gomment se fait-il que les Italiens s'entr'égoF^j^cui et qu'ils ignorent le motif de ces massacres ?
D'autres écrivains très-éclairés expliquent Torigine des deux sectes par un combat domestique qui aurait éclaté au sein de chaque ville : à Ferrare, à propos de la Machesella; à Florence^ à cause de messirefiuondelmonti ; ailleurs, pour des raisons analogues. Telle est la théorie adoptée par Machiavel ; et il montre les guelfes et les gibelins i^uunie des factions folks et accidentelles, de vraies a iiuiueurs, » maladies ou pestilences indigènes, nées d*une malédiction primitive qui divisait les citoyens. Indigné de les voir déchirer la patrie, il les accuse de bouleverser Florence pour des causes futiles, l'exposant sans cesse à Pintervention de Rome, de Milan, de rAlleina^ue et à des désastres continuels inilie lois plus forts que toutes les ressources du gouvernement llorentin. En effet, les guelfes et les gibelins se rallient au pape, à Tempereur,