‹ 520 pChapitre 55 sur 67 · I. OKIGI^K · texte numérisé non relu

I. OKIGI^K

à rétranger; ils dinolTent la oommuoe; ils rendent inutiles, en apparencedarooins^laYidoiredeLegnanOy la paix de Constance, la magistrature dn podestat, et

condamnent la péninsale à l'anarchie en lui imposant une déviation unique , inouïe ^ exceiilionnclle dans rhistoire de tous les peuples. Mais comment attribuer ce désordre, cette anarchie, grande comme lltaliei à la Harcbesella, à messire de Buondelmonti, à des ren* contres accidentelles, fugitives ou futiles? Les mariages rompus, les enlèvements, les querelles, les duels, tous les hasards enfin de la vie étaient-ils un privilège à iltalie ? N'auraient-ils pas dû engendrer des guelfes et des gibelins dans toutes les villes de la terre , depuis ie commencement de l'histoire? L'explication de Maddavel revient au meurtre de Guelfo et de G^idlno, autant de fois multiplié qu'il y a de villes en Italie , et le génie de la politique italienne se trouve ainsi endelaut sur son point le plus décisif.

En général, les écrivains et les historiens c<mfondeni, comme Poggi, les deux sectes nouvelles avec les deux grands partis dn sacerdoce et de Fempire^ et il est incontestable que les gueités arborent le drapeau de itglise , et les gibelins celui de l'empire; que les Welfes de Bavière ont été les défenseurs les plus fermes du saini-siége, que la maison de Gebelin n'a pas cessé de combattre lespapes;;que TAllemagne a été ainsi scindée en deux partis opposés. Cependant , de là aux guelfes et aux gibelins il y a tout ua abîme. Les deux sectes ne maicbent plus à la suite du pape et de l'empereur, et ne s'enquièrent plus des évêques élus ou des évéques imposés; elles agissent pour leur propre compte, en profitant de la Vbevié du grand interrègne qu'elles repoussent sans cesse. Quand bien même elles voU"

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• draient suivre encore les dues Welfes ou les empereurs de Gebelin rAllrmngne ne saurait plus les leur donner. Depuis Olhon IV;, les Welfes sont s^a ris pouvoir, eldepuis FrfHléric H, \vs j^eheliiis se dispersent comme leurs anciens adversaires. Dès l'2r>0, l'empire échappe ù la dynastie de Bavière et à celle de Franconie pour se livrer à la guerre des citoyens et des concitoyens d'après limpulsion reçue de Tltalie. Pourquoi donc les Italiens se déchireraient-ils plus (jue d'autre fois les AUeniands |K)ur une (jnerelle oubliée de rAlleinagne? Et s'ils continuent celte guerre insensée avec robstinaliou d'une folie inspirée par deux fées ou démons , pourquoi ne prennent-ils pas les noms à* Alphonse de Cas^ titte, de Richard d'Angleterre » d'Albert d'Autriche ou ^Adolphe de Nassau, en un mol, des empereurs qui se coniliatlent en Allemagne? L'obsciu ilé est profonde, et Bluratori qui attribue aux sectes allemandes la nouvelle lutte de litalie, s'emporte encore plus que Machiavel contre cette sédition dans laquelle ii ne voit qu'un « mélange de frénésie et de démence, des sectes < diaboliques et maudites, des batailles et des combats « innoml)t altlt s ]»onr de vains riKHs. sans considérer si « on t^aet iliail les richesses , le sang et la vie pour une « cause juste ou utile. » Comment, en efil'ct, une guerre d'étymologie pourrait-elle produire de pareilles conséquences, à moins que la racine des mots ne fût douée du pouvoir magique d^évoquer les démons de l'enfer?

Non, les guelfes et les gibelins ne viennent ni de deux treres inconnus, ni de deux fannih s municipales, ni des Welfes et desGebelins de l'Allemagne, surjiassés en Italie par les consuls, par la guerre municipale, par la guerre aux châteaux, par la lutte enfin des citoyens et des concitoyens. Cette phase qui, après la chute du

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