LES GUELFES ET LES GIBELINS
qui défient militaire, exige déjà que tous ses magislralê Mieol dn pirtide l'empire. Les Vîsconti, les Guaiandi, kt LanfraDChi» les tomondi» les Orlandi, les nobk's de Ubrafratta, hostiles depuis lesUppeiànghj de
Marti, voilà les guelfes de Pise , chiens maigre», rusés, tourmentés par la faim, «cagne magre, studiose, e « conte, » qu'oa expulse la première année du grand interrègne. Lears ennemis les gibelins s'organisent en créant le capitaine du peuple, qui surpasse la dictature impartiale 4u podestat. Pîsloie, que Dante signale comme un antre de bétes fauves, abrite dans ses nuirs un penpie gibelin , sous la direction des Pandalichi, toujours altéié du sang des guelfes, que dirigent les Concellieri,atnis de t lorence. Dam le court intervalle de %iugt-un an, de 4340 à iâ61, ces derniers sont chassés quatre fois...
Les villes ennemies de Milan sont toutes gibelines nar le peuple et guelfes par les nobles ; ainsi, le peu|46 (le Pavie suit \e& Becraria , fauuile de citoyens qui tire l'épée contre les Langusco, anciens comtes de la ville que Frédéric Barberou^se Irouvait réduils au paire de Loraello.— Les citoyens de Lodi s'attachent au sort des (herçnagkij andeos ennemis des Sommariva, ehâielâins que Frédérus il dé|iortait dans la BoqiUe eU baiucdcMilan, l* ut alliée. Les Somniariva ne pouvaient plus re{>araître, niais ils léguaient leur vengt»ance aux Vistai'ini, qui devenaient guelfes à la tète de toys les proscrits. «La première année du grand interrègne, M ditViilanova,les factions recommencèrent piuafieHes « que jamais; les Vislarim invoquèrent le secours di^ « Milanais, les Oeergmghi celiii des Bmto de Doara^ 8 chef de Crémone, et le jour do ia SaiiiL- Laurent, les V uns et les auti'es rentrèrent dans ia ville appuyés par
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a des troupes étrangères pour se battre dans les rues. » La victoire, longuement disputée, restait aux Vistarini
et Lodi pliait de nouveau sous le poids de Milan, qui imposait sa conquête et ses hummes sous prétexte de pacifier les partis.
A quelques lieues de Ainiini, qui joue toujours so^a r61e romain, Césène se comporte comme Lodif Pite, PiiUne et Favie; et dans Fère du grand interrègnot ses citoyens, les Arrighi deviennent gibelins, tandis que ses concitoyens lesRigbizzi arborent i aigl'3 rouu:e des guelfes. En 1254, ces derniers tentent de ciia^scr leurs adversaires, et tout à coup ils sont eui-méines brûlés, décapités^ foulés aux pieds; ceux qui échappent au carnage Venfuient à Rimioi chez Tennemi. Hais aucune expulsion n'est définitive et plus tard la guerre se renouvelle avec des victoires alternées. . .
Les Ttidertes , toujours ennemis d'Orvieto, dmieîinent gibelins, et ils débutent en cliassaut les guelfes malfaisants qui ne reviennent qu'avec le secours des comtes d'Anguillara.—Gbiusi se révolte, toujours avec le secours des gibelins de SUnM , tandis que ses concitoyens lui imposent sans cesse le j o u ^ d'Orvieto. — Le peuple de Macerata se défend en combattant ses cbàtelains les Carbonesi, anciens ennemis, jadis forcés de céder le cbàteau de Lornano, et depuis concitoyens funestes, comme les Dberti à Florence et les YoHa à Génes> et expulsés en 1239. A la mort de Frédérie II, ils s'Imposent par le pape, mais Tannée suivante, liacerata les chasse, rase leur château et se rassure avec le seconrs gibelin de Main{roy de Sicile, au reste, ne peut pas empécberune nouvelle ondulation, où le pape frappe la ville et la soumet à Tevêché guelfe de Fernio. Itrracina, cet ancien centre des Volsques, continue
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avec les gilielins et avec Mainfroy de SieHe sa gueM
indomptable contre le chef de la \iile éternelle. — Forli ne vit que de h:n"nes et de batailles avec des citoyens qui sont tous des soklals et des amis de Ravenoe aux traditions gothiques et royales contre Faenxa, ville d'industrie, de commerce et d'irradialioa pacifli|ue; en son peuple voit poindre les guelfes et soudain il en lue dix-sept comme des êtres immondes et chasee les autres, en resserrant Falliance avec Tat t lievôque de llavenne. Cinq ans |)lus lard, Simon iMaslayuerra détrône tous les nobles, en chef des gibelins j et, chassé en 1260, il connaît la voie du retour. . . — La république de Saint-Marin naît à répoque des deux sectes et gibeline , pour défendre sa montagne contre le rayon guelfe de Rimini. Ses premiers actes (le \ilalité sont des b.itailles a la suite de Frédéric II; s-on sacre est l'interdit du pape, qui diire deux ans, de l!248a i2:)0, et sou premier essor, dans les premiers jours de l'interrègne, consiste dans l'irradiation de ses citoyens, qui s'étendent par la conquête de quelques châteaux moléculaires qu'ils achètent aux Carpegna, aux Ouîdoni, aux Montefeltro. A l'air iil)re de la montaLiic, on pourrait se croire à Sehwitz au moment ou les Suisses renversent les châteaux des Habsbourgs; mais i'évequede San-Leo sij^qie en suzerain les achats des châteaux ; les Montefeltro cèdent à l'amiable; tout le monde sert la petite république dans la certitude qu'elle restera dans une enfance perpéluellCj quoique toujours féconde en*Soldats contre l'expansion de Riiiiiiii.
Les colères de Forli, la fierté de Sienne, la rngc concentrée de Lodi, les alarmes sanglantes de Pif^e, les éclats d'iirezzo» toutes les fureurs variées des ailles mili-
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(aires ne sont rien comparées à l'essor sanguinaire du peuple diî Vé roïie y ^ïbeWn à son tour contre ?es iiohlcs qui voudraient lui arracher la proie de Padoue , de Vicence et de Tréviae. Soaclief esiEcelino 111 de Romano: men, fil^d'arieu^ Youé au culte des astres, foulant aux pieds tous les miracles de l'Eglise au nom de l'astro* logie, cette première liberlé scientifique du mofen âge, capitaine inco tiparable, politique à l'illnmioalion foudroyanle, daii^l èn^ précédente, il n'étnit (juele plus civilisé des citoyens, et iMaurisio, qui assistait à ses premiers combats y le montrait loyal et humain. Frère de Gunizza^ Vénus catholique Inépuisable d'amour; ami de Sordello, le « gentil Lombarde , » fils d'Adetais de Mangona, vénérée connne une sibylle antique, il refusait son père au papequi le réclamait pour le livrer aux tlauiines de la sainte inquisition. iMaisaii jour des deux sectes, le génie de Vérone lui demande des hécatombes de victimes» et tout à coup son histoire se développe par une longue série de massacres mêlés de conquêtes efiFh>yables. Le sang qu^il verse lui donne la force de l lioniinc en délire ; dès les premiers supplices tous les chefs ^il)elins enchaînés à son sort tombent au second pian. Sous sa duection , Buoso de Doara, chef de Crémone, Alberto Pe/avtctno,feudaiaire de San- Donnino, constituent avec lui le triumvirat des gibelins lombards; partout où Fou brûle d'exterminer les guellés, on invoque Ecelino comme un chef indispensable, et son élan est tel qu'il s'écrie : « Je surpasserai Charlemagne î » Sa pensée embra^^se toide la haute Italie, son plan est de relever Tancien réseau militaire , son doigt marque Mantoue d'une manière toute moderne, comme le seul point important. «Mantoue seule^ « dit-il, m'enipéche de subjuguer la Lombardie.» Mais
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à peine cette pensée d'unité coinmenre-t-elle à f)oin(ire dans îsoji esprit, qu'en i253, il se voit arrête par la ligue lombarde devenue guelfe, par la Bomagne^ qui se joint aili Lombards^ par Trévise, qui imite les Romagnolfl a?ec Albéric de Rooiano» et par les guelfes qui pullulent par milliers à Padoae , à Vicence» et même dans son centre de Vérone.
Il accepte le défi , et les proscriptions recoin inencenl plus violentes que jamais; ses ennemis périssent par milliers. On éteint les familles; on châtre^ on aveugle les enfants; chaque jour ce sont d'épourantables massacres. De vastes bûchers sont dressés sur les places où les flammes vomissent contre le monstre les impréca* lions des mourants; on tue pêle-mêle les accusés, les suspects, les coupables, les innocents. Un frère d'Ecelino meurt dans les prisons; l'un de ses fils naturels est à peine sauvé par le cri de sa mère; Brescia tombe soas le joug des gibelins ; les troupes de Virom font le siège de Mantoue : on no perd pas une heure, la guerre et la proscription s'avancent avec la rapidité d'une tragédie.
Mais la tourmente gibeline est poursuivie par une au lie luui inente (\ni s'étend à son tour, vaste, flottante et noire s l'armée guelfe que le pape transforme en croisade, et qui entraîne avec elle les familles d'Ëstej de Camposampiero, deSanbonifado^tous les peuplsi indignés, tous les tribuns des villes romaines, las moineS) les prélats, lefrère d'Ecelino, Albér ic de Romano qui règne sur Trévise, l'arche vèque de ftavenne, qui dirige le niouvemeiit, enfin jusqu'aux troupes bfzantines de Venise, qui est guelfe pour s'étendre eo terre ferme. La croisade assiège Padoue , l'entoure, faible^désordonnée, se masse autour des remparts, les cerne comme le flot inconsistant et irrésistible de IV
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céan; et quand on brûle ses machines, c'est lu Icu même de ses machines incendiées qui détruit les portes de la ville ainsi envahie, saccagée et ravagée.
fieeliao tue le premier courrier qui lui apporte sons Maatoue la nouvelle de la perte de Padoue; il est im* possible, absurde à ses yeux que ses troupes gibelines aient fléchi devant la cohue des croisés, et il faut que personne ne sache le triomphe des guelfes. Cependant que faire? Toujours combattre, tuer, massacrer? on ne peut reculer : le royaume ou la mort! et les proscriptions redoublent comme Tincendie sous l*ouragan. Ansedisio Guidotii^ qui n'a pas su défendre Padoue, meurt dans les affres de la faim ; onsse mille soldats de Padoue, qui servaient sous les drapeaux de Vérone, et qu'on ne pouvait m garder ni rendre , sont tous égorgés l'un après l'autre dans les prisons de Saint- Georges de Vérone. On démolit lee châteaux révoltés^ on extermine les guelfes qui se montrent, on mos^ sacre les prisonniers, et on fond en même temps sur Padoue où les croisés se débandent. Les Vénitiens senfuient; la ville ne résiste que par l;i loice de ses remparts. Mais si Eceiino perd Padoue, il entraîne Trévise dans son alliance, il ramène son frère Albéric sous le drapeau de la secte; il prend Brescia et la partage avec les deux autres triumvirs gibelins^ puis il la confisque entièrement en supplantant ses deux collègues inutiles. Ici un sut croît de proscriptions assure l'obéissance, et les citoyens périssent par centaines; les vieillards, les vierges, les relitricuses, nen n'est épargné; les habitants du village de Friola voulaient résister, et Hé sont tous aveuglés^ mutilés, passés au fil de Tépée.
Enfin la stratégie du carnage pousse Ecëlino suf Milan, qu'il veut prendre en tournant le dos à Mantoue.
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Il passe VOglio à Palazzuoio^ avec une armée admirable
à voir; il traverse TAdda et il Ié ouse à Vaprio les nobles milanais expulsés par les guelfes; il attaque Monza et Trezzo^ et il se campe à Vimercale, centre de celte Mmiesana féodale qui demandait à Frédéric Barberouns la démoUtion de Milan.
L'heure est arrivée où il ne peut échapper ni à la haute Italie qui demande une ondulation opposée^ ni à la fortune de la guerre qui veut alterner le sort des batailles. En arrivaiitjusqu'auxporles de Milan, il se trouve sans appui, en Tair^ pendu à une brandie de sadominatioD, loin de sa hase de Vérone, intercepté par les fleuves^ dans les serres de la ligne lombarde qui le traque depuis ses premières proscriptions , sur un sol embrase on U lie jieiit ni s'attacher, ni s'abriter, ni manœuvrer, et le jeu de la guerre où il doublail sans cesse sa nnse de cadavres pour conquérir ritaiie ne peut plus continuer; devant un nouveau jour qui se lève, tons ses trophées ne sont plus que de vides illusions. Les gibelins qu'il rallie provoquent sans cesse l'élan des guelfes ; les guelfes qu'il sacrifie se multiplient par milliers; ses vengeances appellent une série indéfinie devengeances;runité longobardequ'il ébauche ranime toutes les forces lédéraies de la terre ; sa suprématie sur ses propres partisans lui fait perdre ses meilleurs affidés; quand il unifie son armée par la terreur^ il immole ses capitaines, il décime ses troupes, il massacre ses soldats; quand il unifie sa politi(iue pour arriver à une conclusion royale, il est déserté par Pelavîcinoel Buoso, qui passentdanslecamp de 1 ennemi, et quand son impiété s^élève à une hauteur unique sans plus distinguer le bien du mal> les coupables des innocents, le crime du succès, quand il résume toutes les
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révolutions itaUenaes^ au Heu de créer un pouvoir spirituel au-dessus de Césnr et du Christ et de toutes les
lois du nioycii-àiic, il prcseuUi aux peuples épouvantés rimage d'un luoi inconnu, libre, effroyable, qui dévore toute la civiiisatiou de lltalie. La croisade poniilicaley ce mouvement anonyme, s'aitacbe encore à ses pas*' faible, désarmée» lâche, se débandant à chaque coup qu'elle reçoit, mais se ralliant sans cesse plus nom* breuse^ surexcitée par les moines, les prélats, les indulgences, les haines des partis, l'amour du sac et celui de Dieu; et c'est la croisade, (]ui, après avoir absorbé tous les hommes qu'il a outragés^ le cerne, le traque, et lui barre le pont de Gassano .avec son innombrable multitude. 11 s'avance impassible, et il fait de sa massue un cercle de cadavres autour de lui ; mats il est à la fois le capitaine, le soldat, rnrïuée : ses cavaliers, ses fantassins, ses troupes qui entourent le Lombards, ne sont qu'une création toute géométrique t extérieure de son • esprit, 11 7 compte, comme le mathématicien, sur ses chiffres , et tout à coup il s'aperçoit que ce ne sont ni des chiffres ni des jetons contre la mort. Blessé légèrement, il doit suspendre le conibaL ; son absence serait s i (lc[ oute. Au lendemain, il dédaigne le pont obstrué par rennenii, et par une nouvelle audace géométrique, il fait défiler ses troupes dans l'eau devant les croisés stupéfaits. Hais, cette fois, les soldats de Brescin qui avaient laissé derrière eux une patrie conquise et ensan<:lantée par le monstre, les derniers au défilé, font volte-face en foucbant l'autre rive : dès lors, il n'y a plus ni ordre, ni hiérarchie, ni stratégie; l'armée n'est plus qu'une multitude confuse, gagnée par une oscillation générale; elle ne tient plus que parce que les plus compromis, atterrés, se resserrent autour du chef.
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tandis (jue le*- autres sV ii écai letil, à peine contenus par un dernier reste de terreur. Kcelino tacilurnese replie sur Bergaine; harcelé par la cavalerie ennemie, il marche au pas comme le lion en retraite, mais il oe «lit plus que les ftiabiiudes macliiDaies de la guerre, à chaque instant^ les siens se débanilent ; un coup Fatteint enfin à la tête, et Tarmée en dissolution le laisse entre les mai us de l'ennemi. Buoso de Doara et Pelavicino, qu'il avait trahis. Tarraclient aux fureurs de la foule et il meurt sous l^ur tente au bout de quelques jours sans mot dire, sans rien prendre, sans que Ton sache si sa mort était l'œuvre de sa volonté, ou si elle était donnée par Tennemi. La scène dltalie n'avait plus de sens pour lui.
Quelle fut heureuse celle Vérone sous Eceîino, qui semait la mort et l'épouvante dans toutes les villes romaines de Lomhardie, de la Homagne et de la Marche 1 Elle vit son sénatdes Quatre-vingts démocratisé et porté à cinq cents, ses magistrats salariés et arrachés à la nobless*», qui s'en emparait, sa campagne déblayée A jamais de toutes les lours qui rencoinbt lient, ses châtelains en déroute et dans Timpossibiiite de se relever, ses villes rivales, les unes bouleversées, les autres dévastées, d'autresintimidées, ses armées victorieuses partout, et pendant des siècles elle devint si forte qu'aucune vicissitude ne put lui faire oublier les plans de son dietateur-citoyen. Les gibelins restaient toujours les maîtres : ^fflrfmo de la Scala remplaçait J^re/mo ; les Sanboniiazio, chefs des guelfes qui rentraient^ s'altendant à un succès, se voyaient expulsés au bout de trois mois, et le statut ordonnait Texil et la confiscation des biens de tous ceux qui auraient parlé de les rat^peler à Vérom*.* £n suivant les villes flagellées par Vérone, on re*
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tombe sous la loi (i(;s villes romaines où les citoyens sont gutîlfes et ies conciloyens tiibelins funestes et malheureux.— Qui attire sur Padoue le iléau d'Ecelino de Romanot Ce sont les nobles qu'on voit lourds et joyeux^ avec un faui air de bonsdiables, dans l'aDiioliambre du podestat d'Eoelîoo, comme e'its étaient ches eut. Sans doute, disent-ils, nous ayons appelé un Yautour, mais c'était nécessaire, ajoutent-ils tout bas; ou du mnius c'est ainsi qu'il faut achever leur peusee, quaiul ils lisent la table latine du milan et des colombes. Qu'on juge du désespoir du peuplequi se voit frappé^bftillonné, garrotté par des bourreaux véronals qui pendent, brûlent, ccartèlent les guelfes par milliers: les uns deyè* liaient fous , les autres se jetaient par la fenêtre sans savoii [ioui quoi; des magistrats exerçaient leurs ionctions avec des chaînes aux pieds, sous la menace de la potence s'ils ne faisaient pas exécuter les ordres de Fixons; et on Yoyftit s'élever la tour de Malte, épouvantable prison où pourrissaient pélennéle les morts et les mourants, sans air, sans lumière^ à peu près sans tiour* riture. Malgré tout, les gibelins tremblent, ils s'effacent derrière les soldats de \ érone : il y en a (jui succombent en voulant alléger le poids de l'oppression ; et quand la croisade guelfe arrive sons les rempftrts, le podestat é'Eedmo est seul^ réduit à faire tes patrouilles, h visiter les postes, à transpercer de son épée les bourgeois (jui le suppliaient de capituler cl a sVnfuir au galop avec un groupe des siens, (|uand le feu livrait au hasard une porte aux croi.és- Une fois ies croisés dans la ville, les gibelins s'évanouissent, personne n'en parle plus : la patrie est sauvée, bien qu'elle soit saccagée pendant huit jours, aux grands cris des chroniqueurs qui sont près de regretter Ecelino, mais quii)ublient la
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nécessité du sac, dans une ville prise d'assaut avec là fureur d'une seclc italienne, — Vicence est livrée à Ecelino par les Vivaresi, anciens concitoyens qui écraflent les MaltraTersi et qui se rattachent à Vérone pour éviter Tavalanche de la croisade qui emporte Padoue. —A Trente, c'est le comte du Tyrolj chef des gil)elins, qui jette la ville sous Vérone pour écraser l'évèque, ciief du parti guelfe des citoyens. — Trévise, qui reflète l'image de Padoue, moins les teintes rustiques et la lourde împréyoyance^ repoussait par ses guelfes la main de fer des Ramano, qui s'efforçaient de Tenchalner à Vérone. Elle réussit à moitié en tournant Albéric de Romano contre son frère EeeHno , et pendant dix-huit ans elle se place ainsi dans le camp des Lombards et sous le drapeau des croiï^es. Ensuite, (juand la croisade s'avance menaçante contre le monstre de Vérone, Albéric ^ gibelin de naissance, guelfe d'occasion, se trouve sans amis, suspect à tout le monde, abhorré par la ville, repoussé par les croisés. Quand il veut les secourir sous Padoue, il est accueilli par un long rnui ainie de malédictions mystérieuses. Quand il veut s'al)riter dans les murs de Padoue^ il trouve les portes fermées et les remparts déserts; on dit qu'il affecte d'être l'ennèmi de son frère pour trahir les croisés; on veut que tout entière la famille sanguinaire desRomano soit sacrifiée. A partir de ce moment, le chef de Trévise marche comme un homme que 1 on pousse à la mort; on le voit réconcilié avec son frère , soucieux du sort r|ui Tattend, et à la catastrophe d'Ecelino, il n'ose plus rester à Trévise : le voilà dans le grand château de San-Zenone , entouré de remparts, imprenable, mais assiégé par la foule innombrable des croisés, véritable marée dont le flot monte de minute en minute; elle euieve a Albéric
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Ses Allemands qu'elle achète; elle envaliU lontos se^ forliflcations exiérieures; elle le rejette, avec sa fainille>
dans la tour unique du milieu : là le malheureux est saisi par une douleiu' sombre et indécise entre le remords du malfaiteur et le désespoir des damnés. Son podestat, un Bolonais, le supplie de le laisser sortir : « Mes « compatriotes qui sont dans la croisade, lui dii-it, m'as- « surent la vie si je puis les joindre avant la reddi» « tion. ^ Non, lui répond le gibelin , tu ne m'as jamais « dclounié d'aucun crime, et tu partageras mon sort.» Sa fem?rie, ses deux lilles, ses (juatre fils, cette vitalité de la jeunesse féodale, si brillante aux jours des victoires, lui rappellent, par la force du san^*^, son frère EcêlinOf sa mère la sibylle, son passé irrévocable où il cherche un abri, o Vous irez en Toscane, leur dit-il, «cbez les comtes de Mangona^ parents de ma mère, « riches en châteaux elen fiefs; ils serontvotiuiamille.» Il nesavail pas, le malheureux, (|ue d'autres peuples, d'autres démocraties, d'autres citoyens rôdaient autour des châteaux des Aiangona à la veille de tomber. L'heure fàtale arrive enfin, et il sç rend au marquis d'Ëste avec lequel il était lié par deux mariages de famille contrac* tés dans Tère précédente , au temps des paix funèbres et éphémères de Pasquara. Le mar(juis le livre, sans mol dire, aux croisés, et il est bâillonné et traîné à la queue d'un cheval ; sa femme , ses iiiles, ses tlls sont décapités; son podestat est haché en morceaux, (distribués palpitants à toutes les villes de la croisade, et Trévise fait peindre le spectacle du supplice dans la salle du ^rand conseil, où il reste pendant des siècles, jusqu a l'époque de Louis XIV, comme une menace pour tous les ennemis de la patrie.
Brescia n'a que des malédictions à donner à ses gibe-
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Mos, touB cbftielaios qui paralaieat la première .année de l'interrègnei signalé» par la chronique oomme^des êtres néfastes : « On les appelle MûUâairdi, dit- elle, et
a juslemont, car ils sacnlienl la patrie a leurs propre a iiUérèb. » Ou les voit revultés daus les chàleaux, livrant Pontcvico à la ville rivale de Crémone, et çn 1255> amis d'EcêUno qu'ils veulent attirer sur la viUe. Les citeyeas tremblent : eux si hardis sous les évéques^ sous les consuU» dans les guerres municipales , s'aper* çoivent que désormais ils sont trop près de Vérone, Irop loin de Milan, et leur élan naturel se trouve en conlra- (licliuu avec la nécessité d'une [)rudence toute nouvelle. Qu'on se flgure Arnaldo de Brescta vieilli, découragé ei flottant entre la lâcheté qui le gagne et une témérité ingouyernable, on aura une idée des citoyens devant la faction qui les écrase. De crainte â'EeeUno, ils cà< deul en laissant régner Gri/fo des Grilfi,\nm iis le jet-» tant au fond d une [>rison ; puis ils vont se prosterner, avec révêquej aux pieds du pxisonnier pour qu'il veuille régner en combattant le monstre de Véron$; ei, à peine délivré, il lut ouvre les portes. Tous les malheurs fondent tout à coup sur la ville. Deux forlerosses gibelines a se dressent comme deux épées, dit la « chronitîue, dans le cœur de la pairie, jp pour protéger tous les supplices ordonnés par le chef de Vérone , et quand il tombe, les gibelins se hâtent de lui substituer PeknaieiiM pour que la secte continue à régner. Nous avons vu que PHavieim avait dû déserter le monstre de Momano etse réfngier dans la croisade, au milieu des guelfes, lui ex-triumvir gibelin. Trompés par cette coalition d un moment, les exilés de Brescia traînent sur ses pas avec leurs familles > lui donnent leur voixj lui font des ovations et espèrent le trouver