DANS CHAQUE VILLE
rebelles, « et les prisonniers furent tous torturés, puis « mis en pièces et jetés du haut des fenêtres dans la « Toie pour décourager tout le inonde. Il en résulta « cependant Téffet contraire, car tout le monde se mît « à crier : qui pleurait son père, qui sa mère, qui son a oncle; le peuple s'arma avec fureur, et mit en lama beaux tous ceux qui ne purent s'enfuir. » L'insurrection se rallia au papc^ qui lui accorda en i^b% la franchise communale^ et^ en iWè, la ville fut con« struite et tournée comme une machine de guerre contre le rot de Palerme. Bientôt la ville, créée par rélan guelfe, tut détruite comme Camerino vi Sinitratrlia par l'élan des gibelins; « elle resta six ans « rasoe,dit le poète, sans qu'on y vît pierre sur pierre », et elle attendit des vicissitudes de la guerre qu'un premier désastre de Mainfroy lui permit de ressusciter
Les citoyens et les concitoyens de Uomc fraternisent avec l'anarchie générale pour devenir les uns gibelins, les autres guelfes comme les citoyens et concitoyens de Véranêf de Pûtie, de la Corn ou de Palerme, Leur révolution s'accomplit en 1260, quand le pape concitoyen, Alexandre IV, renverse le podestat étranger Castellano de TAndalo. Les Romains comprennent que pour résister il leur faut plus qu'un bourgeois emprunté à Bologne, et iis se décident à donner les fonctions de dictateur à un prince étranger ^ Les uns nommentRicbard deCornouailles, frère du roi d'Angleterre, lesautres Meànfre^j roidesDetia>5tci*toi, et on se trouve
* SalU) in lesta al popolo roinauo di darsi un capo potente,
(IlUBATOBI.)
iSS LB8 Guum n tu «ibiuiis
de plain pied ddus l ère desd«ux sectes avec deux capitaines du peuple, avec deux diciateurs capables de tenir téte au pontife, avec les couleurs guelfes et gibelines, arborées pour la première fois dans la ville, et avec toutes les aUkDces instantanées des deux fraternités opposées à travers toutes les villes de l'Italie et tous les Etats (ic l'Fjirope. Od iioinine ensuite Pierre d* Aragon, naturcUcmeut gibelin comme Mainfroy , et les guelfes lui opposent snr-le-cbamp Charles d'Anjou, avec Tobligatîon de la résidence, et Ton reste au milieu de Tanvchie qui se développe.
C'est ainsi que le progrès antérieur de la guerre vile conduisait [jartout au progrès des expulsions alternées : sous la force élastique et foudroyante des deux partis qui devenaient deux nouvelles religions, lesvilles> lesÉtais^ les duchés, le royaume du Midi, et même le pape de Rome, n'étalent plus que des corps légers, friables, flottants ; pas de palais, pas de forteresse crénelée, pas de tours aux mille meurtrières, pas de ville toi te on populeuse qui ne pût voler en éclats comme le verre sous le choc sans cesse renouvelé des deux sectes. Milan guelfe avait son archevêque en cxii et gibelin qui pouvait la fulminer. Florence gibeline était sur un lit ardent comme la braise» et prédestinée à des guelfes ; Vérone était entourée de villes impatientes de venger les innombrables massacres d'^'ce/mo; Parme et Plaisance échangeaient des regards chargés de haines toutes nouvelles; Gênes avait outragé un podestat; Turin gibeline avait emprisonnéle comte Bonîface, qui mourait de rage et de douleur*; les villes guelfes du Piémont couvaient du regard Gmllaime de Monferrat Longue Épée, flexible et pénétrante comme les conspirations gibelines; Bologne ei iModène, Faeiizaet Forii, Rimioi
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etCeî'ène, Pise et Gènes inultipliaieiit leurs luttes, où la guerre municipale se croisait avec la guerre intérieure; jamais à aucune époque de l'histoire il atait eu teni de tension , des ressorts si violemment comprimés et des puissances prèles à de plus effroyables rebonds.