‹ 520 pChapitre 7 sur 67 · DANS LES VILLES · texte numérisé non relu

DANS LES VILLES

line nouTelle forme à l'abbaye» le don de la Uberié qu'il en avait reçd an temps des Longobards.

L'antique abbaye de Farfa, si fièrc i)enflant les schismes des empereurs, geuiit et se lord main tenant sous le coup de malheurs mystérieux qu'on doit attribuer au mouvement consulaire qui la cerne de tous côtés. L*abbé Beroldli» très^bhorré, «tgouverne^d'après tachronique» « en tyran et en dissipateur des biens du monastère.» — «Nousnignorons pas, poursuit la chronique, que « nous avons subi des injustices inouïes de la part de nos « voisinsles comtes et les capitaines, et principalement « delà part du poutiie : tout le monde nous jalousait. » A la mort de Berold II» la déchéance redouble ; a poos « étions» continue le chroniqueur» comme des brebis <r sans berger; 9 le nouvel abbé « était souveraiqe- <K ment méprisé par les siens» et les étrangers n'en fai- « saient aucun cas.... Les comtes et les capitaines U a- « vaillaieiit à nous enlever, i)eu a peu , tous les biens « de l'abbaye. » La rébelliun est un moment comprimée par un nouvel abbé. « Ceux qui auparavant se «révoltaient, poursuit la chronique, affectaient de a nous être ûdèies ; mais la bile qui fermentait en eux « ne put pas se cacher longtemps; » el quand les comtes se jettent sur les terres de Farfa la cbronique liiiit, comme toutes les chroniques des monastères, en s'arrétanl en présence des consuls , que, tidele a l'esprit du vieux temps, elle prend pour une réa(»parition des schismes longobards, jadis combattus au nom de Dieu et du peuple. « Les tyrans qui triomphaient» dit le tu chroniqueur de Farfa» se déchiraient entre eux et se « nourrissaient en déchirant les entrailles des malheu- « reux.» En effet, les consuls s'emparaien t des dîmes, des péages, des terres , des châteaux, des villages, en chas-

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saienllesmendianls inféodés aux moines par la paresse; et, à la merci du peuple, dans le mouvement ondoyant de la démocrâtie, ils étaient aux prises entre eux comme Pinre Ltane et Leone Frangipane à Rome, et comme parfoul où la révolution tournait les parvenus contre les nobles , les cadets contre les atnés, les villages contre les villes , les masures contre les villages; car nulle part les consuls ne purent triompher sans livrer leur combat.

Un an après la secousse du schisme d'Anacleif i'abi)é de Nonantola^ toujours menacé par son ancien ennemi, révèque de Modène> se voit assailli par son peuple qui demande la liberté consulaire , et pour contenir d*un

seul coup ses deux adversaires il se donne, du consenlemenl des moines, à la ville libre de Bologne; mais il tombe de Charybdecn Scylla,caren 4 lâtii'évêque de Bologne revendique sur lui la suprématie spirituelle à laquelle prétendait l'évéque de Modène, tandis que de leur côté les consuls de Bologne ordonnent au peuple de Nonantola de ne prêter ni service ni obéissance, sous aucun prétexte, à l'abbé qui se trouve ainsi reduil au seul pouvoir spirituel.

L'année uièïoe du scliismed'^nade/ l'abbaye deSan- Sepolcro est bouleversée, et d'après la chronique « il y « eut de grands troubles qui furent depuis apaisés par « Fabbé. 9 S*il reste à la tête du bourg, c'est que le peuple et les consuls probablement se contentent de conquérir une grande partie du pouvoir temporel sans pousser plus loin la victoire, de crainte de tomber sous révèque diocésain de Citta-Caslcllo et de perdre ainsi toute indépendance, comme les habitants deNonantola, à la merci de Bologne.

DAMS LKS VIUKS. 2i

En résumé» les consuls paraissent de bonne heure à Milan^ à Bologne^ à Rimini^ à Pise et dans toutes les villes romaines où ils trouvent le terrain préparé par îos révolutions antérieures, rapidement accomplies contre le royaume. Au contraire, dans les villes royales, on les ToiltardiUs^ indécis^ timides : on diraitVju'ils n'y peuTent germer faute d'air, d'espace et de lumière, et Pavie ou Crémone sont encore trè$-«tf acbées à Févéque, quand toutes les villes des alentours le repoussent. Ailk ui s, on voit des villes excentriques , sourdes au niouvenieiit iicnéral, mefi niles, ignorantes et s'obslinantà rester dans leur atmosphère cléricale elmépbytique, en dépit de Tltaiie tout entière.

Malgré ces différences^ il est facile de saisir la date moyenne de la révolution consulaire, pourvu qu^on ne confonde pas, comme Huratori,lesconsuls mineurs en* corc soumis aux évéques, avec les consuls majeurs qui lesdélrôiient et régnent seuls sur les villes, liume a des consuls, en UOO; Orvieto, en975 ; Faiio, Osimo, Ancône. en 883 ; Ravenne, en 990 ; Ferrare, eu 10 1 5; et ce ne sont que les serviteurs de révêque, et quelquefois des êtres hybrides qui rappellent les républiques de l'ère byzantine. Milan est i^llement libre, en 1125 ; la Guastalla, en lil5;Bénéveut,enl430; Plaisance, en 1196; Gênes, en 1125; Modène, vers 1150, et Terracina vers 1157, malgré quelques vestiges de la douunalion épiscopale. Au delà de ces dates^ cesontles régions disgraciées qui restent seules en arrière > comme Aquilée sous le pn« triarcbe , San-Sepolcro sous Tabbé^ ou Verceil, Acqui, et Turin sous l'évêque. En prenant la moyenne « nous plaçons la date générale de Tessor consulaire à l'année H25, trois ans après la paixdee in\Ls(itnresqui accordait les évêques à la libre eiection des chapitres. Le mouvo-

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ment des consnls n'est en effet que la libre élection sécularisée et étendue du chapitre à la tout entière, qui finit par absorber l'évêqne et les chinioines, abandonnés du pape et de l'emj>ereur. Ët quand, en 1130, AmclellJesi proclamé par le peuple de Rome, en opposition avec innocent 11^ le schisme est adopté par les villes les plus progressives, parce qu*il est la libre élection sécularisée et dévelo[)pée sur le terrain même de l'Église.

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