‹ 520 pChapitre 9 sur 67 · DB LA REVOLUTION C0N8ULAII1C · texte numérisé non relu

DB LA REVOLUTION C0N8ULAII1C

son inlltteiice^ ses intrigues^ ses menées, ses affldés et ses anathèmes ; de sorte que les Normands se voient snr

un sol miné, parsemé de blocs de soufre, sous une pluie artificielle et incendiaire , que nourrit le saintsiége pour anéantir la fédération , imposée dans l'ère épiscopale au grand captif de Civitelia. Au rebours des Jages sardes, les consuls normands sont condamné à sacrifier la liberté fédérale impuissante, anarchique, ouverte à toutes les attaques et à toutes les secousses intérieures et extérieures pour refaire leur domination tout eniière, au point de vue unitaire, avec une capitale prépondérante et un chef supérieur, qui écrase tout rebelle à l'intérieur en s'imposant, comme consul souverain au pontife de Borne. Pour eux, placés dans des circonstances exceptionnelles, sur un terrain accidenté, brûlant de bonbeur et d*élatt, la révolution des consuls ne peut être que la transition de la vieille forme fédérale des républiques à la forme unitaire d'un nouveau rovaume.

Vers i 090, ou les trouve déjà dans la nécessité d'écraser une rébellion de Capoue, et ensuite une rébellion d'Amalfi. En 1096, ils délaissent Melfi, la ville insuffisante de la diète, et on les voit à la recherche d'une capitale, indécis entre Salerne, centre longobard du duché de la Fouille et des Calahres , et Palerme, jadis centre de la Sicile musulmane. Du coulinenlou de Tîle, qui remportera? A rimage du Vésuve et de TEtna, qui se nourrissent aux dépens Tun de l'autre, en alternant les éruptions, la révolution du Midi ne saurait être que Véruption jdu continent ou de nie, de Salerne ou de Palerme , du duc de Fouille ou du comte Roger, son airu et son rival. xMais le premier est trop près de Bénévcnt, trop exposé aux s<idiiions de Capouc, et

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d'Amalli , aux agressions de Naplcs , encore indépendante^ à Tirrupiion du ponlife qui peut ajouter i insurrection des indigènes à la division entre les chefe normaods. 11 faut donc que le continent cède le rôle de rnnité et la direction de la défense à la Sicile, protégée par la mer, déjà signalée sous les musulmans comme une puissance unitaire, et si prépondérante que le continent iiii-niêine lui enlevé Palcrme, réservée au duc de Pouiile pour la mutiler, rhumilier , la décapiter et la réduire, d'une manière toute artiUcielle, factice et odieuse, à des conditions fédérales.

En 1115, la Sicile donne déjà son nom à la terre ferme ^ appelée a Siciliacitra pbarum. » En 1121 , le coiiitc Iluger attaque les États de Guillaume, duc de i'oiiiUe , Jeté ainsi dans ie parti iedéral et pontitical. L'année suivante, qui est celle de la paix des investitures, il obtient la moitié de Palerme de Guillaume, forcé de lui demander son secours, comme le comte d'Ariano : Tautre moitié est cédée plus tard par un nou- Teau marehé. Désormais la Sicile est complète , unifiée par sa capitale; et en 1127, quand Gmilaume meurt, f^oger occupe Salerne, Alite, Mellit t se deciuie duc de PuuiUe ; le voila usurpateur, consul majeur, révolté contre son évéque, le pape Honorius 11 , et chef unique du Midi, soumis au rayon expansif de sa nouvelle capitale.

Jamais , depuis Jésus-Christ , aucun pontife ne fut saisi d une colère égale à celle d'Houonus 11, qui voyait confisquées d'un coup ses investitures, et cette domination unitaire inutilement rêvée par ses prédécesseurs sur ia donation , réalisée en sens inverse contre lui par le chef du Midi, libre de s^élancer de Palerme sur Fondi et sur Rome, dont les Normands

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poonaissaient la route^ depuis Grégoire VU et Gelase li. Non content de lancer Tanalbème^ de coaliser tous les tronçons de la fédération » d'attaquer Palerme par Barî» Gapoue^Brîndes» OriaetAlife^ il convoque un concile^ et il promet Tindulgence plcnière de la croisade en terre sainte à tous ceux qui prendront les armes contre Roger. C'était la première fois qii'tm pape prêcbait la croisade contre des chrétieDs : mais la colère n'est pas de la force et Tanalbème n'enfante pas des armées; iltalie n^estpasle sobdes croisades; Bari, Capoue, Brindes s'insurgent au nom des vanités nationales en déroute ; et, vaincu sur le champ de bataille^ déserté par les l)aroiis, inauilit par les peuples qui gravitent sur Palerme, malgré les enlraîneniciib et les exceptions des fédéralistes^ le pape ))arlage le sort des évéques de toutes les \illes italiennes, forcé d'accorde/r Finvestiture de la Fouille et des Galabres à Hoger qui se trouve ainsi maître du continent sur la base de Païenne. A la mort d'Honorius^ Roger adopte le scbîsme d*Anaclet qui le sacre roi dcsDeux-Siciles et réduit Andria, Brindes, Oria, Bari. Terrible contre la sédition fédérale» qui se ranime sous ruiiilé de plus en plus écrasaule, il s'avance, par le fer et par le feu , détruisant Troja, Montepiloso, Meiû, Alife, Gajazzo^ Saint-Agataet Awersa elle-même, première ville des Normands « et son exiiansion unitaire ne s'arrête un instant^ en iiSl, qu'en présence de la réaction générale du pape et de i empereur...

La politique est inconstante et variable; d'un lerntun e à Tautre elle cUange de forme^ de mode, de stratégie ; tantôt républicaine, tantôt monarchique, ici fédérale, là unitaire, avec des alliances diverses et opposées; mais le mouvement social des consuls, unique objet

3i LES VARIANTES

de notre atlenlion^ ne poii?aîiéire di plus constant» ni plus uniforme» ni plus eiacl dans ses érolutionst ni plus géométrique dans ses procédés, à travers tant

de circonstances qui le rendaient anarchique et contradictoire à la surface. Partout on voulait les consuls : en Toscane, f)ii ils dissolvaient l'unité du marquisat; dans le Montferrat^ où ils la fortifiaient au profit de Casai; dans la basse Italie» où la fédération se trouvait subjuguée par un roi ; à PIse» où l'on accablait les deux lies db Corse et de Sardaigne ; dans ces deux îles, où l'on repoussait le joug desPisans; à Gènes, où les citoyens se montraient prêts à tout jion i ne pas se laisser surpasser par le parti toscan ; à Home on lin , où l'on combattait le pontife. Sur tous les points on poursuivait une même idée^ on combattait les évéques, on sécularisait le gouvernement, on l'enlevait a Dieu» aux anges, aux saints, aux prélats, aux moines» à tous les personnages imaginaires ou réels par les<|ue1s la sainteté et Fascélisme, jadis utiles contre la i);irliarie militaire, fermaient la voieà tousles prog r ès de 1 industrie et du commerce. Dans cet immense mouvement, chaque région se montrait à nu pour la première fols, sans le masque de fer de la féodalité, sans le voile obscur et monotone de l'Église, et on voyait sa physionomie tout humaine et mondaine, et son rôle dans la fédération italienne. Milan, la ville modèle, unissait l'enthousiasme pour la sécularisation au froid calcul qui exploitait toutes les situations de la papauté et de l'empire. Les Florentins étaient à la fois exaltés comme des dévots et positifs comme des épicuriens. Rome, gigantesque et désordonnée dans toutes ses attitudes, créait le schisme qui consacrait tousles consuls, depuis Milan jusqu'à Palerme. La Toscane cherchait sa perfection

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dans le fractfonnement fédéral. Pise saait sang sous

sa cuirasse, pour maintenir ses colonies dans l'histoire italienne, et ]a basse Italie, en iondant le royaume, rendait doublé(^ a Rome et au nord de Titalie la vitalité qu'elle en avait reçue dans l'ère des évêques. Sur tous les points, les consals, emportés par une TÎtessè accélérée , s'élançaient au cboc de la réaction pontificale et impériale*.

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