POINÇON DE MAITRE
Il est question pour la première fois du poinçon de maître dans une ordonnance de Charles V, en date du mois de mars 1378 et ainsi conçue :
« De leurs poinçons iceux orfèvres (de Paris) signeront toutes vaisselles et grosses œuvres, et aussi tous les joyaux et ceintures qui bonnement se pourront signer selon leur bonnes consciences et profit de la chose publique. »
Plus tard, chaque maître orfèvre de Paris devait recevoir de la cour des Monnaies un poinçon à la fleur de lis couronnée , composé en outre des lettres initiales de son nom, d'une devise ou différent et de deux petits points, représentant les deux grains de remède autorisés. Ces deux points datent de 1493. Les orfèvres de Paris demandèrent à cette époque au roi ime marque spéciale qui les distinguât de ceux de province travaillant à un titre tout autre que le leur.
Le différent était un signe particulier à chaque maître : Etienne Jannety avait un marc ; Thomas Germain, une toison ; Robert Mognart, une étoile ; R.-J. Auguste, une palme ; François Joubert, un cœur; Henri Alain, un globe ; Louis Regnard, un renard; J.-C. Van Converberghen, un lis; Jacques de Boys, une coquille ; Antoine de Saint-Nicolas, une rose ; Lehendrick, une colonne.
De l'empreinte de son poinçon, qui ne pouvait dépasser, y
compris le champ, plus de deux lignes de hauteur sur une ligne un quart de largeur, l'orfèvre signait tous ses ouvrages. Les poinçons devaient être, avant tout usage, insculpés tant sur la table de cuivre de la cour des Monnaies, que sur celle du Bureau de l'orfèvrerie de Paris. Les noms des maîtres étaient gravés à côté de leurs marques respectives.