‹ 7 Œuvres choises de Sénecé Delangle. vChapitre 8 sur 14 · LES AUTEURS · texte numérisé non relu

LES AUTEURS

fiL'FL effrayant augure à mon âme étonnée ^D’un funeste avenir ouvre la destinée!

^Üans la plaine d’Auteuil tout-à-coup transporté ,

Du rivage voisin j'admirois la beauté.

De cygnes argentés cent troupes vagabondes, Errant par pelotons , pressoient les molles ondes ; La Seine aplanissoit sous eux ses claires eaux ;

L’air, le ciel , tout servoit aux fastueux oiseaux , Qui sembloient méditer cette musicpie tendre Dont jadis leurs aïeux endormoient le Méandre : Lorsque d’affreux corbeaux un bataillon serré Fond du côté du nord sur le troupeau sacré.

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La noirceur de leur vol obscurcit la lumière ;

La terreur de leurs cris fait troubler la rivière;

Aux combats de Léda le cygne accoutumé D’un choc plus redoutable est d’abord alarmé;

L’un cherche dans les joncs un impuissant asile,

Kt l’autre sous les flots... Malheur au moins agile ! L’implacable ennemi, les ouvrant par les flancs, Choque , écarte , renverse , et dissipe les rangs ;

Le champ plein de duvet reste à la bande noire ;

Le rivage frémit de ses chants de victoire;

Un fler croassement fatigue les échos.

Ce songe m’épouvante et m’arrache au repos- Je t’entends, dieu des vers, je cours où tum’appellcs. Et je vais annoncer tes oracles fidèles ,

Comme si la Sibylle , en son antre savant, M’exposoit son feuillage assemblé par le vent ;

Sûr du sort deCassandre, aux Troyeiis trop connue. Qui toujours disoit vrai sans être jamais crue , Jusqu’à tant que la cendre eût couvert llion.

Ciel ! détourne l’effet de ma prédiction !

Auteurs, vous périrez bientôt par vos scandales. Vous allez transformer les François en Vandales :

Je les vois revenir ces siècles détestés,

Ces siècles malheareux d’ignorance empestés,

Où la cour, bégayant une langue en enfance, N’avoit qu’ Alain Chartier pour patron d’éloquence. Où Clopinel au cercle occupant le haut bout, Patelin sur la scène étoit seul de bon goût.

Ne vous en prenez pas au démon de la guerre Qui corrompt les esprits en ravageant la terre ; Non, ne le chargez point de vos iniquités :

Par lui les nobles arts souvent sont respectés. Marins et Sylla de la reine des villes Firent le triste champ des discordes civiles.

Et plus farouches qu’eux , les deux triumvirats La noircirent de faits encor plus scélérats.

Cependant , au travers d’une guerre si fière , L’esprit ne fit jamais briller tant de lumière :

Dans les proscriptions , dans les sanglants hasards Apollon disputoit de gloire contre Mars;

On l’eût cru voir encor, sur la poussière teinte, Faire naître des fleurs du beau sang d’Hyacinthe, Et les héros qu’ alors il lui plut d’exciter,

Ne laissent à nos soins que l’honneur d’imiter. Mais pourquoi des Romains alléguer les chron iques

Lorsque nous abondons d’exemples domestiques? Je t’en prends à témoin , restaurateur des arts, François , honneur du trône , émule des Césars , Dont la mâle vertu par Bellone exercée ,

Jamais des doctes sœurs n’éloigna sa pensée.

Oui, pendant que ta droite à cent princes jaloux Faisoit blêmir le front sous le poids de tes coups, Ta gauche , seul espoir des lettres désolées, Rassembloit dans ta cour les Muses exilées.

On t’a vu , précurseur de notre auguste roi.

Aux miracles qu’il fait préparer notre foi.

Moins grand, moins fortuné, mais pourtant toujours ferme.

Aussi l’inique temps ne t’assigne aucun terme ,

Et n’effacera point l’éclat dont tu brillas;

Malgré les fictions du menteur Varillas,

Qui, forgeant à sou gré pancartes et mémoires, Fabrique les romans qu'il nous vend pour histoires.

Quels crimes, direz-vous, nous sont donc imputés? Quels ! ah ! puisqu’il vous plaît , disons vos vérités, li’orgueil , l’ambition , la paresse , l’envie ,

L’ardente soif du gain , cet écueil de la vie ;

Les combats acharnés, où l’on vous voit courir : Auteurs, en est>ce assez pour vous faire périr? L’antiqaité, qui vit que la sagesse austère A l’homme corrompu paroissoit trop amère , Invoquant des neuf soeurs le magique pouvoir. Voulut que le plaisir inspirât le devoir.

Ce fut dans cet esprit qu’une heureuse imposture Inventa la cadence et régla la mesure.

Et préparant les cœurs par d’utiles chansons , Confia les vertus à de fragiles sons.

Chaque genre de vers eut part â l’entreprise ;

La louange des dieux â l’hymne fut commise ; L’églogue fit briller l’innocence des mœurs;

L’ode éleva le cœur par l’espoir des honneurs ;

La satire, en riant, fit rougir la malice; Melpomène aux tyrans fit horreur du supplice ,

Et la Muse comique , admirable en ses traits ,

Au peuple déréglé fit craindre ses portraits.

Mais dans ces premiers temps , plus exacts que les nôtres.

Les poètes faisoient ce qu’ils prêchoient aux autres Et leur sage conduite instruisant l’univers, L’exemple de leur vie autorisait leurs vers.

LXXXVIll

'i'racez-aous des vertus les plus nobles images ;

Vos mœurs dans le mépris plongeront vos ouvrages. Et le public, frappé de vos déréglements,

N’ira point par vos soins former ses sentiments. Sur le sommet du mont tel entre vous préside.

Qui d’un poison jaloux incessamment livide ,

Du moindre honneur d’autrui sent son cœur désolé ; Pour peu qu’on en attrape , il croit qu’on l’a volé ; De soins plus éclatants l’ambition le presse :

Il traite l’art des vers d’erreurs de sa jeunesse; Mais il souffre à regret ceux qu’il voit appliqués A fouler d’un peu loin les pas qu’il a marqués. Ainsi du Phrygien le mâtin plein d’envie ,

Qui trouvait le fourrage inutile à sa vie ,

Ne pouvait consentir que le bœuf affamé Pourvût à ses besoins par l’aliment aimé.

O doux règne de Flore , où l’on vit sans cabale ,

Où jamaûs une fleur d’une autre n’est rivale ,

Où le simple muguet, content de son odeur.

N’affecte point du lys la superbe grandeur;

Où , sans que par l’ennui sa couleur se dissipe ,

La rose voit briller l’émail de la tulipe !

Le jardin des neuf sœurs, dans sa diversité.

Entretient un éclat d’immortelle beauté ;

L’hysope y tient son rang aussi bien que le cèdre ; Tel chantera Phyllis, qui ne peut chanter Phèdre. Lorsqu’on voit entre vous tant de déchaînement, Sont-ce là ces docteurs, dit>on publiquement.

Qui parmi les mortels se jugent seuls capables D’enseigner les vertus sous le voile des fables.

Qui veulent nous contraindre à trouver des appas Aux sentiers épineux qu’ils ne fréquentent pas? Par ces raisonnements qui sapent votre estime. Des auteurs à la muse on impute le crime.

Alors, moins parcourus que bréviaires d’abbés. Vous voilà dans l’ou^ pour jamais absorbés ; Eussiez-vous dans vos vers, par une heureuse audace Joint la force de Perse aux agréments d’Horace. Ira-t-on dans ces vers , outrés d’emportements ,

De concorde et de paix chercher des documents , Lorsque vos factions de vieux et de modernes Du Parnasse affligé font gémir les cavernes?

Vous vendez un remède excellent, dites-vous, Pour grand nombre de maux, et surtout pour la toux;

Mais en le débitant la toux vous inquiète;

Guérissez Tos poumons, Carmeline, et j’achète. Scaliger ‘ et Cardan sur tous les beaux esprits Dans le siècle passé disputèrent le prix.

Le premier, dont le nom d'un triple honneur éclate. Balance seul Homère, Âristote, Hippocrate;

Par lui le nouveau temps peut sans témérité Disputer de mérite avec l’antiquité :

A titre de savant il obtient la couronne,

Plus prince des beaux-arts qu’il ne l’est de Vérone * : L’autre dans son savoir paroi t si singulier.

Qu’on a cru qu’il avoit un démon familier.

Qui , de ses longs travaux infatigable guide ,

Avoit fait dans son corps passer l’âme d’Euclide.

La discorde s’allume entre ces deux héros,

A la bile mêlé, l’encre coule à grands flots.

Et d’un faux point d’boqneur les maximes légères De ces doctes rivaux forment deux harangères.

Les noms injurieux débordent par torrents,

De honte et de bassesse ils se font concurrents; Chaque presse gémit des critiques diffuses ;

■ Jules.

^ Il se vantoit d'étre issu des princes Délia Scala.

Le Parnasse en rongit, Momus insulte aux Muses, Et malgré tout l’éclat dont ils sont revêtus,

Cet éclat à jamais noircira leurs vertus.

Comme eux, tandis qu’en l’air votre tonnerre gronde ,

Vous vous faites jouer sur la scène du monde :

Car quel sang froid, sur rien vous voyant déchaîner. Peut s’empêcher de rire ou de se chagriner?

Et qu’importe, après tout, à la chose publique,

Si le sel de Peccais ' passe le sel attique?

Si le hardi Pindare, aux astres s’élevant.

Court mieux que Sarr^tzin qui trotte en le suivant j Et si dans les sermons où plus d’un moine échoue Chrysostôme est après ou devant Bourdaloue?

De plus d’une façon notre esprit s’ennoblit;

Ce qu’inventa le vieux, le nouveau le polit.

Et notre nom ne peut s’amoindrir ou s’accroître. Que par rapport au temps où le sort nous fait naître : Tel qu’ Athènes vantoit, d’un juste orgueil enflé. Peut-être dans Paris se verroit-il sifflé.

Chaque langue a sa grâce où le bon sens s’explique ,

■ En Lan|>ucdôc , endroit fameux par ses salines.

Souffrez que le Parnasse encor soit république.

Où l’on n'introduit pas, le bâton à la main,

Le cérémonial du pontife romain.

Mais si régler les rangs est chose nécessaire ,

Dites, qui vous en a donné le caractère?

Le roi qui sait et peut, n’a point voulu juger Entre le duc et pair et le prince étranger;

Et vous, usurpateurs, vous prendrez la licence A la cour d’Apollon de régler la séance !

Ou vous nous montrerez vos pouvoirs de Pbébus , Ou vous nous permettrez l’appel comme d’abus.

Jadis de là les monts, certaine académie.

Dans l’estime publique assez bien affermie ,

Pour se faire porter encor plus grand honneur.

Fit un fameux édit dont voici la teneur :

« Si contre l’un de nous quelque auteur ose écrire. Qu’il soit à l’avenir exclus de notre empire.

Et son nom condamné , pour sa témérité ,

A mourir dans la honte, et dans l’obscurité, h C ette précaution leur fut enfin fatale;

La discorde jeta la pomme dans leur salle ,

Où l’on voyoit écrit ce mot séditieux ;

XCIH

Au PLUS SAVANT. D’obord , d’un nuage à leurs yeux L’infernale vapeur dérobe la lumière ;

L’un à l’autre chacun devient un Furetière ' ,

Et chacun poignardant son frère de sa main ,

Le soldat de Gadmus près d’eux parut humain.

Quand l’audace en écrits insolemment pétille , L’Église a sa censure , et l’État sa Bastille,

Qui réduit à se taire une insolente voix ,

Et force la Licence à l'hommage des lois.

Mais parmi les auteurs, cette troupe indocile, Chaque Homère en tout temps trouvera son Zoile Laissons la lice ouverte, et qu’on soit respecté Plutôt par la raison que par l’autorité.

Pour moi, je suis né libre, et je ne veux point être Engagé par serment à l’avis d’aucun maître.

Chartres, Bourbon, Coati, race de mille rois. Second espoir des lys, dont les jeunes exploits, Partout du sang royal éternisant la gloire ,

A suivre nos drapeaux contraignent la victoire ; Vous , de qui le courage affamé de danger

Écrivain fort satirique.

Fait pâlir le François autant que l’étranger;

Vous, qui, par des succès dont l’Europe s’étonne, Multipliez Louis dans les champs de Bellone, Songez à quel état vous devez votre appui ;

Et si ce n’est pour vous , conservez-vous pour lui. Lorsque cette valeur, de votre sang prodigue ,

A demander la paix aura forcé la ligue,

L’ardeur de célébrer vos glorieux combats Forcera les auteurs à finir leurs débats.

Et la discorde entr’eux n’y mettant plus d’obstacles, Tous se réuniront pour chanter vos miracles.

Mais qui les chantera? ces esprits indolents Dont la molle paresse enfouit les talents?

Ces lâches traducteurs , qui laissent en arrière La noble invention, brillante de lumière.

Qu’un mérite postiche enivre de fierté ,

Pauvres négociants d’un argent emprunté?

Je ne puis retenir ma bile effarouchée.

Quand je vois tant de gloire à cet art attachée :

Je sais qu’il est utile , et peuple nos vergers Des fruits les plus exquis des climats étrangers;

Du passé, du présent réglant l’intelligence,

Qu’il établit entre eux une correspondance;

Qu’il nous naturalise, et qu’il nous introduit Aux vastes régions où conunande l’esprit ;

Mais qu’on défère tout à ce mérite mince ,

Et que le trucheman ait les honneurs du prince , Dût tout ce tiers-état contre moi conjurer,

C’est ce que je ne puis souffrir sans murmurer.

Et comment en effet n’entrer pas en furie ,

Quand Timante me dit : « Vive La Valletrie ‘ ! Son Homère me channe , il coule à plein canal , Et vaut bien mieux traduit qu’en son original; Les Grâces à l’auteur ont dicté ses paroles ,

C* est un homme, entre nous, à remplacer Marolles ! Il est vrai, le public lui doit être obligé De cet or en charbons dans son creuset changé ; Sur ce qu’il a coupé les ailes ù Pégase;

Nos vers, pour le louer, n’ontpointassezd’emphase De son grec francisé je suis adorateur.

Et ne lis qu’à geqoux ce rare traducteur.

• Auteur peu connu d'une traduction de l'Iliade et de l’Odyssée

Les oiseaux, ennuyés de vivre en république. Par un raffinement plus sûr, plus politique ,

Pour se choisir un roi, firent, par leurs hérauts, Publier autrefois leurs états-généraux.

Certain vieux perroquet, habillé d’écarlate.

Accompagnant sa voix des gestes de la pâte ,

Par un sage discours se fit fort écouter :

Les oisons de Hollande eurent beau protester. Beau noircir à hauts cris la puissance absolue ,

A la pluralité l’affaire fut conclue.

L’embarras fut plus grand sur le choix du sujet : Chacun faisoit sa brigue et formoit son projet. L’un vante du phénix la ressource immortelle, L’autre du pélican la bonté paternelle ;

Un autre de la grue exalte le talent Pour ranger en bon ordre un escadron volant : Le peuple ailé firémit, et tout d’une volée , Geais, merles , sansonnets sifflent leur râtelée. Comme la chambre basse au pays d’Albion, D’un désordre intestin ressent l’émotion ,

En voix , en sentiments , en murmure confuse , Sur un bill présenté que Guillaume ' refuse.

• Roi d’Angleterre.

Alors d’un air de maître, et d’un ton redouté, L’aigle trancha le nœud de la difficulté.

« Ce n’est point une affaire à décider sur terre ;

Je prétends qu’on nous juge au pays du tonnerre : L’oiseau né pour voler doit aspirer aux deux : Règne celui de nous qui volera le mieux ,

Dit-il. Quant aux raisons où mon avis se fonde , C’est ici la première , et voici la seconde. «

£n achevant ces mots , il alonge à leurs yeux Ces serres dont la charge arme le roi des dieux. L’invincible argument demeure sans réplique.

Qui d’entr’eux sait voler à s’élever s’applique; Mais l’aigle impétueux leur gagne les devants , Comme le vent du nord passe les autres vents. Déjà ses concurrents, sans force et sans haleine, Rendaient en retombant sa victoire certaine; Lorsqu’un jietit oiseau , dans ses plumes caché , S’élevant de trois pieds ; « Tenons notre marché, Dit-il , et je suis roi. » De cette fraude heureuse , Tout le peuple volant, jusques à la macreuse. Pousse un éclat de rire, et, pour l’invention.

Le nomme roitelet parmi la nation.

O fable! du bon sens portant le caractère,

Tu peius un traducteur à cheval sur Homère,

Qui trémousse de l’aile et qui dit à hauts cris : Qu’on m’honore, je suis le roi des beaux esprits. Mais si sa dignité ne brille à mon estime Par des productions d’un ordre plus sublime ,

Si son jeu se retranche à ce foible rôlet,

Il ne sera jamais pour moi qu’un roitelet.

Lorsqu’aux traductions un effort authentique Unit l’utilité d’une saine critique ,

Et forçant le nocher qui vogue aux sombres bords , Avec tout leur esprit fait repasser les morts.

Je ne disconviens pas que l’honneur et l’estime Ne suivent ce travail par un droit légitime; J’admire avec respect ce mérite foncier,

Mais pour s’y distinguer, il faut être Dacier.

Lâches imitateurs , animaux sans courage ,

Esprits du dernier ordre et nés pour l’esclavage , Je frémis de colère en de certains moments.

Et d’antres fois je ris de vos froids mouvements. Qnoi ! toujours attentif aux vestiges des antres , Et toujours sur leurs pas ajustant tous les vôtres.

Ainsi qu’un jeune enfant, tremblant , embarrassé , Quand de sa gouvernante il est exprès laissé,

Et qni sans s’ébranler, dans la peur qui le glace Demeureroit plutôt deux jours en même place ! Non , ce n’est pas ainsi qu’on peut se signaler Dans le talent d’écrire ou dans l’art de parler; Dans Hippocrène il faut puiser à pleine coupe ,

Et qui se sent du cœur doit conduire une troupe. Ainsi parloit Horace , et son aversion ^

Instruisoit le procès de l’imitation.

A ces froids traducteurs feroit-il plus de grâce , Dont la foule remplit le sénat du Ramasse ,

Qui , des plumes d’autrui superbement parés , D’eux-mémes et des sots sont pour tout admirés? Ciel! pour vous dépouiller, cqmeilles de la fable. Ne verrons-nous point naître unmoment favorable

Ces honneurs prodigués par un indigne emploi. .. Quel amas de raisons se vient offrir à moi !

Ma muse paresseuse à leur aspect frissonne :

A revoir, traducteurs, je vous la garde bonne.

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