‹ A. C. T. H., Cortisone et Troubles MentauxChapitre 12 sur 44 · MATE · texte numérisé non relu

MATE

A l’âge de vingt-trois ans, première atteinte de rhumatisme articulaire localisé à l’épaule droite et aux pieds. Elle a de la peine à marcher jusqu’à l’année suivante, où une. nouvelle grossesse provoque la disparition des douleurs articulaires. L'accouchement se termine par une césarienne pour cause de travail ralenti.

Six semaines après le deuxième accouchement, à l’âge de vingt-quatre ans, crise aiguë de polyarthrite fébrile. Une cure salicylée procure une rapide sédation de la fièvre et de la douleur. La marche redevient possible, mais il subsiste pendant un an des douleurs tenaces dans le gros orteil du pied droit. Une thérapeutique par pointes de feu reste sans résultat. A cette époque, il apparaît une certaine gêne, sans douleur marquée, des petites articulations. La malade subit alors sa première cure de sels d’or qui entraîne au début de l’albuminurie. La thérapeutique est bien tolérée par la suite et amène une sédation des douleurs. L’année suivante, atteinte douloureuse des genoux. Une nouvèlle cure de sels d'or, venin d’abeilles et diathermie permet de récupérer une démarche normale.

A vingt-sept ans, cure de bains de boue à on et traitement sulfureux. Chaque année, des poussées douloureuses réapparaissent aux diverses articulations. A vingt-neuf ans, cure d’enveloppement de paraffine. Thérapeutique par préparations soufrées et iodées, après échec d’une cure de sels d’or. Le coude gauche s’ankylose progressivement, tandis que la marche demeure possible. A trente ans, eye tonne sans succès appréciable.

En 1932 (trente et un ans), à la suite de surmenage, les chevilles enflent et deviennent douloureuses, Les coudes enflent également, et l’amplitude de leurs mouvements Homes progressivement, et surtout à gauche.

- Lassée de la médecine officielle, la patiente décide Aer se faire traiter par la chiropratique.

: Après cinq semaines de ce traitement, elle ne peut plus quitter son lit. Depuis cette date, d’ailleurs, sauf pour une courte période où elle a marché à l’aide d’un tricycle, elle restera incapable de marcher. La thérapeutique chiropratique a coïncidé avec l'apparition d’une poussée rhumatismale

HE. Ha

aiguë généralisée à toutes les articulations, ainsi que celle de la mâchoire. Etat fébrile. Toutes les articulations sont enflées, douloureuses, à tel point que la malade doit vivre un an au lit, protégée du poids des draps par des grands arceaux. Elle reste deux mois environ dans cet état, intransportable. Une légère amélioration permet son transfert à l'Hôpital de l'Isle à Berne, où le Professeur FREY la traite par le repos et de nombreuses extractions dentaires. Il supprime tout traitement médicamenteux. Après deux mois et demi, l’état général est très nettement amélioré. Les douleurs disparaissent dans leur presque totalité, et la fièvre tombe. La patiente rentre chez elle, mais elle est incapable de marcher sans aide, toujours confinée au lit. L’essai d’un traitement homéopathe reste sans résultat.

En 1945, blocage de toutes les articulations et douleurs dans les genoux. Suit un traitement homéopathique pendant deux ans. Puis, au commencement des années 1948 et 1949, ie d’or et massages suivis à Baden, en 1949.

Affection actuelle.

Depuis huit ans, M" S. TT... vit dans son lit, à peu près ‘ totalement paralysée par la polyarthrite déformante, ne pouvant ni manger elle-même, ni marcher, fait des mots croisés, lit, aide ses enfants dans leurs études. En février 1950, on commence un traitement par la cortisone Ciba. |

Le 26 février 1950, elle reçoit 100 mg. en injections; le lendemain, deux fois 100 mg.; le 28, deux fois 50 mg., et les 1, 2 et 3 mars, deux fois 25 mg.; les 4 et 5 mars, 25 mg. En huit jours, la dose de 600 mg. a été injectée. La vitesse de sédimentation mesure 29 mm. Tension artérielle : 17-5. Hb. : 75 p. 100. Glycémie : 0,60 g.

Cette première cure a eu surtout un effet subjectif; objectivement, le changement est net sans être sensationnel, les douleurs ont disparu, la mobilisation passive des articulations ankylosées est devenue possible, les mouvements actifs ont acquis une plus grande amplitude. La malade a pu prendre elle-même son thermomètre, verser du café dans sa tasse. L’enflure péri-articulaire a diminué, le sentiment de bien-être et de soulagement est très manifeste. La malade se dit déjà capable de reprendre son travail, de marcher, elle fait des projets, |

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Une deuxième cure de 600 mg. de cortisone est administrée du 10 au 15 mars, 75 et 25 mg. les derniers jours. L’amélioration fonctionnelle continue à se produire, avec toujours une euphorie manifeste, M“ S. T... a le sentiment d’avoir retrouvé ses forces, et elle n’a pas encore récupéré l’usage complet de ses membres. Aucun autre médicament n’a jamais donné une pareille sensation de bien-être.

Le 16 mars, le traitement à la cortisone est poursuivi. Pendant trois jours, la malade reçoit 100 mg. par jour; puis, du 19 au 26 mars, 75 mg.; au total, 900 mg. en onze jours. Pendant cette période, tous les changements observés se sont accentués : les tuméfactions articulaires ont disparu, la mobilisation des articulations enraidies depuis des années est devenue indolore, les vergetures abdominales se sont accentuées; la marche au bras d’une aide est devenue possible. La malade a pu s’alimenter elle-même, elle a pu .embrasser ses enfants, les prendre sur ses genoux.

L'euphorie a fait place à une exaltation psychomotrice toujours plus grande avec des sentiments autoritaires et agressifs. On note une logorrhée « de mots croisés ». Elle devient très exigeante, veut qu’on la lève, s’en prend à son entourage; rien n’est fait selon son désir, ni exécuté assez rapidement. Elle n'accepte aucune réplique ni aucune contrariété. Elle fait venir le contremaître de son mari et, pendant sept heures (sic), lui explique la manière dont il doit faire son travail, sans qu’il puisse placer un mot dans la conversation.

Cette logorrhée et les tendances agressives font interrompre le traitement le 26 mars. La malade manifeste des accès de colère et d’agitation qui s’accentuent les jours suivants. Le 28 mars, apparaissent les premiers signes de déraison. Elle s’arrête subitement de parler au milieu de la conversation, ses récits n’ont plus de suite ni de sens, elle ne cesse d’exprimer des mots de consonnance semblable, elle énumère des séries de syllables, elle a de fausses reconnaissances. Eile perd complètement le sommeil et l’appétit. La peau est moite, le pouls, qui avait oscillé de 70 à 80 par minute, s'accélère. Le luminal en injection, à la dose de 0,40 g., ne parvient pas à ralentir l’agitation psychomotrice, ni à provoquer le sommeil.

Le 1° avril, la malade est alors hospitalisée,

Status d'entrée. — Il s’agit d’une personne de trente-neuf ans, en état de nutrition moyenne, très agitée dans la mesure où le lui permet une polyarthrite déformante généralisée. Les avant-bras sont en flexion, ils peuvent à peine être portés à la bouche. Les jambes sont à demi-fléchies, la mobilisation des articulations provoque la réaction de la malade. La peau est humide et luisante, la face un peu bouffie, pas d’œdème à godet, vergetures sur l’abdomen. Les lèvres et le visage sont cyanosés. Il n’y a pas de dyspnée. Le pouls bat à 130 pulsations/minute; la température axillaire mesure 37°. La tension artérielle est à 15-5, 9-5. Il n’y a pas de goitre, pas de ganglions pathologiques. La dentition est traitée, de nom-breuses dents sont absentes, la langue est saburrale et sèche.

Le rythme cardiaque est régulier. Les bruits du cœur sont un peu assourdis. Pas de bruits adventifs. Dans les poumons, la respiration est physiologique. La palpation de l’abdomen ne révèle rien d’anormal. Pas de tuméfaction de la rate ou du foie. Les règles sont présentes, elles durent quatre jours, comme d'habitude. Il existe de la rétention dans la vessie qui doit être sondée. On place ensuite une sonde à demeure pour éviter l’incontinence, tandis que la constipation est tenace et exige des lavements.

Le système nerveux ne révèle rien de particulier. La motilité est fortement réduite par suite de la déformation et de la raideur articulaire. La sensibilifé paraît conservée partout. Les réflexes abdominaux et cornéens sont présents. Les réflexes plantaires sont en flexion. Les réflexes ostéo-tendineux sont tous présents, vifs, symétriques.

Au niveau des nerfs craniens, on ne constate pas de troubles de la déglutition, de la phonation. La mimique est très animée, mobile, les mouvements oculaires sont libres, les pupilles égales réagissent à la lumière et à l’accommodation. |

L'urine ne renferme pas d'éléments pathologiques. La malade est désorientée.

Le Docteur RIGGENBACH, appelé en consultation, a fait les constatations suivantes : |

«Je trouve la maladie au lit, dans un état physique assez alarmant, maigre, pâle, les lèvres desséchées, les yeux hagards. Elle est complètement désorientée, confuse, et présente, au

LANGE, Pl

point de vue psychiatrique, le’ tableau classique d’un état aigu tel que nous l’observons dans les cas graves de catatonie, mais à forme aiguë. »

Malgré son état physique déplorable, la malade ne cesse de parler et la logorrhée est caractérisée par une incohérence frappante et une tendance stéréotypée à prononcer des mots et des bouts de phrases, liées entre elles d’après des associations consonnantes les plus superficielles. Je lui demande son nom : « Non, non, non ». Votre nom de jeune fille ? « Pi, pi, pi, c’est la pisse au lit, je ne vous connais pas, pas pas, pas — papa pour ça, ça, ça». Notre entretien se résume donc de cette façon : chaque mot que je prononce provoque chez la malade une suite d’échos purement verbaux et des essais à rimer sans cesse. Je ne constate pas de grimaces ou de clowneries chez cette catatonique, mis à part l’écholalie, quelques mouvements échopraxiques. Si, au moment de l'examen, j'avais ignoré ses antécédents, ou si je l’avais trouvée sans rien connaître d'elle dans une division de malades agitées d’une maison de, santé, je n’aurais pas pu distinguer son état soit d’un cas réel de catatonie maniforme aiguë, soit d’une urémie des plus graves. « Ce qui m’impressionne, c’est l’état physique que je rapproche des cas de catatonie aiguë qui présentent des dangers vitaux si on n'arrive pas à les sauver par le sondage artificiel. » Eu)

Nous avons provoqué le sommeil par quelques ampoules de somnifère et hydraté la malade par des injections rectales et des boissons. Malgré les ingestions de 1.500 cm, la diurèse n’a pas dépassé 500 à 600 cm® par vingt-quatre heures les quinze jours suivants. La température a oscillé entre 37°8 et 38°2, le pouls entre 100 et 120. La malade a été alimentée avec beaucoup de patience. Elle a conservé une grande agitation verbale, de même caractère qu’à l’entrée, pendant une quinzaine de jours. Ensuite moins agitée, elle paraissait mieux orientée par moments, les rapports affectifs sont devenus meilleurs. Les premiers mots d’une conversation paraissaient adaptés à la situation, puis ils déclenchaient les mêmes tendances à la répétition de syllabes et de consonnes.

Les accès de logorrhée n'étaient déclenchés que par les contacts avec autrui; la malade n’avait plus de longs et perpétuels soliloques.

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La tension artérielle est rapidément redevenue normale; le 4 avril, elle atteint 11,5-8, qui est sa tension artérielle habituelle. |

La sédimentation globulaire, de 13 mm. est montée à 40 mm. le 13 avril.

La formule sanguine est la suivante :

Le 3 avril 1950 :

Hémoglobine: "tir SES eee 104 p. 100

Globules rouges .......... NON ae 5.120.000 Giobules”"blancs ris Mere ee 11.900 Polynucléaires neutrophiles ........ 94 p.100 -— éosinophiles .. ..,.... 0 — — basophiles ‘5,152 0 — EyYmploeytes sn INSEE Ne SAS 6 — Monocytess in cs REA ES RES 0 —

Le 13 avril 1950 :

Hémoglobine: serment 104 p. 100 Globules rouges 1 24560 5.160.000 Globules blancs: 5588, come ee 7.500 Polynucléaires neutrophiles ........ 73 p. 100 — éosinophiles ........ 8 — —— basophiles ARR RS 1e 1 — LR DROEM ES ASUS AL near HUE Monocytes ....... 2 OR a ER ES 3 —

Le 6 mai 1950 :

Hémoglobines":2 106 AR PMAUUNE 78 p. 100 Giobules: rouges er ER Eee 4.500.000 Globules "blanés 20 ONE 3.200 Polynucléaires neutrophiles ........ 60 p. 100 — éosinophiles ........ 2 — — basophiles ......... 1 — LYMPAOCYÉES CERN AN PA SIRARMEE AE 35 — Monoéytes ur AMIENS RTE 2 —

Urée sanguine : 0,30 g. p. 100.

Bilirubine : 4 mg. p. 1.000,

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Réaction d'HYMANs VAN DEN BERGH directe et indirecte négative.

Réserve alcaline : 57,1 CO, vol. p. 1.000.

Réactions MEINICKE et WASSERMANN : négatives.

Réaction de TAKATA-ARA : négative.

La glycémie, mesurée à jeun et dans la journée, a oscillé entre 80 et 130 cg. par litre.

Une ponction lombaire (6 avril 1950) a révélé un liquide clair, eau de roche, avec une tension de 15 cm.; 9 cm. après soustraction de 12 cm.

Réactions de PANDY, NONNE, VERNES : lues négatives.

Albumine : 0,21 g.; glucose : 0,98 g.

Chlorures : 7,14 g. p. 100; cellules : 1/3 par mm.

La température et le rythme cardiaque se sont progressivement abaissés à partir du 13 avril. Subfébrile jusqu’au 22 avril, la malade est devenue afébrile, la température oscille au voisinage de 36°1. Le pouls a repris son rythme entre 70 et 80. Vers le 24 avril, agitation a complètement disparu, le regard est à nouveau présent, le contact affectif est meilleur; la malade parle très peu, elle répond parfois par monosyllabes. En l’espace d’une semaine, elle retrouve bientôt un comportement absolument normal, elle est orientée, lucide, le sommeil est redevenu normal.

Le 7 mai, le Docteur RIGGENBACH, qui la revoit pour la seconde fois, ne constate plus aucun signe pathologique, la malade est lucide, consciente et tout à fait adaptée à la situation. Elle réclime avec insistance une nouvelle cure de cortisone, ce médicament étant, dit-elle, le seul qui lui ait vraiment donné des forces. Le traitement ne pouvant être entrepris, la malade quitte l’hôpital, l’état articulaire étant semblable à celui qu’elle avait avant d’entreprendre le traitement à la cortisone.

En résumé, chez une malade de trente-neuf ans, sans antécédents psychiatriques, atteinte de polyarthrite chronique, est survenu au cours d’un traitement par la cortisone, un état mental grave caractérisé par une catatonie maniforme, aiguë, avec fièvre, tachycardie et désorientation. Les troubles ont évolué pendant cinq semaines, persistant

LAS EAN vingt-huit jours après l’arrêt du traitement. Ils n’ont laissé aucune séquelle neuro-psychiatrique.

OBSERVATION VIII

(Publiée par M. le Professeur JUSTIN-BESANÇON.)

Il s’agit d’un nain de dix-neuf ans, atteint de myxœdème hypophysaire, hypophysectomisé un an auparavant pour adénome chromophobe. Entré dans le service pour une insuffsance surrénale aiguë à forme comateuse, il reçoit, une fois sorti du coma, un traitement comprenant chaque jour 20 mg. de D.O.C. A., 50 mg. de cortisone, 4 mg. de thyroxine (cette dernière en raison de l’hypothyroïdie associée). Ce traitement provoque une amélioration rapide et, trois jours après son entrée, le malade peut se lever. Mais, au troisième jour du traitement par la cortisone, apparaît un état psychique particulier, fait d’hostilité et d’obnubilation. On croit d’abord à un retour de l’hypoglycémie, mais la glycémie est à 1,05 g. Bientôt apparaissent des manifestations typiquement maniaques exhibition des organes génitaux, ou pudeur excessive, agitation nocturne, rires, chants, mictions dans le lit; le regard est vif, narquois et malicieux; l’enfant, tantôt hostile, est, à d’autres moments, d’une affectivité excessive, alternant avec des périodes de mutisme. On note une écholalie typique, les mots étant répétés avec leur stricte intonation, sans provoquer d’autre réponse. by

La cortisone est arrêtée au bout de treize jours, cependant que sont poursuivies la thyroxine et la D. O.C. A. Au douzième jour, les troubles s’améliorent et, le vingt-septième, le . psychisme est normal, soit treize jours après la cortisone. : -

En résumé, chez ce malade, est apparu, au cours d’un traitement à la cortisone, un accès maniaque régressant rapidement après l’arrêt de la thérapeutique. Il faut retenir de cette observation, comme le soulignent les auteurs, le rôle favorisant d’une prédisposition mentale : il s’agit d’un nain endocrinien, et la maturation de son système nerveux n’est peut-être pas achevée. D’autre part, chez cet hypophysectomisé, il existe une fragilité du diencéphale.

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D'ailleurs, cette influence prédisposante d'un terrain neuro-psychiatrique se retrouve dans les encéphalopathies post-thérapeutiques et plus généralement, d’après Tuié- BAUT et Tapras, dans toutes les encéphalopathies réactionnelles. |

Dans sa thèse : « Contribution à l’étude des accidents psychiatriques graves de la corticothérapie surrénale », qui est le premier travail d’ensemble sur ce sujet, LAURAS rapporte sept observations inédites dont nous publions les résumés : ; : |

Chez une femme de vingt-neuf ans, dont le père a été interné autrefois, un traitement par cortisone, à la dose de 180 mg. en seize jours, entrepris pour une lombo-sciatique, a fait apparaître des troubles psÿchiques caractérisés par un état confuso-onirique, avec agitation et signes de la série catatonique. La guérison a été rapidement obtenue avec trois électro-chocs.

Chez une femme de trente-sept ans, qui avait fait antérieurement un épisode délirant transitoire à thème de persécution et avec tentative de suicide, un traitement par A.C.T.H. (150 mg. en quinze jours) entrepris pour une péricardite aiguë rhumatismale, fait apparaître, à la fin de la cure, une bouffée délirante aiguë, polymorphe, avec état confuso-onirique, et syndrome ébauché d’automatisme mental, délire d’influence et de persécution mal systématisé.

Guérison spontanée, progressive en deux mois.

Chez une femme de quarante-neuf ans ayant fait un état dépressif sérieux trois ans auparavant, un traitement à dose décroissante (2.675 mg. en trente jours) entrepris pour une polyarthrite aiguë avec état général sévère, est bien supporté pendant toute la durée des injections. Mais, deux jours après la fin du traitement, se constitue un syndrome psychique complexe qui évolue en plusieurs phases : confusion mentale profonde d’abord, puis état mixte avec des alternatives d’excitation hypomaniaque et anxieuse, enfin dépression franchement mélancolique, mais encore accompagnée d'une note confusionnelle persistante. Guérison rapide après électro-chocs.

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Une malade âgée de soixante-sept ans, qui avait été internée à l’âge de trente-quatre ans pour un état maniaque, présente, après un traitement cortisonique pour une P. C. E., une psychose confuso-stuporeuse des plus graves, mettant ses jours en danger et continuant à s’aggraver plus de cinq semaines après la dernière injection de cortisone. Dans ces conditions, un traitement intensif qui groupe 3 g. d’A.C.T.H. en quarante-sept jours, et 6 g. de cortisone en trente-huit jours, amena un renversement inespéré de la situation.

Ce traitement étant ensuite poursuivi à faibles doses, on assiste à une rechute de l’état dépressif qui guérit spectaculairement avec un électro-choc. Enfin, la suppression complète et brusque de l’A.C.T.H., à la suite d’un abcès aux points d'injection, coïncide avec une nouvelle reprise des troubles psychiques, également sensible à l’électro-choc.

Chez une malade de vingt ans traitée pour une P.C.E. FASCST, MAT apparaître, à partir du cinquième jour, des troubles psychiques qui ne se sont identifiés comme tels qu'après une tentative de suicide par-défenestration survenue au quinzième jour du traitement. Elle fait ensuite un état de confusion aiguë avec un mélange de phénomènes de dépression et d’excitation maniaque. L'évolution est spontanément favorable dans un délai de quarante jours. l

Un malade de dix-neuf ans, traité par l’A. C. T. H. et cortisone, pour un lupus érythémateux disséminé, présente, après une période d’agitation, un état de stupeur confuso-anxieux. Malgré la reprise du traitement, il reste confuso-anxieux et catatonique, sans être amélioré par une série d’électro-chocs.

. Déjà soigné en 1947, à Henri Rousselle, pour un délire de persécution, il est interné avec le diagnostic de schizophrénie, sa psychose durant depuis quatre mois. |

Chez un homme de soixante-six ans, sans antécédent psycho- pathique caractérisé connu, un traitement d’A. C. T.H. entrepris dans la convalescence d’une arthroplastie de la bouche, fait apparaître dès le deuxième jour un état de stupeur mélancolique associé à un léger degré de confusion. Celle-ci

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