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croissante au sujet du pronostic de sa maladie, posant des questions avec insistance sur l'A. C. T. H., sur son avenir avec ou sans ce médicament, et cherchant à savoir si, en cas d’une rechute, on l’emploierait à nouveau. Le 18 novembre, la malade put retourner chez elle, étant donné la rémission partielle de sa maladie.
Après son départ, l’anxiété devint encore plus prononcée. En conséquence, elle fut adressée à nouveau, le 19 décembre, dans un service de psychiatrie. Elle se plaignait alors d’anorexie, d'insomnie et était préoccupée d’une rechute éventuelle de sa maladie, avec la possibilité de recevoir encore de l'A. C. T. H. dans ce cas. Elle était déprimée, anxieuse, irrésolue et un peu agitée, sans idéation psychotique. Son état restant inchangé, elle quitta le service le 27 décembre, mais fut réhospitalisée le lendemain ayant absorbé une once d’iode pour se suicider. Son état mental était comme avant. Elle exprimait ses craintes pour l’avenir par des séries d’exigences impérieuses, des questions, des interprétations fausses des conclusions des médecins, avec menaces de partir chez elle. Après quelques semaines, l’aggravation de sa maladie néces- sita son transfert dans un service médical.
Le 2 février 1950, un traitement à l’A. C. T. H. fut une fois de plus entrepris et poursuivi jusqu’au 25 février, à la dose de 25 mg. par jour. En dehors d’une petite agitation, pas de modifications marquantes de son état mental jusqu’au 1 mars. À ce moment, le traitement se compliqua d’une crise convulsive (pas de passé épileptique). Son électroencéphalogramme, qui auparavant était normal, montra le 3 mars des altérations à type de décharges lentes paroxystiques bilatérales. Le 5 mai, le liquide céphalo-rachidien montrait 126 mg. d’albumine; après cette convulsion, on notait une passagère extension bilatérale des réflexes plantaires, sans autre signe neurologique.
Après cette attaque convulsive, l’état mental de la malade s’aggrava : attitude paranoïde, hostilité, contact avec le réel pauvre, illusions auditives : elle interprétait les conversations de ses gardiennes qui s’occupaient de ses affaires personnelles. Cet épisode psychotique disparut le 9 mars et, le lendemain, son électro-encéphalogramme redevint normal,
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Etant donné la progression de la maladie, une quatrième cure d’A.C.T.H. fut commencée le 9 mars, et continuée jusqu’au 20 juillet. Durant ce temps, des troubles mentaux divers apparurent, alternant avec des périodes relativement normales. Durant les deux premières semaines, elle fut apathique, un peu confuse et irrésolue. À chaque question, elle répondait « je ne sais pas », « peut-être » ou « je le pense aussi ». Elle était incapable de lire, d'écrire ou de faire quelques épreuves élémentaires de calcul. Cependant, il paraît évident que cet affaiblissement intellectuel était secondaire à ses préoccupations incessantes, plutôt que le fait d’une détérioration mentale.
Le 5 avril, nouvelle crise convulsive, avec extension bilatérale des réflexes plantaïres qui, cette fois, persista jusqu’à la mort de la malade. Le 10 avril, l'E. E. G. était encore anormal. Pendant un mois et demi, elle fut le plus souvent déprimée, renfermée, avec un très pauvre contact avec le réel. Elle exprimait souvent le souhait de mourir, et suppliait inlassablement d’une voie enfantine les médecins « de Ja faire mourir ». Elle répétait « je veux mourir ». « Ne pouvez-vous m’exécuter d’une manière ou d’une autre ? Je suis tellement laide. Si j'étais chez moi, je ne pourrais rien faire.» Son visage exprimait une crainte intense. Par périodes, elle avait une incontinence d’urines et de matières. Pendant quelques jours, elle refusa la nourriture avec l’idée bien arrêtée de se laisser mourir de faim. La dernière semaine, son état mental revint progressivement à la normale: l'E. E. G. était normal le 26 avril. Pendant les deux derniers mois de son hospitalisation, à part quelques épisodes de dépression ou d’agitation, il n’y eut rien de particulier. /
Après cette quatrième hospitalisation, elle fut Ltée à domicile, avec 60-90 mg. d’A.C.T.H. retard, un jour sur deux; on obtint ainsi une rémission partielle de son lupus. Deux semaines avant sa dernière admission, commença une détérioration à la fois mentale et physique : au début très euphorique, étourdie et hyperactive pour devenir peu à peu impulsive, avec labilité affective et illogisme. Le 19 décembre, nouvelle admission avec un état nettement psychotique, avec, en outre, une rechute grave de son lupus et un abcès avec
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septicémie (staphylocoque doré). Elle divaguait, disait des obscénités, des paroles incohérentes, et avait une conduite en régression très nette sur son état antérieur.
Pendant le reste de son hospitalisation, elle déclina progressivément, sans recevoir à nouveau de l'A. C.T.H. Jusqu'à sa mort, il y eut des stades divers de confusion et d’illogisme. Trois crises convulsives apparurent pendant les dernières semaines. Elle mourut le 28 février 1951.
A propos de cette observation, les auteurs insistent sur la difficulté de faire la part de ce qui revient au traitement ou à la maladie elle-même. Si certains épisodes font penser -en effet à un état confusionnel d’origine toxique, il se greffe constamment des manifestations d’anxiété et de dépression dues à la maladie elle-même qui perturbe la symptomatologie toxique en la dénaturant et l’augmentant, en particulier à la période terminale. Une autre constatation importante, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir, est la corrélation qui existe entre les perturbations électro-encéphalographiques et l’exacerbation des troubles mentaux.
OBSERVATION VI
Une jeune fille de vingt et un ans fut admise pour la première fois le 28 décembre 1949, pour traitement d’un sévère rhumatisme chronique. Son passé psychiatrique montre une attitude ambivalente manifeste à l’égard de ses parents (en particulier de sa mère), une cyclothymie moyenne avec de brèves périodes de tristesse et de découragement. A l’hôpital, en dehors de toute thérapeutique, elle présentait accidentellement des jours où elle était déprimée, apathique, craintive, et cherchait toute raison pour retourner chez elle. A titre d’essai, elle reçoit 100 mg. par jour, par voie intramusculaire, d’un glucoside de désoxycorticostérone (Ciba), du 5 février au 6 mars 1950, sans modification des arthrites. Le dernier jour du traitement, elle devint craintive, renfermée, sans entrain et apathique. Elle se décrivait comme «sans vie», « sans ressort», ou «comme si j'avais besoin de vitamines»: en outre, quelques sentiments de dépersonnalisation et d’irréalité,
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Elle se plaignait aussi, par moments, d’anorexie, d’insomnie, de'‘lourdeur dans la tête, de bourdonnements d'oreilles, de vertiges et d'illusions visuelles. Ces troubles disparurent trois jours après l’arrêt du traitement.
Le 29 mars, on commence un traitement à l’A.C.T.H. à . des doses variables, de 40 à 80 mg. par jour. Evolution sans histoire jusqu’au 2 mai, où on entreprend une capsulotomie au niveau des genoux. Quatre jours après apparaissaient nausées et vomissements; elle se plaignait aussi d’un engourdissement accablant, de pesanteur intra-cranienne, de vue bouchée et d’un sentiment de détachement du monde extérieur. Elie voyait comme déformés sa personne et son entourage.
On arrêta le traitement (60 mg.) du 7 au 11 mai, pendant lequel cet état disparut, et l'A. C. T. H. fut repris. Cependant, elle eut, avec une fréquence croissante, des périodes de dépression, de criailleries, insistant pour quitter l'hôpital.
Le 22 juillet 1950, elle retourna chez elle avec un traitement de 80 mg. d’A.C. T.H. par jour. Autant qu’on en puisse juger, elle reçut probablement deux ou trois fois une dose supérieure à la dose prescrite, pendant les jours passés chez elle.
Elle revint le 27 juillet, avec une psychose sévère. Les troubles commencèrent brusquement le deuxième jour, lorsqu'elle dit anxieusement à sa mère qu’elle allait mourir, et lui demanda de chercher un prêtre pour lui administrer les derniers sacrements. Puis, après un court intervalle lucide, le lendemain, elle devint peu à peu distraite et illogique. Au moment de son entrée, elle était excessivement déprimée, agitée et renfermée. Interrogée sur sa santé, elle répondit par une série de bizarreries, disant qu’elle se sentait « O.K. », « parfaitement bien » et « pouvait se remuer et faire quelque chose », bien que « tout était confus » et qu’elle avait un vide dans la tête ou qu’elle devenait folle ou « morte dans la tête ».
Elle divaguait avec des paroles embrouillées, la plupart du temps inintelligibles. Elle semblait très préoccupée par des sentiments de culpabilité sans pouvoir en connaître l'origine. Elle suppliait le médecin de «la fouetter ou de la pendre », et l'instant d'après affirmait qu’elle se sentait parfaitement bien. Cette semaine, elle resta complètement illogique, par