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la mesure du possible, ces troubles par une étude sérieuse, trop souvent négligée, des antécédents psychiatriques du malade et de son comportement antérieur, sauf évidemment si la cortisone représente la dernière arme thérapeutique. Mis à part ces cas, il faut éviter les traitements cortisoniques chez les instables, les cyclothymiques notoires, et les remplacer par les. anciens traitements. Comme nous l'avons déjà souligné, les indications de la cortisone sont devenues plus précises, à la fois dans le choix des maladies et des malades, et ces complications mentales sont appelées ainsi à disparaître du tableau déjà si chargé des accidents de la thérapeutique cortisonique.
III. — LES TROUBLES MENTAUX APRÈS LA THÉRAPEUTIQUE : LE SEVRAGE HORMONAL
La période qui suit l’arrêt du traitement, surtout si ce dernier s’est fait brutalement, s'accompagne parfois de modifications de l’état psychique du malade, notamment si celui-ci était atteint d’une maladie chronique évoluant depuis longtemps. En effet, le patient, qui s'était adapté à sa maladie, qui avait réussi à « vivre avec elle », habitué à ses souffrances, à son impotence et à une diminution de ses activités sociales, mais espérant depuis toujours une guérison à laquelle il croit de moins en moins, trouve difficile cette adaptation nouvelle, surtout si le traitement, comme il arrive souvent dans les maladies chroniques, n’a été que suspensif et laisse subsister les anciens symptômes de la maladie.
Dans ces modifications psychologiques post-thérapeutiques (*) faites essentiellement d’asthénie psychique et physique, de dépression ou d’hostilité et d’instabilité, variables en intensité suivant le malade et la maladie, et apparaissant sans règle précise, il nous faut envisager les trois
(*) Nous ne reviendrons pas ici sur des psychoses déclenchées ou
aggravées par le sevrage hormonal; nous en avons déjà parlé et, cliniquement, elles ne différent pas des autres,
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composantes qui déterminent à ce moment le comportement du malade, à savoir : la maladie, l’arrêt de la thérapeutique, le malade lui-même.
La cortisone n’a pratiquement qu’une action suspensive sur l’évolution de la maladie — nous pensions surtout aux maladies à long cours, dites « maladies du collagène » —; elle fait disparaître les symptômes douleurs, température, réalisant des « maladies sans symptômes », trompeuses à la fois pour le médecin et le malade; ce camouflage justifie et expliqué une des raisons de l’action euphorisante de la cortisone sur le psychisme du sujet. Mais l’arrêt du traitement signifie la réapparition des symptômes avec son cortège de douleurs et d’impotence : réapparition non constante avec une symptomatologie le plus souvent moins accentuée qu'avant le traitement, mais cependant trop fréquente encore.
Ainsi, d’après la statistique de FREYBERG et TRAEGER, chez des malades atteints de rhumatisme chronique (J. A. M. A. 147, n° 16, du 15 décembre 1951), la rechute est survenue dans 83 % des cas, même pour ceux chez qui l’arthrite durait depuis moins de six mois, même après plus d’un an de traitement. Les statistiques de CosrTE et DoEBELI confirment ces résultats assez peu encourageants. Mais un fait beaucoup plus important encore est l’aggravation des signes cliniques de la maladie préexistante, signalée par de nombreux auteurs : ainsi HENCH a vu des rhumatisants devenir en quelques jours plus malades qu'avant le traitement, avec une vitesse de sédimentation plus accélérée; HARVIER et ses collaborateurs ont signalé chez les arthritiques un ensemble de malaises : crises de dyspnée, parfois asthme grave, asthénie, hypotension et hyper - éosinophilie. MAHOUDEAU a signalé ainsi un état de mal mortel après l’A. C. T. H. et cortisonothérapie. Enfin, Procror et Rawson (Journ. of Clin. Path., 21 février 1951, p. 158) rapportent l’observation d’un malade atteint de lupus érythémateux traité par la cortisone puis par l'A. C. T. H.