‹ A. C. T. H., Cortisone et Troubles MentauxChapitre 34 sur 44 · A.C.T.H. ET CORTISONE EN THÉRAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE · texte numérisé non relu

A.C.T.H. ET CORTISONE EN THÉRAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE

L’extension progressive de l’emploi de la cortisone à toutes les branches de la médecine devait faire prévoir son utilisation chez les malades mentaux. A vrai dire, il semble paradoxal d'employer un médicament qui rend « fou » chez des sujets qui le sont déjà, mais cet argument ne saurait retenir les thérapeutes, qui n'hésitent pas, pour obtenir une guérison, à utiliser les méthodes les plus contradictoires. Les Américains ont, les premiers, utilisé cette nouvelle thérapeutique en psychiatrie, et ce sont surtout leurs conclusions que nous rapporterons, car nous n’avons pas eu Connaissance de publications françaises à ce sujet. Si les travaux publiés sont nombreux, il faut reconnaître qu’il est assez peu aisé de se faire une opinion valable et de quelque utilité en pratique psychiatrique; les résultats contradictoires peuvent s'expliquer pour diverses raisons, dont nous dirons les principales.

1° Le nombre des sujets étudiés est souvent trop peu important et on ne peut étendre les résultats de quelquesuns à tous les autres malades.

2° Certains malades sont classés dans telle catégorie par les uns, dans telle autre par les autres; il est impossible alors de comparer des études différentes.

3° De nombreuses études comparatives ont été faites entre les sujets dit normaux, lés névrosés et les malades mentaux. Une telle classification est nécessairement artificielle; s’il existe des critères permettant d’affirmer la folie, la définition du « normal » est encore à trouver. Que dire alors de la distinction faite entre psychoses et névroses |!

Ces réserves faites, il ressort cependant que la découverte et l’utilisation de la cortisone n’est pas dépourvue d'intérêt en psychiatrie, et nous allons envisager les recherches qui, d’après nos lectures, retiennent l’attention des expérimentateurs et des cliniciens. À l’heure actuelle, le manque de recul, linsuffisance des moyens biologiques, ou la difficulté de leur application courante, ne permettent encore aucune conclusion définitive, mais au moment où les théories de SELYE envahissent aussi le domaine de la psychiatrie, il n’est pas inutile de faire le bilan des découvertes récentes et pour ce, nous examinerons successivement :

— le test de Thorn en psychiatrie;

— les méthodes de choc et la sécrétion d’A.CTH.; — les résultats de la thérapeutique cortisonique en

clinique psychiatrique.

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