‹ A. C. T. H., Cortisone et Troubles MentauxChapitre 40 sur 44 · EN THÉRAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE · texte numérisé non relu

EN THÉRAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE

Nous avons déjà dit les réserves que doit susciter l’emploi de la thérapeutique par VA.C.T.H. (ou la cortisone) chez les malades mentaux; il faut tenir compte aussi de la rareté, jusqu’à présent tout au moins, des produits utilisés, limitant leur extension, si bien que les publications françaises sont peu nombreuses, et il nous faut encore puiser aux sources américaines, où l’emploi de la cortisone en thérapeutique psychiatrique remonte à quatre ans déjà. Il faut reconnaître que, malgré leur

enthousiasme habituel, les auteurs publient des résultats assez peu encourageants.

Dans les états dépressifs, du type de ceux où l’électrochoc se montre efficace, dans les asthénies, dans l’ « asthénie chronique » de Selye, l’A.C.T.H. donne de bons résultats, moins cependant qu'avec l’électro-choc.

Dans le delirium tremens, d’après SMITH (Quart. Journ. Stud. Alcohol U.S.A., 1950, t. 11, n° 2, pp. 190-198), on note de bons résultats. Cette thérapeutique qui, en France, fait en ce moment l’objet de recherches par COSTE, BERTAGNA et MicHAux, semble assez difficile à comprendre si, comme nous le pensons, la cortisone provoque de l’œdème cérébral. Or, dans le delirium tremens, les lésions du fond d’œil, l'anatomie pathologique et surtout l'efficacité de la thérapeutique par le sulfate de magnésie intraveineux, bien mise en évidence par le Professeur DELMAS-MARSALET, montrent qu’il existe aussi un œdème cérébral. Nous manquons maintenant de documents pour expliquer cette contradiction qui n’est peut-être qu’apparente. On peut cependant expliquer l’action spectaculaire de l’A.C.TH. dans le traitement du delirium tremens par son action préventive sur les perturbations vasculaires si, comme le pensent certains auteurs, le delirium tremens est un phénomène allergique. Il faut noter aussi que les sujets atteints de delirium tremens présentent d'importants troubles métaboliques, notamment par altération du cortex surrénal; l’'A.C.T.H. aiderait alors à surmonter cette déficience surrénale. Enfin, on obtient des résultats rapides avec des doses thérapeutiques qui ne sont pas comparables à celles utilisées dans les affections où se rencontrent les troubles mentaux.

SIVADON et FoLLIN ont publié (Ann. Méd. payent 108° année, tome II, n° 2) l'observation d’un malade présentant un état confuso-stuporeux périodique survenant à peu près toutes les trois semaines et guérissant temporairement par les thérapeutiques les plus diverses (électro-

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