LE ROLE DES PENSÉES
vertueuses, nous empoisonnons l’atmosphère morale et psychique autour de nous, nous empoisonnons surtout nos enfants, ces petits êtres étant particulièrement réceptifs. Vous avez, certainement, déjà rencontré de ces enfants précoces, qui ressemblent à de petits hommes ou à de petites femmes, tant ils sont privés d innocence et de naturel, tant ils sont rusés, inquiétants. Cette malheureuse précocité — dont on rit si souvent — est fréquemment le résultat des mauvaises pensées de leur entourage, pensées dont ils ont été inconsciemment saturés.
Par contre nous avons, dans cette vitalité et cette persistance des pensées, une grande force pour le bien à notre disposition. Nous pouvons contribuer à élever le niveau moral de riiumanité ; nous pouvons créer ou renforcer des pensées d’amour et de compassion qui s’en iront verser leur baume dans des cœurs malades; nous pouvons envoyer dans l’espace des courants de force spirituelle qui se déverseront dans des âmes en prière, dans des âmes qui luttent; nous pouvons peupler l’atmosphère de. forces bienfaisantes, consolantes. N’est-ce pas là une source de joie et de bénédictions? Que d’êtres humains, limités dans leur champ d’action sur le plan physique, que de malades, d’infirmes, d’aveugles pourraient ainsi
s’ils le savaient, devenir des bienfaiteurs de Thumanité ! « On peut se trouver en prison et être cependant un travailleur pour la Cause (i). »
Nous avons parlé de la souffrance au point de vue général et de quelques-unes de ses causes, en traitant du Karma. Je voudrais maintenant vous parler de l’une de ses causes les plus fréquentes, une cause qui nous atteint tous, car tous nous avons souffert: tous nous avons perdu des êtres bien-aiinés, tous nous devons mourir.
La mort n’est pas, pour le thésopbe, le roi des épouvantements ; elle n’est pas la fin de sa destinée hu maine. Elle n’est pas autre chose qu'un simple changement de lieu et d’état, assumant certaines conditions de vie, différentes de nos conditions terrestres. Si .vous voyez un théosophe ayant peur de la mort, dites-vous que ce ii est pas encore un théosophe. Le vrai'théosophe meurt paisible et confiant. Il sait ce qui l’attend et la mort n’est pas pour lui le redoutable ou même le mystérieux Inconnu. Il sait que des
(1) La Théosophie pratiquée journellement.