LIENS DE TENDRESSE RENOUES
aimant et de plus profond : — anciens liens de tendresse qui se reforment dans notre vie actuelle.
Par la même raison nous nous expliquons ces antipathies étranges — rares heureusement — qui séparent deux êtres, sœur et frère, père et fils dans une même famille, antipathie sans excuse apparente ; par la même raison nous nous expliquons ces foyers glacés où deux époux vivent, côte à côte, ainsi que deux étrangers, deux galériens attachés à la même chaîne. N’ayant mutuellement aucun reproche à se faire, soutïrant tous deux, sans chercher à se rapprocher, ne partageant rien en commun, ni peine, ni joie ; ne s’adressant la parole que devant le monde ; le cœur ulcéré, avide d’atfection, et ne pouvant s’aimer, et ne voulant pas s’aimer : cette antipathie (appelée généralement, dans le monde, incomptabilité d’humeur) a parfois sa source dans une cause karmique grave. Et si dans leur vie d’aujourd’hui par des efforts mutuels, de mutuelles concessions, les fleurs de l’indulgence, de l’amour et du sacrifice ne s’entr’ouvrent pas sur les bords du gouffre qui les sépare, la Loi de justice les remettra face à face dans une existence suivante,... puis dans une autre encore, jusqu’à ce qu’ils aient appris le pardon et l’amour. Car « la haine ne s’éteint pas par la haine,
a dit le Bouddha, la haine ne s’éteint que par l’amour. »
Vous parlerai-je du Ciel maintenant? Le Ciel! Comment décrire l’intensité de bonheur, l’extase de l’âme qui, après sa seconde mort (i), se réveille dans les flots d’une lumière glorieuse, au son des harmonies sublimes que l’on appelle la musique des sphères ! L’âme soupire; elle n’a qu’un regret : c’est d’avoir laissé derrière elle tous ceux qu’elle aime et qu’elle voudrait voir partager sa joie. Mais que voitelle soudain? Les êtres chéris se pressent autour d’elle, souriants,» comme s’ils ne l’avaient jamais quittée. Ils sont là, et lui font cortège dans ce monde de gloire. Et plus rien ne manquera désormais à cette âme. Toutes les satisfactions intellectuelles — si elle était intellectuelle — toutes les joies de l’art le plus élevé — si elle aimait les arts — toutes les extases de la dévotion — si elle était religieuse... toutes ces choses seront son partage dans le monde
(1) La mort du corps astral, c’est-à-dire sa désagrégation, mort qui n’a rien de pénible; elle consiste simplement à entrer dans un nouvel état de conscience, Véîat^ de conscience mental^ autrement dit, pendant toute la période céleste,
conscience agit dans le corps mental.