LE CIEL
céleste. Elle goûtera le bonheur le plus intense, le plus complet que sa nature même la rendra capable de ressentir et de réaliser.
Et il en est ainsi de toutes les âmes, puisque — si différentes les unes des autres et par leur âge et par leurs capacités — le même bonheur ne saurait les contenter toutes. Leur bonheur sera toujours le plus intense et le plus élevé'qu’elles soient capables de concevoir, quelle que soit la nature de ce bonheur.
Au Ciel l’ânie récolte la pleine et riche moisson, rendue au centuple, de tous ses actes désintéressés, de toutes ses pensées pures et belles, de toutes ses aspirations spirituelles. Elle récolte également la moisson de ses efforts intellectuels et artistiques, de tous ses travaux désintéressés. Celui qui a beaucoup semé récoltera une riche moisson : de longs siècles de félicité ininterrompue.
Mais Têtre le plus bas dans Téchelle de l’évolution, l’être le plus ignorant, le plus pauvre moralement, le criminel même aura son entrée dans le monde céleste, pourvu qu’il ait à son acquit quelques pensées généreuses, quelques actes de compassion et de bonté. Ciel bien court, en vérité, et généralement somnolent, car cette âme ne peut récolter que la moisson de ses maigres semailles. Tout le mal
accompli, elle le retrouvera sous forme de souffrances danssa prochaine vie terres! re; mais ce court passage dans un monde de paix et de gloire laissera quelque impression sur elle et contribuera à la développer.
Et toute cette félicité du Ciel n’est pas une perte de temps, comme pourraient l’objecter quelques-uns d’entre vous, gens pratiques et pressés de mener à fin leur évolution. Au Ciel, comme dans un immense laboratoire, une lente élaboration se produit. Toutes les expériences belles et nobles de l’homme sont Iransformées graduellement en facultés ; toutes ses aspirations se changent peu à peu en pouvoirs^ses efforts terrestres en aptitudes. Grâce à cette transmutation, rhomme reviendra plus riche sur la terre. Il aura récolté le prix de tous ses efforts intellectuels, de toutes ses aspirations spirituelles, transmués en capacités et en vertus innées, qu’il rapportera à sa naissance prochaine. Le ciel est donc une période d’assimilation aussi nécessaire au progrès, au développement de l’âme que la période de ses activités, de ses expériences terrestres.
« 11 faut donc toujours penser à ce retour sur la terre », soupirera quelqu’un d’entre vous; « nos re-