‹ A ceux qui souffrentChapitre 29 sur 44 · LE CIEL · texte numérisé non relu

LE CIEL

lirions nous promettent aussi le bonheur céleste, mais non pour des siècles seulement : pour toute rÉternité. »

— Dites-le vous-même, ma sœur,... comment une chose limitée pourrait-elle avoir un résultat illimité? Cela est contraire à toutes les lois de la nature. Non ! pas plus d’éternité de joies (i) que d’éternité de peines (Tenferî... quel défi monstrueux à l’amour du Père !) ; mais la pleine mesure du bonheur mérité. Et si Tun de vous persiste à trouver trop courts ces longs siècles de félicité, je lui dirai :

« Si jamais vous avez connu le bonheur le plus intense qui puisse être goûté ici-bas, soit par l’amour, soit par de pures émotions, comment pouvez-vous mesurer le bonheur au temps ? N’avez-vous pas éprouvé qu’une minute peut en contenir des siècles? que les heures et les jours heureux s’écoulent avec la rapidité d’une minute?... La longue extase du Ciel s’écoule ainsi, rapide et éternelle tout à la fois. »

Le Ciel possède également diverses régions, dans lesquelles l’âme s’élève graduellement; mais ces détails n’ont rien à voir avec notre présente étude, et nous omettrons de même la mort du corps menlal,

(1) Je ne parle, ici, que de tous ceux qui sont engagés dans notre évolution humaine.

après la vie céleste, et le retour de Tâme à la terre par une nouvelle incarnation.

Je sais que parmi vous il en est plusieurs qui désireraient aborder ce mystère incompréhensible de notre existence, à la fois sur la terre comme personnalité, et comme forme-pensée vivante auprès des êtres aimés dans le Ciel. Comment pareille chose peut-elle être possible ? Comment puis-je, moi qui vous parle, vivre parfaitement consciente sur la terre, ignorant qu’un autre moi-même^ ou plusieurs autres moi-même^ se trouvent au Ciel, auprès de tel ou tel ami ?

C’est ce que j'essayerai de vous faire comprendre.

Traitant si sommairement la question des régions astrales et mentales — autrement dit le Purgatoire et le Ciel — je n’ai pu vous dire que dans ces régions la pensée a le pouvoir de créer des formes^ car leur atmosphère est formée par une sorte de matière particulièrement malléable que l’on appelle l’essence élémentale ou monadique, suivant la région qu’elle informe. Cette essence a pour caractéristique la J — c'est la monade en involulion si vous vous

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rappelez ce point — et elle est le matériel de construction de toute forme-pensée. Sous Timpulsion d’une pensée, elle s’élabore donc en forme avec la rapidité de l’éclair, — forme qui persiste plus ou moins longtemps suivant la force et la durée de celte pensée. Dans le monde céleste, l’âme donc, avec une pensée d’amour profond, d’intense affection, dirigée vers un être aimé demeuré sur la terre, créera la forme de cet être, son image exacte bien qu’idéalisée (i).

Voilà donc un premier point à retenir.

En second lieu, je vous ai dit que notre égo réside dans la partie supérieure du monde mental ou Ciel ; je vous ai dit également ([ue, de là, il ne peut influencer directement les personnalités successives qui le représentent sur la terre, mais qu’il envoie une projection‘de lui-même animer ces personnalités. Maintenant que vous vous rappelez ceci, représentez-vous l’égo résidant dans le Ciel ; sous l’aspect d'un petit soleil, envoyant ses rayons dans toutes les directions. Un rayon vivifie la personnalité, sur la terre. D'un autre côté, attiré par la pensée aimante de son ami mort, pensée qui aura

(1) La malière mentale élanl infiniment plus subtile que la matière physique, ce détail se comprendra aisément.

déjà eu pour effet de créei-rimage ressemblante de la personnalité, l’égo envoie un autre rayon animer et vivilier cette forme-pensée. Vous comprenez maintenant combien cette image est vivante, puisqu’elle est animée par une projection de l’égo lui-même.

Et c’est ainsi qu’il vous est possible d’exister, non seulement consciemment sur la terre, mais encore en toute conscience au Ciel. Votre image est un autre vous-même et n’est pas plus une illusion que votre personnalité, toute persuadée que soit celle-ci de son importance unique (i).

Je vous ai déjà dit que l’illusion dépend toujours duvéhiculedanslequelfonctionne, pour le moment la conscience (2). Dans le corps physique, la conscience traite d’illusoire lu vie astrale. Dans l'astral, elle prend en pitié la vie terrestre. Dans le monde mental, la conscience saisit l’illusion de ses existences terrestre et astrale également; et elle a raison, car elle est de deux degrés plus près de la réalité. Plus nous nous

(1) Il est presque inutile d'ajouter que plus l’égo est développé, plus la forme-pensée qu’il anime est vivante et consciente.

(2) La conscience signifie, employée ainsi, un élal d'âme, et non la voix qui parle en nous, résultat de nos expériences et que plus haut, nous avons appelé la conscience morale.

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