PROBLÈME DU MAL
legoïsme, l’ambilion qui sont des stimulants necessaires di\xs. âmes-enfants ^ qui leur apprennent la lutte, d’où naît la force ; qui développent en elles le principe de l’intelligence ; qui les poussent en avant, est-ce là le mal ? Un bien inappréciable en découle; révolution de ces âmes en est hâtée; à leur stade de développement, l’insuffisance de mentalité empêche toute profondeur dans le mal. Mais les passions, l’égoïsme, l’ambition à notre degré actuel d'avancement^ voilà le mal, car notre mentalité a grandi ; et, en nous y livrant, nous retardons notre marche, nous nous liguons consciemment contre la grande Loi, et, si nous persistons à le faire, elle nous brisera forcément.
L’âme-enfant a souvent intérêt à passer par l’expérience du mal, parce que du mal résulte la souffrance, et que la soulfrance Jui montre qu’elle a marché contre la loi.
Gomment apprendre à une âme à dominer ses passions, sa nature inférieure, si elle n’a pas souffert de ces passions et des terribles résultats du joug de la nature inférieure ?
D’un autre côté, quel moteur feraitagir, feraitavancer une âme jeune, si elle n’était pas stimulée par l’égoïsme, par l’ambition ? La feriez-vous avancer par le sentiment du devoir, par un idéal quelconque, par
ridée du sacrifice?... Mais elle possède à peine la no* lion du bien et du mal !... elle ne vous comprendrait même pas ! Gequ'il lui faut, ce sont des motifs propor* tionnés à son degré d’intelligence. L’enfant s’amusera-t-il avec des livres scientifiques, avec des instruments de chirurgie ? « Comment pourriez-vous apprendre ce qui est juste, si vous ne connaissiez pas ce qui est injuste? » dit Mme Besanl, dans un de ses derniers livres. « Comment pourriez-vous choisir le bien si vous ne connaissez pas le mal ? Comment reconnaîtriez-vous la lumière s’il n’y avait pas d’obscurilé ?... L’évolution de la force ne peut se faire que par la lutte, le combat, l’efTorl, l’exercice... C’est le fouet de la souffrance, de la déception qui nous pousse en avant et fait surgir les forces de notre vie interne, lesquelles, autrement, resteraient à l’état latent. »
En résumant ce que j’ai dit : pour nous, théosophes, le mal consiste en tout ce qui retarde révolution de l’homme, en tout ce qui fait barrière à son progrès. On quand le mal hâte le progrès et hâte l’évolution, ce n’est plus un mal, mais une nécessité. Soyons donc indulgents pour les âmes jeunes, autant que sévères pour nous-mêmes. Elles apprennent leurs leçons; nous en avons d’autres à apprendre, qu'elles appren*
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dront un jour à leur tour. Quand ces idées auront mûri dans votre esprit, vous verrez combien s’éclaire ce douloureux problème du mal.
Si, en me lisant, quelqu’un d’entre vous me disait : « Puisque le mal est un bien, je puis donc satisfaire mes passions sans scrupules », certes il m aurait bien mal comprise. Soyez-en sûrs, pour vous tous qui lisez ces lignes, le mal n’est plus un bien. Dès que vous le réalisez comme étant te mat, dès que vous en avez conscience, il ne peut que vous nuire et vous retarder.
11 y a donc, dans notre humanité, des âmes de tous les âges, des âmes à tous les degrés de développement. Il y a des hommes-enfants comme il y aies Hommes divins arrivés au faîte de l’évolution humaine, ceux que nous appelions tes Maîtres, avec un si profond respect. Voilà qui réduit à néant cette prétendue égalité que tant d’hommes revendiquent I Comment établir l’égalité dans la société, quand elle n’existe pas dans la nature, dans l’univers ? Il y aura toujours, comme dans la famille humaine, des petits et des grands; il y aura toujours des ignorants et
des hommes instruits, des êtres purs et des êtres dégradés; le génie coudoiera toujours l’idiot.
Mais si cette grande loi de l’évolution nous confirme dans ce principe, à savoir que Tégalité entre les hommes n’existe pas, ne saurait exister pour le moment, elle nous donne par contre une grande leçon : celle de la fraternité, de la solidarité humaine.
Tous nous avons franchi les degrés inférieurs de 1 évolution ; tous nous avons passé par des formes animales, par des états de conscience analogues à ceux des animaux. Nous avons donc un devoir visà-vis de ceux-ci : le devoir de les traiter avec humanité, avec compassion ; de ne point abuser de leurs services ; de les aider dans leur évolution par des procédés affectueux. Ceux qui aiment les bêtes, qui vivent avec les bêtes, savent combien elles sont susceptibles de développement par l’affection. A force d’aimer, elles deviennent presque humaines de bonté, de réflexion et d’intelligence.
C’est très justement qu’on les nomme nos frères inférieurs ou encore « des candidats à riiumanité » et le droit dont nous nous targuons vis-à-vis d’elles n’est autre que le droit du plus fort.
Voilà pour les animaux. Montons de plusieurs