PAUL ALPHA^DERY
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Vous quitté, je reviens à pas lents. C'est la nuit, En été. Devant moi, la rue obscure fuit, Sous le silence des étoiles tout étroite, Et pourtant, d'être vide, élargie et plus droite. Un peu fiévreux, j'embrouille en ma tête à demi Livres, thé, fumerie et votre voix, ami. Il a plu. Sur ma joue une feuille s'égoutte. Surprise de fraîcheur qui glisse comme un mol, Un long baiser de bouche fondante en mon col, Malice tendre d'une âme qui suit ma route... Aux carrefours, des jupes rôdent. O douleur De ces dandinements sous la lune! Et toi, dure Hécate, ton vieux maléfice encore dure ! Face blanche de rage! il te faut la pâleur
Du vice et de la chair gâtée, et qui sourie
Au passant, une peau maquillée et flétrie,
Des couteaux dans les encoignures, et le coup
Par derrière, et la fuite, ensuite, à pas de loup...
Plus loin, d'autres ombres, du bout de longues hampes,
Éteignent, le long des trottoirs, les derniers feux.
Quel mystère en ce geste lent, comme pieux !
Sur quels autels de sombre oubli brûlaient ces lampes,
Veilleuses d'insomnie et d'impudicité ?
Transpirant des bleus toits de zinc de la cité.
Fumée errant aux façades closes encore.
Vois tes tristes sueurs, Amour, ternir l'aurore !
Mais du sol trempé monte en mes jambes de laine Une mollesse dont bientôt mon âme est pleine. Les arbres, les dieux noirs des fontaines, les pierres, L'immense arche du ciel pâli sur mes paupières Pèsent. La ville, alors, tout contre elle me berce. Gomme une fille au cœur peu sûr, qu'on sait perverse. Mais dont la lèvre est franche en folie et ne ment Qu'en paroles, et qu'on rêve bonne, en dormant...