‹ A chaque jourChapitre 13 sur 16 · AUBE DE JUILLET · texte numérisé non relu

AUBE DE JUILLET

Au-dessus des toits, une lueur lactée

Point et, dans la vasque en bronze réfractée,

Glace d'azur les nymphes, glisse un éclair

Le long d'un filet d'eau qui bruit. Rien dans l'air,

Les miasmes de la nuit dispersés, ne pèse.

La ville sur le sein de l'aube s'apaise.

Respire à peine et prend un front puéril.

On dirait, bien qu'en été, qu'un brusque avril

Argenté les quais où clapote le lleuve.

Un dôme luit, fourbi de lumière neuve.

Dans les squares c'est, comme aux champs, un réveil

D'oiseaux, une attente, aux cimes, du soleil.

Des vapeurs veloutent les gazons, l'écorce, Brune et mouillée, a comme un vernis de force. Et gai, sur une outre, danse un fanne noir !

Matin! rosée et brise, frissons d'espoir!

O lustrale clarté qui métamorphoses

Les cités, gueules d'enfer, en vierges roses,

Et, poudroyant aux fenêtres, agrandis

De tout le bleu ciel qui s'ouvre les taudis.

Matin, lave mon front, absous-le, n'y laisse

Que ce qu'il faut pour bien vivre, de faiblesse,

La pitié vraie, humble et l'amour indulgent!

Déjà, sur les charrettes, se dirigeant

En masse vers les halles, les frais légumes

De rustiques odeurs embaument les brumes.

Et dans l'aurore, au coin d'une rue, un four

De boulanger fume pour le pain du jour.

Page 1