AUBE DE JUILLET
Au-dessus des toits, une lueur lactée
Point et, dans la vasque en bronze réfractée,
Glace d'azur les nymphes, glisse un éclair
Le long d'un filet d'eau qui bruit. Rien dans l'air,
Les miasmes de la nuit dispersés, ne pèse.
La ville sur le sein de l'aube s'apaise.
Respire à peine et prend un front puéril.
On dirait, bien qu'en été, qu'un brusque avril
Argenté les quais où clapote le lleuve.
Un dôme luit, fourbi de lumière neuve.
Dans les squares c'est, comme aux champs, un réveil
D'oiseaux, une attente, aux cimes, du soleil.
Des vapeurs veloutent les gazons, l'écorce, Brune et mouillée, a comme un vernis de force. Et gai, sur une outre, danse un fanne noir !
Matin! rosée et brise, frissons d'espoir!
O lustrale clarté qui métamorphoses
Les cités, gueules d'enfer, en vierges roses,
Et, poudroyant aux fenêtres, agrandis
De tout le bleu ciel qui s'ouvre les taudis.
Matin, lave mon front, absous-le, n'y laisse
Que ce qu'il faut pour bien vivre, de faiblesse,
La pitié vraie, humble et l'amour indulgent!
Déjà, sur les charrettes, se dirigeant
En masse vers les halles, les frais légumes
De rustiques odeurs embaument les brumes.
Et dans l'aurore, au coin d'une rue, un four
De boulanger fume pour le pain du jour.