‹ A chaque jourChapitre 4 sur 16 · FUMÉES · texte numérisé non relu

FUMÉES

O ces rêves dans mes cigarettes, souvent!

Images, au plafond, de peupliers, de vignes

Et de prés par Avril inondés, jusqu'aux lignes

Des coteaux, où toujours un vieux moulin à vent,

Sans bras, le toit penché sur l'horizon, écoute

Si l'âne du meunier encor monte la route...

Province, en cette froide nuit, dont le rayon

De l'aube éveillera demain le paysage.

Si simple qu'on l'évoque en trois traits de crayon.

Et souriant de tendresse comme un visage.

Est-ce l'énervement du tabac, est-ce l'heure.

Et d'être seul, ce soir, dans ma chambre? ou, là-bas,

Dans l'insomnie, un cœur prudent n'aurait-il pas

Tremblé pour moi? Sait-on, parfois, pourquoi l'on pleure?

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