DERRIÈRE LA PORTE
La maison pleure dans sa gouttière, Dans l'âtre brûle un feu de charbon, Le thé, par le bec de la théière,
Fume et sent bon, Et je rêve d'amours anciennes, Le cigare aux lèvres... le temps fuit.
Soudain, aux fentes des persiennes.
Un éclair luit !
Un bec de gaz au bout de la rue File un chant aigu, (lûté, plaintif...
Dans le silence de l'heure indue Je tremble comme un enfant craintif.
Quelqu'un est là, derrière la porte.
Ne l'entends-je pas gratter le bois?
Quelqu'un est là... C'est elle, la morte, La maîtresse chérie autrefois.
Quelle soif donc survit à sa bouche Que chaque jour j'oublie un peu plus ? Quel désir d'amour, autre et farouche, Peut tourmenter un corps qui n'est plus?
Va-t-en, retourne au pays des âmes, J'ai peur du baiser que tu réclames !