‹ A chaque jourChapitre 7 sur 16 · VOLETS TIRÉS · texte numérisé non relu

VOLETS TIRÉS

La chambre de malade est comme un temple où règne

Une compassion qui chuchote tout bas.

Et l'air appesanti d'odeurs fades s'imprègne,

Et les bruits de la rue on ne les entend pas.

Dehors le grand soleil, ici le crépuscule.

Un reflet du miroir papillonne au plafond,

Le mur devant mes yeux pleins d'eau trouble recule,

Et qu'attend donc le lit en son calme profond?

J'ai roulé ton fauteuil auprès de la fenêtre, Ainsi que l'imploraient lixement tes yeux gris. Dans un fauteuil on est moins mourante peut-être, Et tu voulus broder de tes doigts amaigris.

Mais l'aiguille a tremblé sur la fleur dessinée Et la frêle batiste a glissé de ta main. Pourquoi vouloir aussi tromper la destinée?

Endormons-nous tous deux dans l'oubli de demain.

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