‹ A chaque jourChapitre 8 sur 16 · POSE TA CHÈRE TÊTE · texte numérisé non relu

POSE TA CHÈRE TÊTE

Pose ta chère tête sur ma poitrine où

Mon cœur s'entend qui bat la berloque, le fou I

Ne rêve pas trop haut, si tu t'endors, de l'Autre. Pense en fermant les yeux à ce présent bien nôtre.

Pense que c'est beaucoup d'avoir toujours là, près. Une main pour ton front qui soit un baume frais.

Va, rien ne vaut ce geste simple et ce sourire De deux amants qui se dévêtent sans rien dire.

ri.

Si douce l'impatience qui les pâlit

Quand se glisse leur chair de poule dans le lit

Si douce la tristesse ardente des fatigues

Où le flot contenu des larmes rompt ses digues.

Rayon du petit jour aux vitres, mince et froid, Qui fait l'embrassement plus tendre et plus étroit,

Et claquements de fouets des laitiers, sonnerie Pour la messe de l'aube, en quelque nonnerie,

Et toujours, ponctuels, durs réveilla-matin,

Ces marteaux forgeant des chaînes à nos destins.

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