CHAPITRE III
Au début de la guerre, lorsque les armées se déplaçaient rapidement, notre 75 a dû une bonne partie de sa supériorité à sa rapidité de tir provenant, comme nous venons de le voir, surtout du frein hydropneumatique d'une part, du débouchoir de l'autre. Son tir rapide est, aujourd'hui encore, ce qui rend si redoutables les tirs de barrage du 75, et en fait des rideaux de mort presque continus et impossibles à traverser. Mais son efficacité a d'autres causes encore que l'on oublie, ou que l'on ignore généralement, dont participent aussi nos autres canons de tous calibres et qui peuvent se résumer d'un mot : nos projectiles sont, toutes choses égales d'ailleurs, bien plus efficaces que les projectiles allemands. Nous allons expliquer pourquoi, d'après les constatations mêmes que nou^
avons faites sur les champs de bataille. Il n'est du reste pas étonnant que les écrivains militaires aient l'habitude d'attribuer exclusivement la supériorité du 75 à sa maniabilité et à sa vitesse de tir, cette supériorité-là résultant immédiatement de la comparaison des matériels adverses qui, en temps de paix, pouvait seule être faite. Quant à la comparaison des effets produits, elle n'était possible qu'm anima vili. Elle prouve que si notre artillerie de campagne conserve sa supériorité, même sans l'emploi du tir rapide, que si d'autre part nos canons lourds, pourtant moins nombreux d'abord, ont pu « tenir le coup » devant ceux de l'ennemi, c'est dû surtout à la qualité de nos projectiles et de nos explosifs.
Considérons successivement à cet égard le shrapnell et l'obus explosif. Le premier est exclusivement employé contre les objectifs vivants (hommes, chevaux) sur lesquels il projette, à bonne hauteur, sa gerbe de balles. Or, deux choses assurent, à calibre équivalent, une supériorité nette à notre shrapnell de campagne sur celui des Allemands. D'une part, les petites balles de plomb de celui-ci (en particulier pour
l1obus de 77) sont d'un diamètre et partant d'une masse bien inférieurs à nos balles de shrapnell. Il est évident, dans ces conditions, que leur force vive est moindre, et que les blessures causées par elles sont beaucoup moins étendues et partant moins graves. D'autre part, et surtout, le corps de notre obus à balles est beaucoup mieux fait que celui de l'obus allemand : pour produire son effet maximum, le petit canon aérien qu'est le shrapnell doit naturellement projeter sa charge de balles, vers l'avant, avec la plus grande force possible. Pour cela, il doit rester intact et ne s'ouvrir qu'à son extrémité antérieure. Si la poudre qu'il contient et qui ne doit faire éclater que l'extrémité ogivale de l'obus et chasser, par l'ouverture produite, les balles ; si cette poudre fait éclater en même temps le corps de l'obus lui-même, il est évident qu'une faible partie seulement de la force explosive les projettera à l'extérieur. Au surplus, ces balles n'étant plus lancées toutes vers l'avant, c'est-à-dire dans la direction où la vitesse de l'obus s'ajoute exactement à la force explosive de la poudre, elles n'auront pas leur maximum d'effet meur-
trier. Un skrapnell dont le corps d'obus éclate est comparable à un canon qui éclaterait au moment du tir : ses effets seront beaucoup moins grands. Or, un très grand nombre des shrapnells dont les Boches nous font de temps en temps l'envoi gracieux, éclatent complètement au moment de fuser. Nous en avons ramassé des quantités autour de nous, dont le corps était tout déchiqueté ; cela tient à ce que leur charge de poudre est mal calculée, à ce que les parois de l'obus sont trop minces, ou surtout à ce qu'elles sont en acier de mauvaise qualité. Camelote allemande ! Malheureusement ils se rattrapent sur la quantité. Nos shrapnells au contraire, à de rares exceptions près, n'éclatent pas, et nous avons souvent le plaisir, lorsque nous les suivons sur le terrain qu'ils nous ont conquis, de trouver leurs minces cylindres intacts, tout juste décapités de leur ogive et pleins de la bonne terre de France, dont ils ont gavé leur corps élégant en touchant le sol. Si on y jetait quelques graines, cela ferait dans quelques semaines de bien jolis pots de fleurs sur les cheminées...
Mais c'est surtout dans notre terrible obus explosif que réside l'efficacité terrifiante de l'artillerie française.
Deux mots d'abord pour indiquer ce qu'est ce projectile :
Nous avons déjà vu que l'obus fusant est construit de façon à éclater en projetant les balles qu'il enferme, à une certaine hauteur audessus du sol. L'obus explosif au contraire est fait généralement, ainsi que sa fusée, de manière à n'éclater que lorsqu'il rencontre un obstacle solide (le sol, un mur, un arbre, etc.). Cet obus contient une forte charge d'explosif qui le rompt en un grand nombre de fragments ; et ce sont ces fragments projetés de tous côtés qui font tant d'affreuses blessures si difficiles à guérir, à cause de leurs formes déchiquetées comme celle de l'éclat perforant qui les a produites. Lors donc qu'un obus explosif allemand arrive sur le sol (je ne parle que du projectile allemand, car notre obus de 75 se comporte différemment, comme nous verrons), il éclate dans tous les sens, mais une grande partie de ses éclats entre dans la
MÉCANISME Eï EFFETS DE NOS OBUS 39
terre et agrandit seulement le trou formé par le poids de l'obus en tombant ; de la sorte, les éclats qui sont projetés en l'air arrivent à ne former qu'une gerbe conique assez étroite. Si on est à quelques mètres de cette gerbe, on a des chances de n'être pas atteint et d'être seulement éclaboussé de terre, et peut-être projeté sur le sol par le déplacement d'air. Si on est plus près et dans la zone de la gerbe, il n'y a plus qu'à faire avancer les brancardiers. Mais la gerbe d'éclatement est évidemment étroite à la base et va en s'évasant vers le haut ; on a donc d'autant moins de chance d'être touché par elle qu'on est moins haut au-dessus du sol, et c'est pourquoi, dans ces conjonctures, un grand nombre de soldats se couchent. Il est arrivé ainsi que de grosses marmites boches tombent à moins d'un mètre de soldats couchés, sans les atteindre. Par exemple, si elles tombent exactement sur eux, on n'aura pas la peine de chercher leur médaille d'identité...
Donc la gerbe d'éclatement des « marmites » allemandes constitue, en général, une zone dangereuse assez réduite. Rien de plus gracieux d'ailleurs, — lorsqu'on la voit à un nombre de
mètres suffisant pour que le sentiment esthétique ne soit mélangé d'aucune autre préoccupation plus terre à terre, — rien de plus gracieux que cette gerbe élancée et s évasant vers le haut comme un long calice de primevère. Mais malheur à ceux dont la bouche a touché ce calice ! Lorsque la marmite éclate le long d'un mur, il arrive que ses éclats y dessinent avec exactitude la forme parabolique de la gerbe qu'ils forment, et j'en ai vu parfois, de ces paraboles meurtrières, tracées comme au burin sur la blancheur d'un mur et assez pareilles à certaines queues de comètes.
Nos obus explosifs de campagne se comportent de façon très différente : leur fusée est construite de telle sorte que l'éclatement ne se produit pas à l'instant précis où l'obus louche le sol, mais seulement un peu après. Pour un tir assez tendu comme est celui du 75, l'obus arrivant à terre sous une faible inclinaison y creuse seulement un léger sillon et rebondit en l'air. La fusée est faite de manière que l'explosion ait lieu à cet instant même. Les éclats du projectile sont alors disséminés dans tous les sens et surtout vers le bas, dans un
grand rayon, en produisant le terrible coup de hache du 75. qui fauche et déchiquette tout ce qui est dans son cône d'action. Les obus explosifs allemands projettent en l'air leur gerbe, du fond d'un trou qui en limite la zone efficace. Les nôtres, au contraire, projettent la leur de plusieurs mètres de haut vers le sol et aucun angle mort, — je devrais dire aucun angle de vie, mais le langage a de ces bizarreries, — n'arrête son extension dans tous les sens. Et c'est pourquoi la ruse ulysséenne qui fait coucher nos hommes, s'ils ne sont pas abrités, à l'arrivée des marmites ennemies ne réussirait pas aux Boches quand tombent nos obus explosifs. Au contraire, la surface vulnérable offerte à ceuxci n'en serait qu'augmentée.
Ce n'est pas tout. On a signalé depuis longtemps, et nous avons souvent remarqué qu'un grand nombre de cadavres allemands victimes de nos canons n'offrent aucune blessure apparente. Ils offrent seulement ce caractère d'avoir la figure presque entièrement noire, et ce masque ténébreux, qu'il impose aux faces ennemies, est comme la signature immédiatement reconnaissable de notre obus explosif. Je m'ex-
cuse de ces détails macabres; j'en pourrais donner bien d'autres à faire frémir, mais tout le monde n'a point cette accoutumance à l'horrible qu'on acquiert si vite sur les champs de guerre, et qui est elle-même aussi quelque chose d'horrible, quand on y réfléchit... Mais mieux vaut ne pas réfléchir trop sur ces choses.
Donc un grand nombre d'hommes tombent sous nos canons sans avoir été vraiment touchés par nos projectiles. Leur mort doit être instantanée et sans douleur, car on les trouve dans les poses les plus vives, comme figés dans quelque geste familier qui ne s'est pas achevé. J'en ai vu plusieurs dont l'attitude était celle d'hommes vivants et on dirait immobilisés devant le « ne bougeons plus ! » du photographe. Généralement en outre, leur sombre visage n'offre point l'expression de la souffrance, mais plutôt celle d'un calme repos.
A quoi peuvent être dus ces effets parfois contestés et pourtant incontestables de nos canons? On a donné déjà diverses explications de ce phénomène qui évoque le fameux « vent du boulet » des combats dantan. Aucune ne m'a
paru scientifiquement défendable, et je crois qu'on pourrait invoquer bien plus simplement les causes qui produisent les malaises bien connus dont souffrent les scaphandriers, lorsqu'on modifie trop brusquement la pression de l'air où ils sont plongés, et les aviateurs lorsqu'ils montent ou descendent trop vite dans l'atmosphère.
Si, en effet pour une raison quelconque, l'air extérieur se rai 'fie brusquement, les parois des veines et des artères ne suffiront plus, n'étant plus élayées par la pression atmosphérique, à maintenir la pression sanguine. Elles courront le risque d'éclater, d'autant plus que les gaz dissous dans le sang et en particulier l'air qu'y amène la circulation pulmonaire, se dégageront brusquement, comme font les gaz d'une bouteille de Champagne lorsqu'on la débouche. Des phénomènes analogues auront lieu si, au lieu de diminuer, la pression atmosphérique augmente brusquement : les vaisseaux se comporteront alors comme ces cornets de papier sur lesquels, après y avoir insufflé de l'air, les enfants appliquent un coup de poing qui les fait éclater.
Mais il faut, pour que ces phénomènes phy-
siologiques aient toute leur intensité, que la variation de pression soit brusque, soudaine. Si en effet elle n'a lieu que lentement, nos vaisseaux ont le temps, par leurs réactions naturelles, de s'équilibrer avec la nouvelle pression extérieure. Car nous sommes merveilleusement outillés par la nature pour nous adapter aux conditions les plus variées, pourvu que cette adaptation soit lente, pourvu que nous ayons le temps de nous y acclimater.
Revenons maintenant à nos obus; lorsque l'un d'eux éclate, lorsque l'explosion de la poudre qu'il contient se produit, cette explosion dégage brusquement une grande masse de gaz qui, dans le voisinage de l'obus, augmente soudain la pression atmosphérique. Cette augmentation de pression est énorme et elle s'exerce dans un assez grand rayon avec les explosifs modernes, ceux des Allemands comme les nôtres. Pour préciser tout cela par un chiffre — je m'en excuse, mais est-il rien de plus éloquent, de plus évocateur qu'un chiffre projeté à propos sur la trame diffuse des choses? — la détonation de 100 kilos de mélinite produit d'abord une pression qui, énorme au centre même de
l'explosion, est encore de dix atmosphères à 7 mètres de ce centre, de trois atmosphères à 10 mètres!
La déflagration est d'ailleurs extrêmement brusque et, semble-t-il, bien plus soudaine, bien plus instantanée pour les explosifs français que pour ceux de l'ennemi. Pour en donner une idée numérique, je rappellerai seulement que l'explosion se transmet d'un point à l'autre de lamélinite avec une vitesse de six mille mètres par seconde. 11 faut donc moins d'un trente millième de seconde à un bloc de mélinite de 20 centimètres cubes pour exploser tout entier. Cette soudaineté est telle que la rupture d'équilibre produite dans les organismes voisins, soumis à ces effets, suffit à causer instantanément la mort. Effectivement, à l'autopsie des ennemis tués sans blessure apparente par nos obus de 75, on trouve généralement les poumons éclatés. C'est une sorte de congestion pulmonaire instantanée qui a fait son œuvre et qui est causée par l'extrême vitesse de déflagration de nos explosifs.
Ainsi la supériorité de nos projectiles pro-
vient surtout d'un phénomène chimique. Mais de ce que, à calibre égal, ils sont sans conteste plus efficaces que ceux de l'ennemi, il ne faut pas déduire légèrement que leur qualité supplée à tout, et même à leur quantité. Pour les pièces légères comme pour les canons lourds, l'efficacité est le produit de la qualité par la quantité. L'une ne vaut que par l'autre. Un louis d'or vaut plus qu'une pièce de vingt sous, mais moins que mille de ces pièces. Ceci n'est peutêtre qu'un truisme, mais qui devient une grave vérité souvent trop oubliée lorsqu'il s'agit des canons... et des hommes.
Ce n'est d'ailleurs pas un des moindres paradoxes de cette guerre que de voir la chimie, cette chimie dont nos ennemis étaient si fiers et qu'ils considéraient presque comme leur monopole, comme un des pavois incontestés de leur supériorité, nous donner sur eux un avantage décisif dans la qualité de nos obus. Belle matière à philosopher sur la science en général, et la science allemande en particulier, sur leur rôle dans l'art de s'entremassacrer et leur influence sur le bonheur de l'espèce humaine !
Nous qui lisons les journaux entre deux
alertes, car ils nous arrivent maintenant assez régulièrement, nous avons vu depuis quelque temps, sur ces thèmes, pas mal de dissertations éloquentes et spécieuses. Elles nous auraient amusés si elles ne se ressentaient un peu trop des préoccupations de V « arrière » et si on n'y voyait réapparaître, à tout propos et hors de propos, celte tendance à tirer, pour et surtout contre telle ou telle conception philosophique, argument des faits que grave, sur la page frémissante de chaque jour, l'héroïque souffrance de nos soldats. En ranimant ainsi les malignes controverses qui rendaient parfois la paix si odieuse, on risque de blesser à travers leur idéal meurtri plus d'un de ceux qui se battent; et ces blessures sont de celles qui ne se guérissent point.
Quelle tristesse en particulier quelques-uns d'entre nous n'ont-ils pas ressentie en voyant proclamer à nouveau, à propos de cette guerre, la prétendue « faillite de la science! » Des plumes éloquentes, identifiant la pédante Allemagne et la science elle-même, ont pu écrire récemment que le xxe siècle, gavé pour ainsi dire de découvertes scientifiques, cesserait d'à-
dorer la fée qui a suscité tant de miracles sans éteindre la haine parmi les hommes... Mais pourquoi d'abord considérer l'Allemagne comme le tabernacle même de la science? Quand on met en regard ce que l'Allemagne a fait pour les progrès de nos connaissances avec ce qu'ont fait la France ou l'Angleterre, il est facile de voir que sa part n'est pas la plus belle, ni surtout la plus originale, comme l'a démontré naguère éloquemment M. Appell, président de l'Académie des Sciences.
La théorie même dont l'Allemagne intellectuelle se réclame pour justifier ses crimes collectifs, la théorie de l'évolution est tout entière l'œuvre d'un Français, Lamarck et d'un Anglais, Darwin ; et c'est tout justement parce qu'il l'a mal comprise et vue seulement à travers ses épaisses lunettes de myope, que le professeur Knatschke ose en tirer les corollaires monstrueux qui sont l'évangile nouveau du « bon Dieu allemand ».
Les Nietzsche, lesTreitschke, lesBernhardiet tous les autres pédants d'universités germaniques, têtes carrées à lunettes rondes, qui leur emboîtent le pas . . . n'ont pu conclure de la théorie
MÉCANISME il EFFETS DU NOS OBUS
évolutionniste à leurs criminelles doctrines que par une sophistication et une incompréhension puériles. La guerre découle si peu de la sélection naturelle qu'elle aboutit exactementau contraire de celle-ci. N'est-ce pas en effet la destruction des plus aptes, des jeunes, des forts, des courageux et, parallèlement, la conservation parfaite des déchets des nations qui sont le résultat immédiat des guerres? Celles-ci font non pas une sélection naturelle, mais une sélection à l'envers, une sélection contre nature. Les « savants » allemands sont donc mal venus à prétendre raisonner scientifiquement à cet égard, et rien ne permet de solidariser la science avec leurs sophismes sauvages.
Quant aux moyens de destruction perfectionnés que la science a mis entre les mains des chevaliers de la « Kultur », il ne faut pas trop les maudire car ils nous donnent, de l'autre côté de la barricade, les moyens de défendre la cause de l'idéal. Ce sont eux précisément qui nous permettront finalement de dominer, si nous savons vouloir, et puisque les ressources matérielles des Alliés dépassent de beaucoup celles de l'ennemi.
Conclure du perfectionnement des armements modernes pourou contre la science, c'est un peu comme si on déclarait que le sabre de M. Prudhomme fut l'ennemi de la Constitution. C'était vrai quand il servait à la combattre, faux quand il la défendait.
La vérité, c'est qu'il est puéril et, en ce moment malfaisant de ranimer de vieilles polémiques d'amphithéâtre pendant que les soldats se battent. La science n'est ni morale, ni immorale; on l'a démontré cent fois, et nul ne l'a fait mieux qu'Henri Poincaré, avec son lumineux génie ; elle ne l'est ni plus, ni moins que la musique par exemple. La morale ne repose pas sur des systèmes ; et la preuve, c'est qu'il y a en ce moment beaucoup de systèmes et qu'il n'y a que très peu de morale...
Laissons à ceux qui se battent la paix du cœur, à défaut de l'autre. Que celui qui porte dans son âme un idéal religieux, que celui qui porte l'amour ardent de la science, que celui plus heureux qu'illumine l'une et l'autre de ces torches intérieures, que chacun d'eux puisse croire, sans l'angoisse du doute, qu'en se battant pour la France, il se bat aussi pour l'étoile
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idéale qui guide ses pensées. Cela sera vrai pour tous, quelles que soient nos conceptions diverses, si cette guerre fait fleurir, entre les Français, cette chose divine que l'insolente Allemagne prétend supprimer parmi les nations : l'harmonie des contrastes, la tolérance, la liberté de n'être point cristallisés tous dans les mêmes formes.