LE GREFFIER
Oui. (Aux apprentis) Silence au fond!
L'ANCIEN DOYEN, haussant la voix et se tournant vers Corneille,
Maître et doyen. Je viens vous apporter, ...
(Le bruit que font les apprentis l'interrompt)
LE GREFFIER, aux apprentis,
Silence donc !
L'ANCIEN DOYEN, reprenant,
Je viens Vous apporter, au nom du métier, son salut ! Maître, lorsque voici trois jours, il a fallu Que pour nous conformer à nos vieux règlements Nous nommions, parmi nous, le Maître du serment. Nous vous avons choisi, tous, d'une seule voix. En vous faisant doyen pour la ti^oisièmefois. Nous voulûmes d'abord rendre un public hommage Au plus digne de nous, puis remettre en mains sages Le destin d'un des grands métiers de la cité. Maître, nous connaissons votre esprit d'équité; Nous avons vu, deux fois, de quelle âme aguerne Vous défende^ les droits de notre Confrérie; Vous avei les vertus des meilleurs citoyens; Et c'est pourquoi, jamais, à nul de nos doyens. Nous n'aurons, mieux qu'à vous. Maître, et plus
[volontiers.
Confié les six clefs et le sceau du métier!
Les voici.
(Il lui tend les clefs et le sceau d'argent)
CORNEILLE, les prenant,
Je les prends. Et je vous certifie Que je les défendrais, même au prix de ma vie. Ces bonnes clefs, gardiennes de nos privilèges !
(Il parle avec autorité)
Lorsque j'ai pt^ésidé, jadis, notre collège, En servant le métier de toute mon ardeur J'ai voulu rajeunir son ancienne gî^andeur Par r audace et Vélan des forces qui i7i' animent; Or donc, puisquaujoui^d'hui, votive vote unanime, Vient me j^endre l'honneur de ce poste suprême, Je ne vous dis qu'un mot : Je suis resté le même !