FEMME COUSANT (SUPPOSÉE CLAUDINE
dimensions réduites. Ces petites peintures ne sauraient être ni grandies, ni rapetissées encore; elles sont juste ce qu'il faut qu'elles soient. Ce n'étaient même pas des choses destinées à être vendues, car qui se serait préoccupé d'acheter de petites femmes en bonnet, cousant sous la lampe, ou lisant, des portraits de camarades, joliment éclairés par la lumière artificielle, des tableautins d'enfants faisant la dînette, découpant des images? Un tas de choses vives, naïves, finement enjouées, du sentiment le plus simple et le plus tendre, bonnes seulement à déguster
pour ceux qui peuvent sentir combien il y a de ratlinement dans l'œuvre d'art sans tapage? Il a fallu bien des générations pour que l'on se doutât, et surtout pour que la foule comprît et encore le comprend-elle parfaitement? — qu'une fable de La Fontaine a au moins autant d'importance et souvent
PETITE DÉCOUPEUS K u' IMAGES
beaucoup plus d'intense beauté qu'un poëme épique en plusieurs chants.
Ce que nous en disons ici, et le rapprochement même des charmantes petites pages intimes de Cals avec les minuscules scènes rétrospectives et théâtrales de Meissonier n'est aucunement pour introduire ici de la polémique; ce serait aller contre les convenances mômes que l'on doit garder en expliquant un artiste tout en retrait, en amabilité et en discrétion. Mais ce que nous
voulons, c'est seulement faire comprendre, autant que cela est possible, le prix de ces adorables grâces dédaignées.
Le public dans les expositions, comme les hommes dans la vie, passent la plupart du temps à côté de ce qui est pur, délicat et rare, pour courir au faux joli, au prétentieux et au factice. Qui est-