F. NKANT LISANT ( PEUT-ETRE MARIE CALS
réplique en petite dimension, datée de Tannée suivante, enfin par une petite esquisse, dans la collection du marquis Pierre Doria. Le tableau comprenait cinq figures de grandeur nature, groupées dans une église, au pied d'un pilier. Il est demeuré longtemps dans l'église de Pierrefitte, où il a été repris par la famille de M. Labbé, à qui il appartenait. C'est, d'après les études que nous venons de citer, une composition fort sérieusement peinte, d'une couleur chaude et sobre, avec de beaux bruns rouges, de beaux blancs, un peu monotone d'aspect dans l'ensemble et d'une vie un peu factice. Cals avait trouvé plus d'une fois auparavant et devait toujours désormais garder une note singulièrement plus souple, plus vivante, et, ne sentant plus du tout l'atelier, le tableau d'école.
11 est assez curieux de noter, dans cet ordre d'idées, et sans d'ailleurs attacher à cela la moindre importance, que dans cette période des débuts, il fut quelquefois employé par son maître dans ses grandes peintures d'histoire : dans le plafond d'une des salles du Louvre, Jreprésentant le général Bonaparte et la commission scientifique en Egypte, peinture de Léon Cogniet, certains personnages sont entièrement de la main de Cal-.
Enlin, pour épuiser cette série d'œuvres, le Saint François d'Assise est sans doute un puissant morceau, richement peint dans une harmonie brune un peu espagnole, et d'une pâte généreuse; le sentiment est convaincu et fervent; mais c'est encore tout à fait une page d'exception.
Le véritable et le délicieux Cals d'alors, c'est le peintre des intimités, le caresseur exquis et simple de quantité de petits portraits, de petits intérieurs, de petites scènes familières à peine grandes comme la main, s'inscrivant parfois dans un médaillon d'un décimètre à peine de diamètre, ou couvrant de modestes panneaux longuement caressés.
Lorsqu'on voit de ces charmants bijoux d'observation et de sentiment, principalement dans les collections Doria, Henri et
Alexis Rouart, on serait tenté de dire que Cals fut le seul peintre sans ambition de tout le siècle.
Il y avait une ambition énorme dans les premières microscopiques figures de Meissonier. Ici, le but était d'attirer l'attention par la petitesse même. Mais chez le modeste Cals, il n'y avait point de tour de force, point d'exagération dans le choix de ces