‹ A.-F. CalsChapitre 21 sur 56 · I.A MÈRE BARBE KYE COUSANT · texte numérisé non relu

I.A MÈRE BARBE KYE COUSANT

siège proprement dit : quelques portraits sont cependant continués.-La fin du siège le trouve très irrité. Il écrit au comte Doria :

« Je voudrais bien aussi vous voir et vous embrasser après ces terribles mois... Rassuré sur l'état de ma fille et sur celui de ma femme, j'attends un peu pour aller les voir, dans la pensée que les chemins seront purgés des Prussiens... Je vous le dis franchement, mon cher ami, je suis de ceux qui sont convaincus aujourd'hui que nous avons été joués par les hommes que les événements avaient chargés de défendre Paris... Ce sont des misérables, que l'histoire flétrira comme ils le méritent. Quant à la population de Paris, elle a été admirable de résolution, de patience, pour supporter toutes les horreurs possibles. Un seul mot, dit avec cœur au milieu d'une foule agitée par la souffrance, suffisait à rendre calmes tous ces pauvres gens. Je l'ai expérimenté par moimême cinquante fois. Ah ! que je suis heureux d'être resté là, d'avoir partagé toutes ces misères et de m'être voué complètement à les soulager ! »

Il est tellement exaspéré, lorsque quelques mois encore se sont passés, qu'après la Commune, en juin 1871, il prend des précautions contre sa propre colère et contre des écarts possibles, et qu'il écrit d'avance à cet ami si cher : « Que de ruines par toute la ville! Je vous en supplie, quand nous nous reverrons, ne parlons de rien. La grande douleur de ce temps-ci, c'est de se heurter, entre vieux amis, à propos de questions tellement brûlantes qu'il est impossible d'y apporter du calme. Que l'amitié nous reste au moins, au milieu de toutes les ruines de notre pauvre pays ! »

Cals ne dit pas tout... ! Si l'on avait su que le 22 mai. au moment des combats dans Paris entre les Versaillais et les fédérés, il écrivait ceci sur son calepin : « ... Coups de fusil dans la rue de Maubeuge... Barricades, auxquelles je travaille à diverses fois. » Cals communard, le doux Cals constructeur de barricades, c'est effrayant !

Il est vrai qu'à ce moment ses occupations furent souvent plus paisibles. Au contraire même, en pleine Commune, il s'était remis

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