‹ A.-F. CalsChapitre 5 sur 56 · PORTRAIT DE FEMME, DESSIN M""-" CAI.S · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE FEMME, DESSIN M""-" CAI.S

par conséquent, sans caractère. C'est un homme honnête, un esprit délicat, juste ; ses ouvrages sont faits avec un grand sens, un goût parfait, des soins incroyables, une adresse de main considérable et qui touche toujours avec une grande justesse ; et, avec tout cela, cependant, ils laissent froid, parce que le peintre manque de cette émotion forte que Ton sent chez tous les grands artistes.

» Pauvre et bon M. Cogniet ! il avait cependant de belles qualités, qui ont été. je crois, amoindries par un entourage de femmelettes... Enfin, hier, j'ai passé plusieurs heures tout triste du résultat de ma visite, et ce n'est que le soir que je me suis remis en pensant tout seul à tout cela. »

Voilà tout le chemin vieille pa YSANNE DU BERRI ( I 8 3 8 )

que l'élève, plein de cœur

et de respect, mais d'esprit indépendant, avait parcouru dès qu'il avait quitté son maître. Cette lettre, qui nous montre déjà une première fois avec quelle finesse Cals parlait des choses d'art, nous met en relief les deux faces très différentes de son caractère : une douceur et une condescendance extrêmes dans ses rapports avec les hommes, mais, en revanche, une passion ardente et une indépendance poussées jusqu'à la révolte, dès qu'il s'agissait de son art ou de ses idées.

D'ailleurs, à l'atelier même de Cogniet, dès sa jeunesse,

il avait déjà affirmé avec candeur ses aversions et ses penchants.

Comme il avait entrepris à grand labeur une de ses premières toiles, son maître lui demanda quel travail l'absorbait en ce moment.

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