X. CAUSES DES EXPLOSIONS DE CHAUDIERES
Il est aujourd'hui bien établi par les travaux des Sociétés d'assurance de chaudières à vapeur des États-Unis et d'Angleterre que tout le mystère des explosions réside dans un manque de solidité eu égard à la pression. Ce défaut de résistance peut avoir pour cause un vice originel 15 de construction, mais le plus souvent il doit être1 attribué à l'affaiblissement du métal amené par des dilatations inégales dues à une répartition inégale de la température dans les diverses parties. On peut quelquefois encore trouver cette cause dans la corrosion du métal, à la suite 20 d'un long usage ou d'assemblages défectueux.
Des chaudières neuves, bien étudiées2 et bien construites, seront capables de résister à une pression beaucoup plus forte que celle pour laquelle les soupapes auront été réglées. Une épreuve hydraulique bien conduite 25 permettra le plus souvent de découvrir les défauts du métal, ou l'affaiblissement à la suite de corrosions. Mais les chaudières ordinaires sont sans protection contre les
différences de dilatation. C'est là un fait indéniable dont le public et les ingénieurs eux-mêmes ne tiennent pas suffisamment compte.
Dans un grand nombre de générateurs il arrive qu'à s la mise en pression,1 des parties sont excessivement chaudes alors que d'autres sont encore relativement froides. On conçoit que, dans de telles circonstances, certains points de la chaudière puissent2 être soumis à des efforts énormes, qui tendent à les affaiblir. Ces ef-
io forts répétés chaque fois que l'on commence à chauffer, et peut-être même plus souvent, ont pour effet de diminuer graduellement la résistance des parois affectées au point de rendre une rupture inévitable. Fort heureusement, il ne se produit d'ordinaire3 qu'une petite fissure,
15 s'élargissant peu à peu; mais il peut arriver aussi que, d'un seul coup,4 la rupture prenne5 une importance assez grande pour déterminer une explosion désastreuse. Dans les chaudières examinées par les ingénieurs de la Compagnie d'assurance de chaudières de Hartford depuis ses
20 débuts jusqu'en 1888, on a pu constater 24,944 fêlures de la tôle à l'endroit des lignes de rivures ou dans leur voisinage; 11,259 de ces fêlures, c'est-à-dire, près de la moitié, avaient au moment où on les a remarquées, des proportions suffisantes pour qu'on eût6 à redouter de sérieux
25 accidents.
La cause la plus commune des dilatations inégales, et par suite des efforts destructeurs qui en résultent, se trouve dans le manque de circulation de l'eau. Malgré cela, on ne s'attache guère, dans les générateurs ordi-
30 naires, à assurer une circulation convenable. Un autre danger que présentent ces derniers est celui qui peut résulter de l'abaissement du niveau de l'eau. Dans beau-