CAUSES DES EXPLOSIONS DE CHAUDIERES
coup de ces générateurs, en effet, l'eau n'est maintenue à son niveau normal qu'au prix d'une surveillance de tous les instants ; or, il suffit1 souvent d'un faible abaissement de ce niveau pour que le ciel du foyer,2 ou quelqu'autre partie de la chaudière exposée à l'action directe du foyer, s reçoive un coup de feu,3 et se trouve suffisamment affaiblie de ce fait pour qu'une explosion soit à redouter.
La présence de dépôts durcis ou d'incrustations sur la surface de chauffe* est également une cause fréquente de dilatations inégales, et d'affaiblissement de la tôle par la 10 formation d'ampoules plus ou moins développées.
Toutes les chaudières, sans doute, sont exposées à des accidents de cette nature, mais dans la plupart il n'existe aucun moyen de faire disparaître les dépôts au fur5 et à mesure de leur formation. C'est notamment le cas des 15 chaudières multi-tubulaires6 et du type locomotive.
La plupart des mystérieuses explosions de chaudières, qui ont supporté l'épreuve officielle et qui cèdent ensuite sous de moindres pressions, ont été vraisemblablement dues à l'affaiblissement des tôles à la suite de dilatations inégales. 20 Car il est inadmissible qu'un générateur qui, une semaine, a subi l'épreuve à sept atmosphères,7 fasse explosion8 la semaine suivante sous une pression de quatre atmosphères si la solidité du métal ne9 s'est trouvée subitement et considérablement amoindrie. A notre connaissance, aucune 25 cause naturelle, en dehors de la dilatation inégale, même la corrosion, ne saurait10 avoir, en si peu de temps, un semblable effet. Si, au contraire, on considère que les efforts développés sous l'influence des inégalités de dilatation, atteignent leur maximum de puissance au moment 30 de la mise en feu,11 alors qu'il n'y a dans la chaudière aucune pression, on comprend qu'une fêlure puisse se pro-
duire, et que certaines parties se trouvent affaiblies au point de céder sous une pression même modérée. Ceci explique pourquoi tant de chaudières font explosion au moment où elles entrent en pression,1 ou lorsqu'on y intros duit de l'eau froide, ou bien encore,2 comme cela est arrivé tout récemment en Angleterre, pendant le refroidissement de la chaudière.