‹ A French prose readerChapitre 13 sur 108 · Marie Stuart · texte numérisé non relu

Marie Stuart

Marie Stuart qui, aimée de ses oncles les Guise comme un simple instrument, et abandonnée par eux dés son veuvage, paya si cher son séjour dans cette France aimable et galante, quand elle fut retournée au milieu de ses fougueux puritains, Marie Stuart, disons-nous, était plus ambitieuse que ne le comportait son âge.

Toutefois, comme elle occupait le rang suprême, son ambition devait se borner à prendre part au gouvernement, ce qu'elle ne fit que trop, dressée qu'elle était à épier Catherine de Medicis au profit des princes lorrains. C'était une personne instruite, ayant prononcé à quatorze ans, en public, dans la salle du Louvre, un discours latin de sa composition, destiné à prouver la bienséance pour les femmes de connaître les lettres et les arts libéraux. Brantôme, qui nous apprend ce détail, ajoute que la jeune reine consacrait deux heures par jour pour étudier et lire. Elle écrivait bien en vers et en prose, et, non seulement en français, mais dans plusieurs langues vivantes.

Douée de grâces naturelles, elle était d'une grande beauté que rehaussait encore l'habillement sévère de son pays, avait la main blanche et la voix douce ; elle chantait agréablement en s'accompagnant du luth. Son esprit vif et ouvert, son caractère aimable, insinuant même, la rendaient très propre à distraire un monarque peu développé et souffrant, à briller môme dans une cour et à en devenir l'ornement principal. C'est d'elle que Ronsard a dit : " Amour de ses beaux traits lui composa les yeux," et du Bellay : " Vous ne verrez jamais chose plus belle."

Le second malheur de Marie Stuart, dont les suites ne devaient se dévoiler que plus tard, hors de France, consistait dans son séjour à la cour magnifique mais relâchée de Henri IL, continuation fidèle de celle de François I. : "Conservant encore certaines coutumes militaires du moyen âge et se façonnant aux usages intellectuels du siècle de la renaissance, cette cour a dit M. Mignet, était à moitié chevaleresque et à moitié lettrée, mêlait les tournois aux études, la chasse à l'érudition, les spectacles de l'esprit aux exercices du corps, les anciens et rudes jeux de l'adresse et de la force aux plaisirs nouveaux et délicats des arts." — De la Barre

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