‹ A French prose readerChapitre 14 sur 108 · Lucien Bonaparte le 19 Bramai · texte numérisé non relu

Lucien Bonaparte le 19 Bramai

La fureur à laquelle Napoléon Bonaparte vient d'être soustrait retombe sur son frère Lucien, qui présidait rassemblée. Ou veut le forcer par toutes les violences et toutes les menaces de prononcer un décret qui mette hors la loi un héros, l'honneur de son nom et l'espoir des Français. Il résiste avec indignation. 11 quitte le fauteuil pour aller à la tribune défendre son frère. Sa voix est étouffée dès les premiers mots. On lui prescrit de remonter au fauteuil du président, pour y prononcer un décret fratricide. Il s'avance vers la place qu'on lui indique ; mais c'est pour déclarer qu'il se dépouille de la magistrature populaire qui lui a été confiée ; il dépose sur le bureau son manteau, sa toge, son écharpe. La fureur s'accroît à cet acte qui semble annoncer la dissolution du conseil. Les jours de Lucien Bonaparte sont en péril ; mais le général avait envoyé au secours de son frère plusieurs grenadiers qui, traversant les rangs des factieux, arrachent du milieu d'eux Lucien Bonaparte. Il sort sous leur égide. Les soldats frémissaient depuis longtemps autour de la salle. Animés par la véhémence militaire du général Lefebvre, et bientôt par les discours éloquents et passionnés du président même du conseil des Cinq-Cents, ils demandent l'ordre de dissoudre cette assemblée anarchique. Bonaparte le donne- Les portes s'ouvrent devant les grenadiers qui s'avancent au pas de charge. L'ordre de se retirer est signifié deux fois. L'assemblée reste immobile à cette sommation. Elle est réitérée en ces termes : " Représentants, retirez-vous, le général a donné ses ordres." On hésite encore. Grenadiers, en avant, s'écrie un chef de brigade. Ceux qui tout à l'heure tenaient sous les poignards le vainqueur de l'Italie et de l'Egypte fuient en montrant tous les vertiges de la peur. — LACRETELE, jeune.

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