Franklin. — Enseignements qu'offre sa Vie
"Ne dans l'indigence et l'obscurité," dit Franklin en écrivant ses Mémoires, "et y ayant passé mes premières années, je nie suis élevé dans le monde à un état d'opulence, et j'y ai acquis quelque célébrité. La fortune ayant continué à nie favoriser, même à une époque de ma vie déjà avancée, mes descendants seront peut-être charmés de connaître les moyens que j'ai employés pour cela, et qui, grâce à la Providence, m'ont si bien réussi ; et ils peuvent servir de leron utile à ceux d'entre eux qui, se trouvant dans des circonstances semblables, croiraient devoir les imiter."
Peu de carrières ont été aussi pleinement, aussi vertueusement, aussi glorieusement remplies que celle de ce fils d'un teinturier de Boston, qui commenta par couler du suif dans des moules de chandelles, se fit ensuite imprimeur, rédigea les premiers journaux américains, fonda les premières manufactures de papier dans ces colonies, dont il accrut la civilisation matérielle et les lumières ; découvrit l'identité du fluide électrique et de la foudre ; devint membre de l'Académie des sciences de Paris et de presque tous les corps savants de l'Europe ; fut auprès de la métropole le courageux agent des colonies soumises ; auprès de la France et de l'Espagne le négociateur heureux des colonies insurgées, et se plaça à côté de Georges Washington comme fondateur de leur indépendance ; enfin, après avoir fait le bien pendant quatrevingt-quatre ans, mourut environné des respects des deux mondes comme un sage qui avait contribué à l'affranchissement et à la prospérité de sa patrie, et mérita non seulement que l'Amérique tout entière portât son deuil, mais cjue l'Assemblée constituante de France s'y associât par un décret public. — MlGNET.