‹ A French prose readerChapitre 41 sur 108 · V Ecole évolutioniste · texte numérisé non relu

V Ecole évolutioniste

La croyance à l'évolution est loin d'impliquer, comme on affecte souvent de le dire, l'existence d'une variabilité incessante et universelle chez les êtres organisés. A qui voudrait voir partout l'instabilité, il serait facile d'opposer l'ordre régulier et l'apparente fixité de la nature actuelle. Heureusement il n'est pas nécessaire de recourir à des changements perpétuels, il suffit d'admettre que les êtres organisés aient changé quelquefois, sous l'empire de causes déterminées, pour expliquer l'origine des principales diversités qui nous frappent en eux. On a, il est vrai, des exemples d'espèces demeurées à peu près invariables depuis un âge très reculé ; mais d'autres espèces, par suite de quelque circonstance favorable, ont pu éprouver au contraire des changements et donner lieu à de nombreuses variétés. Il n'y a rien non plus d'impossible à admettre que quelques-unes de ces dernières, s'accentuant plus que les autres, aient dominé enfin par l'exclusion graduelle des nuances intermédiaires. On conçoit tous les passages qui de la simple diversité individuelle conduisent ainsi aux divergences les plus marquées ; on conç >it aussi l'influence du temps et celle des agents extérieurs ou milieux. Ces vicissitudes composent l'histoire même de la vie ; bien que semée de lacunes et entachée d'obscurité, elle témoigne pourtant d'une façon très nette qu'il s'est écoulé un temps extrêmement long depuis que le globe est habité, et montre l'ordre dans lequel les êtres vivants se sont succédé à la surface de la terre. L'homme est parvenu à saisir les faits géologiques par l'étude des couches accumulées au fond des eaux de chaque époque. C'est en examinant ces couches, en les numérotant une à une, comme les feuillets d'un livre, que les savants ont pu diviser le passé de notre planète en un certain nombre de périodes dont l'ensemble entraîne l'idée d'une durée à peu près incalculable. Pour en être persuadé, il suffit de songer à l'épaisseur énorme de certains étages dont la formation a dû pourtant s'opérer avec beaucoup de lenteur ; il suffit encore de constater que, d'une couche à la suivante, on voit les êtres dont les vestiges caractérisent chacune d'elles être d'abord éliminés partiellement, puis entièrement renouvelés. — Gaston de Saporta.

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