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La Force motrice des Eaux

Sous le rapport industriel, les eaux ont un double usage. Les rivières servent au flottage et à la navigation, en outre elles fournissent, au moyen de barrages, d'innombrables moteurs. Il serait impossible de traiter d'une façon incidente la question des voies navigables, beaucoup trop négligée depuis que l'on construit des cbemins de fer. Nous nous proposons d'y revenir plus tard et de montrer alors quels immenses services la navigation intérieure rendra aux riverains de la Seine quand les travaux indispensables seront exécutés. Comme force motrice, les cours d'eau ne sont guère mieux utilisés. Que l'on calcule, si l'on peut, quelle énergie représentent les crues ! Quel est l'équivalent en chevaux-vapeur de ces masses liquides qui descendent cà grande vitesse des montagnes à la mer ? Lorsque l'industrie était encore dans l'enfance, les usines s'établissaient de préférence au bord des cours d'eau. Il n'y avait pas si petit ruisseau qui n'eût son moulin. Dans les villes, les rivières se ramifiaient en plusieurs bras sur chacun desquels se dressait une roue hydraulique. Puis est venue l'ère de la houille et de la machine à vapeur. On s'est exagéré les inconvénients des moteurs hydrauliques, qui varient suivant la saison. On s'est dit que l'industriel, avec la vapeur, choisit sa place, à la portée d'un chemin de fer, dans les faubourgs d'une grande ville, tandis que la chute d'eau qui fournirait une force équivalente ne se trouve souvent qu'à la campagne, loin des marchés de production et de vente. Cet engoue-

ment pour les moteurs artificiels diminuera sans doute à proportion du prix croissant de la houille. On s'efforcera de mieux aménager les eaux courantes, afin d'en tirer tout ce qu'elles sont capables de donner. M. Belgrand nous expose l'avant-projet d'une combinaison de ce genre qu'il proposait, il y a vingt-cinq ans déjà, au conseil-général du département de l'Yonne, et dont les travaux seront sans doute exécutés quelque jour.

Les rivières qui descendent du Morvan ont, après les pluies, des crues torrentielles de courte durée, crues peu dangereuses d'ailleurs, parce que les riverains, qui en ont l'habitude, savent s'en tenir à l'abri. Le reste du temps, le débit est si faible que des usines ne pourraient en profiter. Deux cours d'eau, l'Yonne et la Cure, servent au flottage à bûches perdues, ce qui est un mode de transport simple et économique dans un pays accidenté. — H. Blerzy.

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