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Le Matériel dt Guem œu dix-septième Siècle

Au xvne siècle, ce matériel comprenait trois types: les galères, les vaisseaux ronds et les vaisseaux longs. Les galères étaient de cinq à sept fois plus longues que larges; elles avaient des voiles, mais seulement comme moteurs auxiliaires, et marchaient à la rame. Le nombre des rames était de 50 à 52, maniées par 5 et plus souvent 6 rameurs, esclaves turcs, forçats ou volontaires, ce qui exigeait, en dehors des combattants, un personnel de 300 hommes. Elles portaient à l'avant quelques canons placés sur le pont, mais leur importance, comme machines de guerre, était très secondaire. On les employait clans les débarquements, le blocus des ports et des côtes, qu'elles pouvaient approcher de près à cause de leur faible tirant d'eau, et surtout comme remorqueurs. Les vaisseaux ronds étaient de trois fois seulement plus longs que larges, et servaient principalement aux transports. Les vaisseaux longs se rapprochaient des galères pour les proportions et formaient la flotte de combat. Ils étaient massifs, hauts de bord âge et chargés à l'avant et à l'arrière de constructions en saillie qui s'élevaient sur leurs gaillards et qu'on appelait des châteaux. Les amiraux, les chefs d'escadre, les capitaines eux-mêmes, pouvaient modifier les types à leur fantaisie, et il résultait de là de grandes différences dans les qualités nautiques des vaisseaux.

L'artillerie se composait de pièces de fonte, de pierriers et de mortiers de calibres très divers, mais il ne paraît pas qu'elle ait reçu au XVIIe siècle des perfectionnements notables.

En 1666, un sieur Énieric, de Lyon, inventa un nouveau modèle se chargeant par la culasse; il proposa son système, mais ne put réussir à le faire adopter, quoiqu'il en eût démontré les avantages. C'est qu'en effet il n'y a chez nous que les inventeurs d'absurdités politiques ou sociales qui aient le privilège de se faire adopter d'emblée ; mais ceux qui ont travaillé à centupler les forces de l'homme, à doubler la richesse industrielle, n'ont trouvé pour la plupart que le silence, le dédain ou l'hostilité ; on les a regardés comme des rêveurs contre lesquels il fallait se mettre en défiance. Salomon de Caus ne fut pas enfermé comme fou par ordre de Richelieu, ainsi qu'on l'a souvent répété ; mais, ne trouvant pas à vivre dans son propre pays, il offrit ses talents d'ingénieur à l'Angleterre et à l'Allemagne, où il fut successivement attaché au prince de Galles et à l'électeur palatin. Denis Papin, chassé du royaume comme protestant, alla professer les mathématiques à l'université de Marbourg; il fit dans cette ville les applications de ses découvertes, et ce fut sur une rivière allemande, sur la Fulde, que navigua le premier bateau cà vapeur construit par un Français. Le sieur Émeric vit ses canons repoussés par Colbert lui-même, et son invention toute française, comme les découvertes des forces motrices de la vapeur, ne profita qu'aux ennemis de la France. — Ch. Louandre.

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